08/03/2026
LE SECOND CYCLE DE MING SHAN : LE VIRAGE PHOENIX
En 2019, Ming Shan est né.
Sans plan parfaitement écrit à l’avance, mais avec une intention claire : faire vivre, dans le monde contemporain, des traditions taoïstes qui ont traversé des siècles.
Aujourd’hui, sept ans ont passé.
Dans de nombreuses traditions, sept est un nombre de cycle complet.
Dans le taoïsme, il évoque aussi les sept étoiles visibles de la Grande Ourse, autour desquelles s’articulent de nombreux rituels et pratiques de transformation. Un cycle se ferme, un autre commence.
C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui.
Sept années pour apprendre
Ces sept premières années ont été une période fondatrice.
Nous avons essuyé les plâtres.
Nous avons traversé la période du Covid.
Nous avons dû apprendre à transmettre dans un monde qui se digitalisait à grande vitesse.
Nous avons expérimenté, ajusté, parfois corrigé.
Et nous avons surtout transmis énormément.
Peut-être même trop de connaissances.
Durant ces années, Ming Shan est devenu un lieu où l’on pouvait accéder à une grande diversité d’enseignements : pratiques énergétiques, cosmologie taoïste, rituels, métaphysique chinoise (Xuan Xue), méditations, travail interne.
Ce foisonnement était nécessaire. Il a permis de poser les bases d’un véritable écosystème de transmission.
Mais une tradition vivante ne se limite jamais à la transmission de connaissances.
Dans le taoïsme, deux dimensions sont indissociables :
Fa (法) : les méthodes, les techniques, les pratiques.
Hui (慧) : la sagesse, la compréhension vivante.
Les méthodes sans sagesse finissent toujours par stagner.
Ou pire : elles peuvent être mal utilisées.
À un certain stade, accumuler des techniques ne transforme plus vraiment une vie.
Ce qui transforme, c’est leur intégration profonde dans l’existence réelle.
C’est précisément le sens du virage Phoenix que prend aujourd’hui Ming Shan.
Après une phase d’exploration et de transmission large, nous entrons dans une phase plus mature :
celle de l’intégration.
Moins de dispersion.
Plus de cohérence.
Plus de profondeur.
Curieusement, ce virage est en réalité plus proche du modèle traditionnel que ce que nous avons fait au début.
Dans les traditions anciennes, on ne suivait pas des stages isolés.
On entrait dans une relation d’apprentissage dans la durée.
Le disciple pratiquait chez lui, revenait régulièrement voir son maître, recevait des corrections, puis repartait pratiquer.
Ce rythme se répétait pendant des années.
Ce modèle n’est pas toujours compatible avec la société moderne.
Nous avons donc d’abord dû inventer d’autres formats.
Aujourd’hui, avec l’expérience accumulée, nous pouvons revenir vers quelque chose de plus proche de cet esprit.
Cela signifie notamment deux choses.
Le regard extérieur:
Il existe une limite structurelle à toute introspection solitaire.
Certaines zones d’ombre sont invisibles de l’intérieur.
Par définition.
Dans les traditions spirituelles comme dans d’autres disciplines — la psychanalyse, par exemple — le regard d’un tiers est indispensable pour mettre en lumière certains mécanismes.
C’est pourquoi les personnes qui souhaitent aller plus loin dans les enseignements devront accepter ce regard à la troisième personne.
Non pas comme un jugement.
Mais comme un miroir.
Le rôle des retraites:
La transformation ne se produit pas seulement dans la pratique individuelle.
Elle apparaît aussi dans les dynamiques relationnelles et systémiques.
C’est pourquoi les retraites à Ming Shan prennent désormais une place centrale.
Venir une ou deux fois par an permet de faire émerger des choses qui restent souvent invisibles dans la vie quotidienne. Les interactions, le groupe, le cadre, le lieu lui-même agissent comme des révélateurs.
Ces retraites ne sont plus pensées comme des événements isolés.
Elles s’inscrivent désormais dans un suivi cohérent dans la durée, presque comme un compagnonnage spirituel.
Dans ce nouveau cycle, nous accompagnerons de nombreuses personnes, à différents niveaux d’intensité.
Ce n’est pas un programme impersonnel.
C’est un travail réel, humain, exigeant.
Cela implique du temps, de l’attention, de la présence professionnelle à hauteur de 18 personnes.
Il est donc normal qu’un engagement financier existe.
Non pas comme un « ticket spirituel » — ce qui n’aurait aucun sens — mais comme une forme d’énergie transactionnelle qui permet à ce travail d’exister.
Dans les traditions anciennes, les disciples contribuaient autrement : par le travail, le service, parfois pendant des années.
Qui aujourd’hui irait balayer la cour d’un temple pendant trois ans ?
Dans notre monde contemporain, cette contribution prend souvent une forme différente.
La psychanalyse, par exemple, fonctionne aussi sur ce principe : l’engagement financier fait partie du cadre qui rend possible un véritable travail intérieur.
Nous entrons donc dans le second cycle de Ming Shan, qui respecte un rythme à 7 temps ( 7 ans) cher à notre école Wujimen.
Le premier cycle a été celui de la fondation et de l’expansion.
Le second cycle sera, si tout va bien, celui de la maturation.
Moins d’accumulation.
Plus d’intégration.
Moins de dispersion.
Plus de transformation réelle.
C’est ce que nous appelons le virage Phoenix.
Dans la tradition, le Phoenix symbolise la renaissance après un cycle accompli.
Ming Shan entre aujourd’hui dans ce nouveau cycle.
Et pour ceux qui souhaitent vraiment habiter leur vie, c’est peut-être aussi le début d’un autre chemin.
Bonne pratique
Fabrice