02/21/2026
J’ai fini par comprendre que travailler avec les chevaux, c’est comme s’inscrire à 𝓾𝓷 𝓟𝓻𝓸𝓰𝓻𝓪𝓶𝓶𝓮 𝓲𝓷𝓽𝓮𝓷𝓼𝓲𝓯 𝓭𝓮 𝓻é𝓼𝓲𝓵𝓲𝓮𝓷𝓬𝓮 é𝓶𝓸𝓽𝓲𝓸𝓷𝓷𝓮𝓵𝓵𝓮.
Sauf qu’on ne le sait pas au moment de s’inscrire, et — surprise ! — le module « Remise en question existentielle » vient automatiquement avec l'inscription.
Parce qu’on le sait toutes — il y a des jours où tout coule : le lien est fluide, la confiance réciproque, le ciel est bleu, la mer est calme.
On se sent inspirée, incarnée, qualifiée… blah, blah, blah.
Et puis BOUM, il y a ces jours où l’ego dégringole…
Où même faire un simple nœud de licou devient une épreuve spirituelle.
Où on ne sait plus trop c’est quoi, de l’empathie — pour soi, je veux dire.
On passe de héros à zéro en soixante secondes chrono.
Les chevaux, eux, ne se formalisent pas de nos états d’âme. Ou si peu. Ils observent nos tempêtes intérieures, parfois les vivent avec nous… Puis retournent brouter tranquillement pendant qu’on remet nos émotions à l’endroit.
Comme dirait un vieux horseman de mon temps : “they’re back to grazing.”
Avec le temps, j’ai compris que la présence ne se prouve pas dans les moments parfaits, mais dans ceux où l’on continue… même décoiffé par le vent du nordet.
Parce qu’après la pluie, il y a toujours un peu de soleil — et souvent un cheval qui me regarde d’un air de dire : “tu vois, c’était pas si grave.”
Et qu’au fond, ça fait du bien de décrocher de l’histoire qui rejoue en boucle dans ma tête… pour simplement retourner brouter au champ, ici et maintenant.
Photo : Jade Vallières Photographe