01/22/2026
Prendre la parole est difficile ce soir… J’ai du mal à trouver les mots. Un mélange d’émotions m’habite. Depuis dimanche, je suis sans mots devant l’horreur, devant l’inimaginable pourtant bien réel et qui a, encore une fois de trop, frappé. Tué. Un homme a choisi d’arracher la vie d’une femme, et il en a troublé tellement d’autres au passage…
Ce soir, mes pensées vont à la toute petite, mais aussi à sa demi-fratrie… Mes années comme intervenante à la DPJ me rappellent à quel point la violence laisse des traces et combien évoluer dans un milieu exempt de violence est important pour l’être en devenir. Je leur souhaite des adultes significatifs autour d’eux, qui sauront les accompagner avec bienveillance et respect de leur rythme. Je leur souhaite aussi une communauté accueillante, qui saura faire preuve de discernement et de respect envers leur vécu…
Mes pensées vont aussi aux familles impliquées… Je leur souhaite qu’en temps et lieu, le souvenir de cette personne chère à leurs yeux puisse un jour leur apporter un peu de réconfort…
Ce soir, j’ai vu une communauté se mobiliser et se serrer les coudes… J’ai ressenti une vague de respect et de bienveillance émerger. Un moment de recueillement avant un training dédié à la mémoire de Véronic au gym… L’émotion était palpable, tant chez les femmes que chez les hommes. Un grand respect aussi. Puis, la vigie organisée par Ainsi Soit-Elle, Centre De Femmes, organisme que je découvre tranquillement et dont la mission prend tellement tout son sens…
Ce soir, au milieu de l’insupportable, j’ai aussi vu du doux. J’ai vu du bon. J’ai vu une solidarité sincère, des humains qui se tiennent, qui pleurent ensemble, qui prennent soin, qui se rappellent. Je ne connaissais pas Véronic Champagne, mais j’ai entendu combien elle était une personne empathique et aimante. J’ose espérer que, de là où elle est, elle puisse ressentir cet élan, cette présence, cette reconnaissance de sa valeur et de la vie qui lui a été arrachée.
Ce soir, j’ai vu des larmes, j’ai vu des gestes de réconfort. J’ai vu des enfants insister pour déposer des lampions, comme si, même tout petits, ils avaient envie de contribuer et de faire le bien, eux aussi. J’ai vu des policiers et des pompiers se recueillir et se donner cette main dans le dos tant méritée… J’ai un immense respect pour eux. Ce n’est pas banal, dans un parcours professionnel, d’être happé par tant de violence.
J’ai entendu des « Si ça va pas, tu me fais signe ». Des « Merci d’être là ». J’ai aussi entendu : « Il faut que ça change ».
Totalement. Ça urge. C’est assez. Je ne sais pas quelle est la solution. Mais je sais que les actions pour lutter contre la violence faite aux femmes doivent demeurer vivantes. Elles ne peuvent pas exister seulement dans l’urgence, ni se transformer en simples faits divers que l’on oublie.
Protéger les femmes commence parfois par des gestes quotidiens. Par écouter pour vrai. Par croire. Par intervenir. Par signaler. Par se responsabiliser. Par enseigner le respect, le consentement, la gestion des émotions. Par créer des milieux sécuritaires émotionnellement et physiquement, à la maison, au travail, dans les gyms, dans les écoles, dans nos relations, dans nos communautés.
On ne peut pas oublier.
On doit s’y mettre, chaque jour.
Ensemble.🤍
En cas de besoin ou pour contribuer, voici quelques ressources et organismes de notre communauté et qui font une différence:
Ainsi soit-elle centre de femmes
Carrefour Familial du Richelieu
Maison Alice-Desmarais
Horizon pour Elle
Maison Oxygène des Yamaska
La Fondation Un toit pour tous de Royal LePage