04/11/2026
🚨| Preuve no 49385848 du désengagement de l’État à l’égard des tout-petits.
(Merci à Claudia Beaudin, directrice générale du CPE L'Attrait Mignon à Longueuil, d’avoir contribué à mettre cet enjeu en lumière.)
Dans cette affaire, Mme Beaudin a dû trouver elle-même la preuve, faire les démarches, déposer la plainte et pousser le dossier, alors qu’il était question de sécurité des enfants. Et pendant ce temps, selon ce qui ressort de l’entrevue accordée à Benoît Dutrisac, 𝐥𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐯𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬.
C’est grave.
Parce que ce que cela montre, ce n’est pas seulement une faille. C’est une façon de se décharger. L’État laisse le terrain repérer le problème, le documenter, sonner l’alarme et porter le poids de ce qu’il n’a pas assumé lui-même.
Autrement dit, quand vient le temps de prévenir, de vérifier et de protéger, l’État se retire, puis laisse au terrain, aux directions et aux équipes le soin de ramasser les morceaux.
En petite enfance, pourtant, on ne parle pas d’un détail administratif. On parle de sécurité. On parle de protection du public. On parle de confiance. On parle d’enfants de 0 à 5 ans qui ont des droits.
Et cela touche aussi directement l’identité professionnelle des personnes éducatrices. Quand on laisse croire que leurs compétences seraient presque innées, comme si l’essentiel du métier allait de soi, et qu’un bout de papier suffit à donner l’impression que tout est correct, on banalise les exigences de la formation, on vide de leur sens les savoirs nécessaires à l’exercice de cette profession et on affaiblit la valeur du jugement professionnel. Ce n’est donc pas seulement la reconnaissance du métier qu’on fragilise, ce sont aussi la cohérence et la qualité des orientations pédagogiques du réseau. Alors oui, cela nous concerne.
Et le problème dépasse ce dossier.
Quand on laisse la qualité éducative se fragiliser, alors que les données montrent que les effets importants sur le développement de l’enfant sont associés à de la HAUTE qualité, il faut avoir le courage de poser la question.
Au Québec, est-ce qu’on considère réellement les tout-petits comme des citoyennes et citoyens dotés de droits?
Ou est-ce qu’au fond, on considère encore que leur sécurité, leur développement et leur bien-être relèvent d’abord des parents, pendant que l’État se contente du minimum?
Parce que c’est cela que ce désengagement révèle.
Moins d’État en prévention.
Moins d’État en vigilance.
Moins d’État en protection.
Et plus de pression sur le terrain, sur les directions, sur les équipes et sur les parents.
Les données sont accessibles.
Les constats sont connus.
Les tout-petits ont des droits.
La petite enfance est un bien public.
Et un État qui se décharge de ses responsabilités envoie un message très clair : pour les plus petits, le minimum suffirait.
C’est inacceptable.