03/07/2026
♀️✊| Les femmes qui ont marqué la profession des personnes éducatrices
1 : les luttes pour les garderies populaires
L’histoire de la profession des personnes éducatrices de la petite enfance ne commence pas seulement dans les ministères. Elle prend aussi forme dans les quartiers, dans les comités citoyens et dans les mobilisations de femmes qui ont refusé que le soin, l’éducation des jeunes enfants et tout ce travail indispensable demeurent invisibles, sous-financés et tenus pour acquis (Lalonde-Gratton, 2002, pp. 32-33).
Bien avant que l’on parle de qualité éducative, de professionnalisation ou de reconnaissance, des femmes se sont battues pour faire exister les garderies populaires. Elles ont porté une idée profondément politique : prendre soin des enfants, soutenir les familles et rendre possible la vie des femmes ne peut pas reposer sur le sacrifice silencieux de quelques-unes (Lalonde-Gratton, 2002, pp. 31-34).
Ces luttes ne réclamaient pas seulement des places. Elles contestaient aussi un ordre social où le travail auprès des enfants, parce qu’il était historiquement associé aux femmes, pouvait être minimisé, naturalisé et relégué au second plan.
Dans plusieurs quartiers montréalais, les mobilisations citoyennes et féministes ont contribué à transformer des problèmes vécus individuellement par les femmes en enjeux collectifs et politiques (Écomusée du fier monde, 2024, p. 5).
Les garderies populaires ont ainsi été un lieu de résistance. Un lieu où des femmes ont affirmé que ce travail avait une valeur sociale, collective et politique. Un lieu où elles ont refusé l’invisibilisation du care. Un lieu où elles ont commencé à transformer une tâche assignée aux femmes en enjeu public.
Si la profession des personnes éducatrices existe aujourd’hui avec davantage de visibilité, c’est aussi parce que des femmes ont marché, revendiqué, organisé, dénoncé et tenu bon. Dès 1973, le Comité de liaison des garderies populaires organise colloque, manifestations, campagnes de presse et occupations afin de défendre la survie des garderies populaires et d’exiger un soutien public à ces services (Lalonde-Gratton, 2002, pp. 32-33).
Avant la reconnaissance, il y a eu la lutte.
Avant les discours sur l’importance de la petite enfance, il y a eu des femmes qui ont forcé la société à regarder ce travail autrement.
Références en commentaire.