12/07/2025
La colère
Les gentilles petites filles, ça ne tape pas des pieds et des mains.
Une femme qui crie, c’est une em******se.
Trop souvent entendu.
Alors, on a ravalé. Comme si la colère était un pêché.
Et on est devenues petites, muettes, invisibles, figées.
On a laissé passer tant de choses indicibles. Tant de fois.
On a figé lorsque quelqu’un dépassait notre limite.
On est restées silencieuses alors qu’en réalité on était en colère.
On a même ressenti de la honte, au lieu de sentir l'énergie de la colère !
Avant, je ne savais pas que la colère était une émotion juste. Qu’elle avait sa place.
Aujourd’hui, même si je comprends sa raison d’être, je n’arrive même plus à l’exprimer ! Je continue, malgré moi, à me taire. À ne pas m’élever, même quand j’ai toutes les raisons de la terre de hurler ! De faire jaillir la colère, l’injustice, la frustration, la rancune. Pourquoi ? Que se passe-t’il dans mon corps ?
Selon la théorie polyvagale de Stephen Porges, la colère est une réponse du système nerveux. Elle peut emprunter trois différents circuits:
- Dorsal, ou ventro-dorsal : C’est la colère gelée. On devrait être en colère, mais on n’arrive pas l’exprimer. Shutdown : la colère est absente, dissociée ou même retournée contre soi !
- Système nerveux sympathique : C’est la colère explosive, l’énergie qui déborde. Rien ne sert de raisonner à ce moment-là. On est en mode combat ou fuite.
- Ventro–sympathique : La colère est ressentie dans un état de sécurité intérieure qui permet de dire non avec présence et clarté, de poser une limite, de défendre une valeur, sans perdre la connexion à soi ni agresser l’autre. C’est la colère saine et assertive, protectrice et mature.
La colère saine naît quand l’énergie du système sympathique (l’élan de protection, l’affirmation) est guidée par la stabilité du système ventral (sécurité, relation, présence).
Pour y accéder, il faut d’abord se sentir suffisamment en sécurité pour que l’énergie de protection puisse circuler sans se transformer en attaque, ou en effondrement.
Et ce qui crée la sécurité intérieure n’est pas mental : c’est sensoriel.
J’ai compris que ma priorité n’était pas de trouver ma colère, mais de restaurer d’abord ma sécurité.
Quand il y a assez de sécurité, la colère ventrale se ressent alors comme :
• une chaleur, mais pas une montée fulgurante,
• une clarté (“ce n’est pas ok”),
• une verticalité (colonne solide),
• une capacité à poser une limite sans perdre son cœur,
• une énergie disponible mais stable.
J’apprends peu à peu que la colère est non seulement un signal de survie mais aussi d’intégrité. Qu’elle est une force vitale en moi. Qu’elle est une ressource incroyable, à condition qu’elle soit canalisée et reconnue.
“Cela ne me respecte pas.”
“Je choisis ceci, pas cela.”
“Je mérite mieux.”
Sous la colère, il y a souvent de la tristesse aussi. Je t'en parle prochainement.