01/12/2026
Je vous partage ce merveilleux texte en lien avec ce nouveau cycle que nous nous apprêtons à vivre collectivement mais aussi personnellement et combien cela peut sembler difficile de suivre le flot…
@à la une
Ce que nous traversons en ce moment est objectivement déroutant.
Et pas dans un sens vague ou spirituel.
Dans un sens très concret, très vécu, très corporel.
Parce que plusieurs temps se chevauchent en même temps dans nos vies.
Parce que plusieurs rythmes nous traversent simultanément.
Parce que ce que le collectif demande, ce que notre chemin personnel réclame, et ce que les grandes énergies de fond imposent, ne vont pas dans la même direction.
C’est pour ça que beaucoup se sentent instables sans comprendre pourquoi.
C’est pour ça que le mental n’arrive plus à suivre.
C’est pour ça que le corps dit parfois oui le matin et non l’après-midi.
Ce n’est pas un manque de clarté intérieure.
Merci pour la reformulation — là c’est très clair.
Je te propose un texte posé, structuré intérieurement, qui nomme le triptyque, explique ce que ça fait vivre concrètement, pourquoi c’est déstabilisant, et surtout comment traverser sans se perdre, sans pédagogie sèche, mais avec une vraie plus-value introspective.
D’abord, il y a le grand cycle collectif.
Nous sommes entrés dans une année 1, l’ouverture d’un nouveau cycle de neuf ans.
Une énergie de commencement, d’élan, d’ensemencement.
Quelque chose pousse, appelle, veut se projeter, veut naître.
Et beaucoup sentent cet appel.
Une envie de nouveau. Une vision qui s’éveille.
Un désir de faire autrement, de s’engager différemment dans sa vie.
Mais — et c’est là que la première friction apparaît — l’année collective 1 n’est pas nécessairement ton année personnelle 1.
Certaines sont encore en année 9 : en clôture, en tri, en fatigue profonde.
D’autres en année 7 ou 8 : en introspection, en maturation, en intériorité.
Le corps, lui, peut être en train de fermer pendant que le monde parle de commencer.
Et cette discordance peut créer une première confusion :
« Pourquoi je sens l’appel du nouveau, mais je n’ai pas l’énergie d’y aller ? »
« Pourquoi j’ai une vision claire, mais pas l’élan pour agir ? »
« Pourquoi je me sens à contretemps ? »
Ce n’est pas un problème de clarté.
C’est un décalage de rythmes.
À cela s’ajoute une troisième couche, plus subtile encore, mais très puissante :
nous sommes dans les toutes dernières semaines du Serpent de Bois, juste avant le passage vers le Cheval de Feu.
Le Serpent travaille lentement.
Il digère, il intègre, il transforme en profondeur.
Il demande du temps, du silence, de l’assimilation.
Il ne se presse pas.
Le Cheval de Feu, lui, arrive avec tout autre chose : mouvement, vérité incarnée, vitesse, audace, impulsion.
Il ne supporte pas ce qui n’a pas été intégré.
Il amplifie tout.
Et nous sommes exactement entre les deux.
Résultat :
une partie de toi sent qu’il faut encore finir quelque chose.
Une autre sent que ça brûle déjà d’avancer.
Et une troisième essaie de comprendre pourquoi tout semble incohérent.
C’est dans ce triptyque — année collective 1,
année personnelle parfois en clôture ou en intériorité, et fin de cycle chinois très lente avant un basculement de feu —
que beaucoup se sentent particulièrement perdues cette semaine, la prochaine, et probablement la suivante.
Pas perdues au sens “je ne sais pas qui je suis”.
Mais perdues dans le rythme.
Le mental cherche une ligne claire.
Le corps, lui, reçoit plusieurs injonctions contradictoires : – avancer / ralentir
– projeter / intégrer
– s’élancer / se déposer
Et si on n’y prend pas garde, on peut : – se juger pour son manque d’élan
– se forcer à décider trop tôt
– confondre fatigue et désalignement
– ou paniquer en croyant qu’on “rate le coche”
Alors que ce moment demande exactement l’inverse.
Ce triptyque ne se traverse pas en cherchant une réponse unique.
Il se traverse en hiérarchisant les écoutes.
La clé n’est pas de suivre le cycle collectif contre ton corps.
Ni de te replier complètement en ignorant l’élan qui monte.
La clé, c’est de laisser ton corps mener la danse, pas le calendrier.
Concrètement, cela veut dire : – reconnaître que tu peux être en vision sans être encore en action:
– accepter que ton année personnelle prime sur l’injonction collective
– honorer le ralentissement du Serpent même si le Feu se fait sentir
La clarté, en ce moment, ne vient pas de la décision. Elle vient de l’honnêteté intérieure.
Te demander chaque jour : « Est-ce que ce que je m’apprête à faire me contracte ou m’ouvre ? »
« Est-ce que j’agis par peur de rater, ou par justesse ? »
« Est-ce que je respecte le rythme réel de mon corps ? »
Cheminer dans ce triptyque, c’est accepter de marcher sans forcer la cohérence.
C’est tenir la tension sans vouloir la résoudre trop vite.
C’est faire confiance au fait que le vivant sait articuler ces temps — à condition qu’on ne cherche pas à les écraser en un seul.
Ce passage est puissant. Mais il est exigeant.
Il ne demande pas d’aller plus vite.
Il demande d’être plus vrai.
Et celles qui acceptent cette traversée avec lucidité entreront dans le feu autrement :
pas brûlées, mais alignées.
Parce que la vraie clarté, en ce moment,
n’est pas dans la tête.
Elle est dans le respect de ton rythme profond.
C’est une surcharge de temporalités.
Corinne De Leenheer
© Corinne De Leenheer — Ces mots peuvent circuler tels quels, en me citant ou en partage direct. Ils ne peuvent être modifiés, réutilisés, imprimés ou transmis en dehors de ce cadre.