02/27/2026
Le communautaire à boutte, c’est le communautaire épuisé. C’est celui qui tient le filet social à bout de bras pendant que les mailles s’effilochent.
Au Québec, les organismes communautaires sont partout : en sécurité alimentaire, en défense des droits, en santé mentale, en itinérance, en aide aux femmes, aux aîné·e·s, aux jeunes. Ils accueillent, écoutent, accompagnent. Ils comblent les trous laissés par un système public débordé. Des regroupements comme le Réseau québécois de l'action communautaire autonome ou la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles le répètent depuis des années : la mission ne cesse de s’alourdir, mais le financement, lui, suit à peine.
À boutte, ça veut dire des listes d’attente qui s’allongent.
Ça veut dire des intervenant·e·s payé·e·s moins que dans le réseau public, qui partent par épuisement ou par nécessité.
Ça veut dire des directions qui jonglent entre demandes de subventions, redditions de comptes et gestion de crise humaine.
Ça veut dire faire plus avec moins, encore et encore.
Le communautaire, ce n’est pas un “extra”. Ce n’est pas un projet pilote temporaire. C’est un pilier. Pourtant, il est trop souvent financé à court terme, par enveloppes spécifiques, loin du financement à la mission qui permettrait de planifier, de stabiliser les équipes et d’innover selon les besoins réels du milieu.
À boutte, mais debout.
Parce que malgré l’épuisement, il y a la solidarité. Il y a des ressources en hébergement Il y a les victoires discrètes : un logement trouvé, une rechute évitée, un droit reconnu.
Mais on ne peut pas bâtir une société juste sur la seule bonne volonté.
Si on veut que le communautaire tienne, il faut le financer à la hauteur de son rôle. Il faut reconnaître son expertise, sa proximité avec le terrain, sa capacité à prévenir plutôt qu’à réparer.
Le communautaire à boutte, ce n’est pas une fatalité.
C’est une réalité.
C’est un signal d’alarme.
Et c’est à toute la société d’y répondre.
Principalement nos élus……..
Donc vous allez sûrement comprendre le grève que tous les organismes communautaires feront ( fermeture, aucun services, aucun soutien, etc.)
Nous sommes tous à boutte…..😥