02/16/2026
Le Journal de Québec publie ce matin notre lettre ouverte sur la santé mentale. Bonne lecture!
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Dans la Capitale-Nationale, l’accès aux soins en santé mentale est en péril
Depuis la pandémie, on assiste, dans la Capitale Nationale, à une augmentation de 81 % de la demande de services en santé mentale. On connaît la grande difficulté d’accès à ces soins dans le réseau public, alors que le guichet unique — la porte d’entrée vers ces soins — se révèle trop souvent une porte tournante menant à l’absence de services pour la population. Alors, que fait le gouvernement de la CAQ pour faire face à cette hausse de la demande? Quelle est sa réponse à celles et ceux qui cherchent à obtenir des soins psychologiques?
Le bon sens voudrait qu’il investisse afin que des services adaptés soient offerts. Mais non! Le CIUSSS de la Capitale-Nationale préfère fermer ceux qui existent déjà. En effet, depuis mars dernier, trois points de service ont fermé, dont deux dans la circonscription de Jean Lesage : le Centre 388, un centre de traitement psychanalytique pour adultes psychotiques, puis, en octobre, l’Hôpital de jour du Faubourg Saint Jean, un service spécialisé dans les troubles de la personnalité. Le dernier en liste est l’Hôpital de jour pour les troubles anxieux et de l’humeur de Québec, dont la fermeture remonte à décembre dernier.
On sait depuis 2015 que, dans le cadre de l’agrandissement de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, son urgence psychiatrique doit être fermée. Le transfert vers l’Hôpital Saint-François-d’Assise est prévu pour 2027. Cette relocalisation nécessite l’agrandissement et le réaménagement d’une partie de l’urgence actuelle de l’Hôpital Saint-François-d’Assise, ainsi que la construction d’un bâtiment de trois étages comprenant une urgence en psychiatrie. Or, le problème, c’est que les travaux nécessaires à ce déménagement n’ont toujours pas commencé. Et cela devient inquiétant, car 2027, c’est demain.
Le report du projet de Centre de services en psychiatrie à l’Hôpital Saint-François-d’Assise aura des conséquences désastreuses. Toute absence de services entraîne des situations dramatiques pour les personnes malades et leurs proches, pouvant conduire certains d’entre eux vers la toxicomanie, l’itinérance ou le su***de.
Les organismes communautaires en santé mentale disposent de moyens limités : ils ne peuvent se substituer au réseau de la santé. La santé mentale reste le parent pauvre du système de santé. Est il possible de prendre soin de notre monde, de tout notre monde ?
Danielle Gagné
Présidente du Parti Québécois de Jean Lesage