Ming Shan Centre d'Arts Taoïstes

Ming Shan Centre d'Arts Taoïstes Centre laïc dédié à l'enseignement des différentes disciplines des arts du Tao
(3)

CEUX QUI RESTENTOn parle souvent de ceux qui arrivent.Pourtant, dans une voie spirituelle, ce ne sont pas les entrées qu...
29/04/2026

CEUX QUI RESTENT

On parle souvent de ceux qui arrivent.

Pourtant, dans une voie spirituelle, ce ne sont pas les entrées qui comptent. Ce sont les persistances.

Au début, il y a l’élan. L’intuition juste. Parfois même une reconnaissance profonde. Mais très vite, cet élan est recouvert par autre chose : des attentes.

Attentes d’expérience, de transformation rapide, de validation, reconnaissance et résultats visibles. Une forme de projection, souvent inconsciente, sur ce que la voie devrait donner, sur comment l'enseignant.e devrait se comporter.

Des ambitions spirituelles, souvent inavouables même à soi-même, apparaissent. Viser à être maître. Calife à la place du Calife. Petites combines intérieures oscillant entre séduction et opposition.

Des enfantillages, un regard entièrement centré sur ses propres besoins sans aucune perspective et vision d'ensemble. Du servir ensemble.

Puis vient le moment où quelquechose ne va plus, ne correspond plus.

Pas parce que la voie est défaillante, mais parce que la projection se fissure.

C’est là qu’apparaît un passage étroit, presque invisible si on ne le connaît pas. Une zone de désillusion. Un creux. Quelque chose qui n’a rien de spectaculaire, mais qui est profondément décisif.

Beaucoup s’arrêtent ici. Ou se mettent en retrait, en gardant un pied dedans, un pied dehors. Surtout ne pas avoir à trancher. Garder la porte ouverte, on ne sait jamais n'est-ce pas ? "Ça peut toujours servir". Sans s'en rendre compte, on se comporte avec sa voie spirituelle (qui du coup n'en n'est plus une) comme avec ces objets dont on ne veut pas se débarrasser.

Mais ce moment n’est pas un accident.

Il est structurel.

Universel.

On le retrouve dans toutes les traditions sérieuses, sous des formes différentes. C’est une mise à l’épreuve silencieuse : non pas de la motivation, mais de la capacité à continuer sans être nourri par ce qu’on attendait.

Dans les traditions anciennes, cela prenait parfois la forme de tâches simples, répétitives, sans reconnaissance.

Balayer une cour pendant des années. Porter de l’eau. Couper du bois. Non pas pour “tester” au sens moral, mais pour laisser s’éroder ce qui, en soi, cherche encore à tirer profit du chemin.

Aujourd’hui, ce passage existe toujours. Mais il est moins visible. Moins ritualisé. Et donc plus facilement évité.

Ceux qui restent passent pourtant par là. Ils le trouvent comme le fameux quai 9 3/4 de Harry Potter.

Ils cessent progressivement de chercher une confirmation. Ils arrêtent de mesurer leur progression à l’aune de leurs ressentis ou de leurs attentes initiales. Quelque chose se stabilise. Une forme de simplicité apparaît. Le travail commence à devenir… LE Travail.

Pas au sens d’effort forcé. Mais au sens d’une continuité qui ne dépend plus des hauts et des bas internes.

C’est à ce moment-là seulement que le mot disciple commence à avoir un sens RÉEL. C'est le moment de la naissance du disciple. Avant, c'est du théâtre, parfois très bien joué d'ailleurs.

Avant, il y a de l’intérêt, de l’implication, souvent même de la sincérité. Mais il manque le corps même de ce qui fait un ou une disciple : le passage du métal au feu, qui permet sa reconfiguration.

Un enseignant ne calibre pas son enseignement sur ceux qui hésitent ou se tiennent à distance.

Il le calibre sur ceux qui sont là.

Pas pour exclure. Par responsabilité.

Un.e enseignant.e spirituel.le digne de ce nom ne donne pas seulement quelque chose à ses élèves. Il ou elle rend des comptes. À sa lignée. À son propre maître. Et à ceux qui, précisément, ont traversé ce seuil silencieux et sont restés. Sont LÀ.

Car ce sont eux qui portent réellement la transmission. Et sa responsabilité future.

Ce ne sont pas forcément les plus enthousiastes au départ. Pas les plus visibles. Mais ceux qui ont accepté de perdre ce qu’ils croyaient venir chercher, et ont finalement trouvé bien mieux : la partie d'eux-mêmes qui cherchait désespérément à émerger, et qui étouffait sous la carapace égotique.

Il y a une forme de sobriété dans leur présence. Quelque chose de moins démonstratif, mais de plus stable. Moins spectaculaire, mais plus fiable. Ils sont devenus responsables, et insensibles aux clivages.

Ceux qui restent ne sont pas nécessairement ceux qui brillent le plus au premier abord. Mais paradoxalement ils sont les vrais joyaux de la Voie.

Ceux qui donnent sens aux efforts et à l'amour de toutes les générations de maîtres et disciples qui les ont précédés.

CEUX QUI RESTENT.

Fabrice

26/04/2026

LE VRAI PROGRÈS SPIRITUEL N’EST PAS CE QUE L’ON CROIT

Il y a aujourd’hui une confusion massive entre trois choses qui n’ont rien à voir : vivre un état de conscience, évoluer psychologiquement, et progresser spirituellement.

On les mélange, on les empile, et on finit par appeler “éveil” à peu près n’importe quelle expérience un peu intense ou un peu lucide.

Le problème, c’est que ces trois dimensions n’obéissent pas aux mêmes lois. Et surtout, elles ne produisent pas les mêmes effets dans une vie.

Un état de conscience, d’abord, ne prouve rien. On peut vivre une expérience d’unité, de silence profond, de disparition du “moi”… et redevenir exactement la même personne quelques heures plus t**d. Plus calme momentanément, peut-être. Mais structurellement identique.

L’histoire des traditions est remplie de gens ayant vécu des expériences dites “éveillées” sans que leur comportement, leur éthique ou leur capacité relationnelle n’en soient réellement transformés.

L’expérience touche l’état. Le progrès touche la structure.

La confusion commence souvent ici : on prend l’intensité d’une expérience pour un signe d’évolution. Alors que c’est souvent juste une ouverture ponctuelle — parfois même une fuite raffinée.

Deuxième confusion : la psychologie.

Travailler sur ses blessures, comprendre ses schémas, réguler ses émotions — c’est utile, et très souvent nécessaire.

Mais ce n’est pas encore du spirituel. C’est du réajustement de fonctionnement. On peut devenir beaucoup plus stable, plus conscient de soi, plus “fonctionnel”… tout en restant entièrement guidé par ses émotions : ses peurs, ses attachements, etc... ou ses besoins de contrôle, simplement de manière plus subtile.

Le psychologique améliore l’ego. Le spirituel modifie le rapport à l’ego. Ne pas confondre.

Troisième point, souvent mal compris : on ne change pas de caractère.

C'est peut-être ce qui étonne le plus les gens, mais c'est ce que je constate sur moi et sur les très nombreux maîtres et cheminants rencontrés.

Un impatient reste un impatient. Un colérique reste un colérique. Un anxieux reste un anxieux. Croire qu’un chemin spirituel va lisser le tempérament, c’est projeter un idéal moral ou social — pas décrire une réalité. Ça peut éventuellement adoucir le caractère, mais pas plus.

Ce qui change, ce n’est pas la nature des mouvements internes, mais le fait qu’ils ne décident plus à notre place.

L’impatience peut être là, mais elle ne prend plus le volant. La peur peut surgir, mais elle ne structure plus les choix.
La colère peut apparaître, mais elle ne dicte plus la manière d’agir. On peut alors commencer à parler de progrès.

Alors quels sont les vrais critères ?

D’abord, la désidentification réelle — pas conceptuelle.

Pas “on sait que l’on n’est pas ses pensées”, mais une capacité concrète à ne pas leur obéir automatiquement. À sentir l’impulsion… et à ne pas être entraîné.

Ensuite, la stabilité dans la durée.

Pas des pics, pas des états exceptionnels, mais une transformation qui tient dans le quotidien, et surtout dans les moments sans intensité, sans inspiration, sans “énergie particulière”. Le progrès spirituel se voit surtout quand rien n’est extraordinaire.

Troisième critère : la cohérence dans la relation.

C’est facile d’être “aligné” seul, dans un cadre maîtrisé. Beaucoup plus difficile dans le lien à l’autre, là où les enjeux d’image, de pouvoir, d’attachement ou de rejet se rejouent. Si le travail ne passe pas l’épreuve du relationnel, il reste superficiel.

Quatrième point : la diminution de l’auto-illusion.

Pas au sens moral, mais au sens structurel. Moins de justifications internes, moins de récits pour se protéger, moins de distorsions pour maintenir une image de soi. Une forme de lucidité plus nue, parfois inconfortable.

Enfin — et c’est peut-être le plus exigeant — une capacité croissante à rester en contact avec ce qui est réel, même quand ce n’est pas avantageux pour soi.

Pas seulement voir. Mais ne pas ensuite détourner le regard. Et ne pas réorganiser le narratif pour qu’il soit plus supportable une fois qu'on a vu.

Le progrès spirituel ne consiste pas à devenir plus “agréable”, plus lisse, plus confortable — ni pour soi, ni pour les autres.

Il consiste à devenir plus lucide, plus stable, et moins manipulé par ses propres mouvements internes.

Et c’est pour ça qu’il est rare.

Parce qu’au fond, beaucoup de démarches cherchent une amélioration d’état, un apaisement, une expansion…
Mais beaucoup moins acceptent une transformation de la position intérieure, là où il ne s’agit plus de se sentir mieux — mais de ne plus se mentir.

Dans la vision taoïste, cela rejoint directement la notion de Xuán (玄).

Le Xuán est souvent traduit par “mystère”, mais cette traduction est trompeuse si on la comprend comme quelque chose de vague ou d’ésotérique.

Le caractère 玄 contient une clé essentielle : celle du fil de soie (糸/纟), quelque chose de fin, de presque invisible, un fil extrêmement subtil qui relie et structure en profondeur.

Le Xuán, c’est le “tout petit” — non pas au sens de faible, mais au sens de fondamental. Ce qui est si fin qu’on ne le voit pas, mais qui conditionne tout le reste.

Le progrès spirituel, dans cette perspective, n’est pas une montée vers des états élevés.

C’est une descente vers ce niveau de finesse.

Plus on se rapproche du Xuán, plus on devient sensible à ce qui, en soi, est habituellement invisible : micro-impulsions, micro-attachements, micro-déformations du réel. Et c’est précisément ce raffinement qui permet de ne plus être piloté par ces mouvements.

Ce n’est pas une fuite du réel.
C’est une pénétration plus profonde du réel.

Beaucoup se trompent sur le Xuán Xué (玄学), souvent traduit par “magie taoïste”.

Si on comprend le Xuán comme ce niveau fondamental de structuration, alors agir sur le Xuán — ce que fait le Xuán Xué — n’est pas une fuite dans le surnaturel. C’est intervenir directement à la racine des configurations.

Autrement dit :
ce n’est pas contourner le réel.
C’est agir là où le réel se FORME. C'est prendre part à la danse de l'émergence de ce réel en se mettant consciemment dans l'équation.

Il n’y a donc aucune contradiction entre une voie qui rend “de plus en plus réel” et une pratique qui agit sur le Xuán.

Le vrai progrès spirituel ne consiste pas à s’éloigner du monde, ni à s’élever au-dessus. Il consiste à entrer dans une relation plus précise, plus sobre, et plus directe avec ce qui est.

Il est paradoxalement moins spectaculaire, mais infiniment plus opérant.

Bonne réflexion et pratique

Fabrice

LOI D'ATTRACTION VERSUS RÉSONANCE (GANYING) 感应Il est devenu presque automatique aujourd’hui de parler de mindset, comme ...
14/04/2026

LOI D'ATTRACTION VERSUS RÉSONANCE (GANYING) 感应

Il est devenu presque automatique aujourd’hui de parler de mindset, comme si tout pouvait se résoudre en ajustant notre manière de penser.

Dans la même logique, la loi de l’attraction s’est imposée comme une évidence : en modifiant nos pensées et nos émotions, nous pourrions attirer des situations correspondantes. Cette idée, héritée des courants du New Thought au XIXe siècle, a été massivement popularisée en 2006 avec The Secret de Rhonda Byrne.

Il y a une part de vérité dans cette approche, mais elle reste limitée. Le mindset et la loi de l’attraction agissent surtout au niveau de la perception, de l’intention, du discours intérieur. Ils peuvent orienter nos décisions, modifier notre posture, ouvrir certaines opportunités.

Mais ils ne suffisent pas à expliquer pourquoi, malgré ces ajustements, nous voyons revenir les mêmes schémas.

Le taoïsme propose une lecture différente, plus ancienne et plus structurelle. Il parle de Gan Ying, 感应 une notion de résonance qui apparaît déjà dans les textes de la Chine ancienne, notamment à partir de la période des Royaumes combattants et du début de la dynastie Han, il y a plus de deux mille ans.

Ici, il ne s’agit pas d’attirer volontairement, mais de correspondre naturellement, de vibrer structurellement, au sens physique du terme.

Ce qui entre en relation avec nous ne répond pas à ce que nous affirmons consciemment, mais à ce que nous sommes réellement, dans notre configuration profonde.

Cette configuration inclut des dimensions que le mental ne contrôle pas directement : des habitudes émotionnelles, des tensions inscrites dans le corps, une circulation du Qi plus ou moins fluide, des mémoires (gui, 鬼 fantômes) qui continuent d’organiser notre rapport au monde et in fine, la vibration même de notre cœur.

C’est pour cela que certaines situations se répètent. Non pas parce que nous les “attirons” au sens volontaire, mais parce qu’elles trouvent en nous une correspondance. Tant que cette correspondance existe, les formes peuvent changer, mais la structure de fond reste étonnamment stable.

Le point décisif est là : si nous voulons que ces répétitions cessent, ce n’est pas seulement notre manière de penser qui doit évoluer, c’est la structure même de notre résonance. Et cela demande autre chose qu’un travail de surface.

Dans une perspective taoïste, cela passe par des pratiques qui agissent directement sur cette structure. Le travail du corps et du souffle permet de stabiliser et de redistribuer le Qi. La méditation clarifie le Shen et réduit les interférences mentales. Les approches internes comme le Neidan visent une transformation progressive de l’ensemble du système.

Mais il existe aussi des approches plus directes, plus interventionnelles. Le Xuan Xue, dans sa dimension opérative, introduit un aspect très Yang capable de pénétrer et de reconfigurer des structures Yin denses et installées. Là où certaines dynamiques sont trop cristallisées pour être dissoutes lentement, ces méthodes agissent comme un facteur de rupture et de réorganisation.

Ce type de travail ne remplace pas le reste, mais il peut accélérer ou débloquer des processus qui autrement prendraient des années. Il agit précisément là où le mindset n’a pas de prise : sur la structure même de la résonance.

Dans cette optique, le principe de Gan Ying ne nous dit pas que nous pouvons obtenir ce que nous voulons. Il nous indique que tant que nous sommes accordés d’une certaine manière, nous rencontrons ce qui correspond à cet accord. Et lorsque cette accordage change réellement, ce ne sont pas seulement nos perceptions qui évoluent, ce sont les situations elles-mêmes qui cessent de se répéter.

Bonne réflexion et pratique

Fabrice

TA SPIRITUALITÉ EST-ELLE UNE PLANQUE ? CHOICE IS YOURS. La spiritualité ne conduit pas automatiquement à plus de lucidit...
09/04/2026

TA SPIRITUALITÉ EST-ELLE UNE PLANQUE ? CHOICE IS YOURS.

La spiritualité ne conduit pas automatiquement à plus de lucidité. Elle peut aussi devenir une manière très élaborée de ne plus se confronter.

On peut apprendre à parler juste, à penser juste, à ressentir des choses subtiles… tout en évitant soigneusement ce qui, dans la vie réelle, demanderait d’être affronté.

Ce décalage est connu. John Welwood l’a nommé le bypass spirituel : utiliser des idées élevées pour ne pas traverser certaines zones plus brutes.

Ce n’est pas un problème marginal. C’est presque un passage obligé à un moment ou à un autre.

Dans les voies comme le taoïsme, ce phénomène, présent dans toutes les voies spirituelles, prend une tournure particulièrement discrète et subtile, ce qui permet aux personnes habiles et ayant des facultés cameléonesques d'y avoir recours sans même toujours s'en rendre compte.

Les principes sont souples, ouverts, rarement prescriptifs. Et cela permet une chose très confortable : rester en accord avec les idées… sans que la vie change réellement.

Suivre le flux peut devenir éviter une décision. Ne pas forcer peut devenir ne rien assumer. Accueillir peut devenir subir.

Ce ne sont pas des erreurs grossières.
Ce sont des glissements. Le point clé, et particulièrement retord, c’est que ces glissements ne partent pas du faux. Ils partent du vrai.

Le non-agir est juste.
Le lâcher-prise est juste.
L’acceptation est juste.

Mais utilisés trop tôt, ou au mauvais endroit, ces principes protègent au lieu de transformer. On retrouve alors un pattern courant.

Le Dao devient une évidence intérieure difficile à questionner. Quand quelque chose est ressenti comme profondément juste, il n’y a plus vraiment d’espace pour le doute. Ce n’est pas une fermeture volontaire. C’est simplement que, depuis cet endroit, tout semble cohérent. Et donc rien de notre positionnement ne semble devoir être remis en question.

Les textes viennent ensuite renforcer cette cohérence. Ils offrent toujours une lecture qui va dans le sens de ce que l’on vit. On ne triche pas forcément. On reconnaît simplement ce qui nous parle… et on laisse de côté le reste. Petit à petit, une vision stable se met en place, visant à se soustraire de la blessure narcissique.

Et puis il y a ce qui ne dépend pas de nous. Une personne, une situation, une parole qui ne valide pas immédiatement notre lecture. Ce que la tradition appelle le maître, mais qui peut être plus largement toute forme de confrontation réelle.

C’est là que quelque chose se tend. Dérange, démange. Parce que ce point introduit un décalage. Une décoincidence. Le frémissement du "réel" de Matrix.

Il montre, parfois, que ce que l’on appelle “justesse” est encore partiel et très relatif. Il met en lumière des angles morts. Il oblige à regarder là où l’on ne regardait pas. Et c’est rarement agréable.

Alors un mouvement naturel apparaît.

On cherche à retrouver de la cohérence. On échange avec d’autres. On compare. On s’appuie sur des personnes qui vivent des choses apparemment similaires.

Cela peut être juste. Mais cela peut aussi devenir un espace où l’on stabilise une position égotique au lieu de la transformer. Où on évite soigneusement l'opportunité de la crise alors qu'on en parle avec tellement de brio.

Le bypass fonctionne parce qu’il est intelligent. Il ne nie pas la réalité. Il la reformule. Il ne bloque pas le chemin. Il donne l’impression d’avancer.

Mais si l’on regarde plus profondément, quelque chose ne bouge pas. Stagne. Pourrit parfois sur pied.

Les mêmes difficultés reviennent.
Les mêmes évitements se répètent.
Les mêmes zones restent intactes.

Et que fait une pratique réelle ? Elle ne vise pas à supprimer rapidement ces cercles auto destructeurs. Elle ne cherche pas à tout rendre cohérent trop vite.

Elle accepte que certaines tensions restent ouvertes. Elle ne transforme pas immédiatement chaque inconfort en principe spirituel.

Elle laisse le frottement et l'inconfort faire leur travail.

Le Dao n’est pas une idée avec laquelle on est d'accord.

C’est ce qui, à un moment, rend certaines de nos positions intenables.

Et c’est à cet endroit précis, là où ça résiste, encore et encore, que la pratique opère. Au sens chirurgical du terme.

Chirurgie. Bistouri. Métal.

Le courage du Tigre Blanc.

Plus t**d, seulement, viendra le Feu du Cœur, qui ne pourra opérer que si le métal est présent.

Le plomb devient alors.

Or.

Fabrice

LE SECOND CYCLE DE MING SHAN : LE VIRAGE PHOENIX En 2019, Ming Shan est né.Sans plan parfaitement écrit à l’avance, mais...
08/03/2026

LE SECOND CYCLE DE MING SHAN : LE VIRAGE PHOENIX

En 2019, Ming Shan est né.
Sans plan parfaitement écrit à l’avance, mais avec une intention claire : faire vivre, dans le monde contemporain, des traditions taoïstes qui ont traversé des siècles.

Aujourd’hui, sept ans ont passé.

Dans de nombreuses traditions, sept est un nombre de cycle complet.
Dans le taoïsme, il évoque aussi les sept étoiles visibles de la Grande Ourse, autour desquelles s’articulent de nombreux rituels et pratiques de transformation. Un cycle se ferme, un autre commence.

C’est exactement ce que nous vivons aujourd’hui.

Sept années pour apprendre

Ces sept premières années ont été une période fondatrice.

Nous avons essuyé les plâtres.
Nous avons traversé la période du Covid.
Nous avons dû apprendre à transmettre dans un monde qui se digitalisait à grande vitesse.

Nous avons expérimenté, ajusté, parfois corrigé.

Et nous avons surtout transmis énormément.

Peut-être même trop de connaissances.

Durant ces années, Ming Shan est devenu un lieu où l’on pouvait accéder à une grande diversité d’enseignements : pratiques énergétiques, cosmologie taoïste, rituels, métaphysique chinoise (Xuan Xue), méditations, travail interne.

Ce foisonnement était nécessaire. Il a permis de poser les bases d’un véritable écosystème de transmission.

Mais une tradition vivante ne se limite jamais à la transmission de connaissances.

Dans le taoïsme, deux dimensions sont indissociables :

Fa (法) : les méthodes, les techniques, les pratiques.
Hui (慧) : la sagesse, la compréhension vivante.

Les méthodes sans sagesse finissent toujours par stagner.
Ou pire : elles peuvent être mal utilisées.

À un certain stade, accumuler des techniques ne transforme plus vraiment une vie.
Ce qui transforme, c’est leur intégration profonde dans l’existence réelle.

C’est précisément le sens du virage Phoenix que prend aujourd’hui Ming Shan.

Après une phase d’exploration et de transmission large, nous entrons dans une phase plus mature :
celle de l’intégration.

Moins de dispersion.
Plus de cohérence.
Plus de profondeur.

Curieusement, ce virage est en réalité plus proche du modèle traditionnel que ce que nous avons fait au début.

Dans les traditions anciennes, on ne suivait pas des stages isolés.
On entrait dans une relation d’apprentissage dans la durée.

Le disciple pratiquait chez lui, revenait régulièrement voir son maître, recevait des corrections, puis repartait pratiquer.
Ce rythme se répétait pendant des années.

Ce modèle n’est pas toujours compatible avec la société moderne.
Nous avons donc d’abord dû inventer d’autres formats.

Aujourd’hui, avec l’expérience accumulée, nous pouvons revenir vers quelque chose de plus proche de cet esprit.

Cela signifie notamment deux choses.

Le regard extérieur:

Il existe une limite structurelle à toute introspection solitaire.

Certaines zones d’ombre sont invisibles de l’intérieur.
Par définition.

Dans les traditions spirituelles comme dans d’autres disciplines — la psychanalyse, par exemple — le regard d’un tiers est indispensable pour mettre en lumière certains mécanismes.

C’est pourquoi les personnes qui souhaitent aller plus loin dans les enseignements devront accepter ce regard à la troisième personne.

Non pas comme un jugement.
Mais comme un miroir.

Le rôle des retraites:

La transformation ne se produit pas seulement dans la pratique individuelle.

Elle apparaît aussi dans les dynamiques relationnelles et systémiques.

C’est pourquoi les retraites à Ming Shan prennent désormais une place centrale.

Venir une ou deux fois par an permet de faire émerger des choses qui restent souvent invisibles dans la vie quotidienne. Les interactions, le groupe, le cadre, le lieu lui-même agissent comme des révélateurs.

Ces retraites ne sont plus pensées comme des événements isolés.

Elles s’inscrivent désormais dans un suivi cohérent dans la durée, presque comme un compagnonnage spirituel.

Dans ce nouveau cycle, nous accompagnerons de nombreuses personnes, à différents niveaux d’intensité.

Ce n’est pas un programme impersonnel.
C’est un travail réel, humain, exigeant.

Cela implique du temps, de l’attention, de la présence professionnelle à hauteur de 18 personnes.

Il est donc normal qu’un engagement financier existe.

Non pas comme un « ticket spirituel » — ce qui n’aurait aucun sens — mais comme une forme d’énergie transactionnelle qui permet à ce travail d’exister.

Dans les traditions anciennes, les disciples contribuaient autrement : par le travail, le service, parfois pendant des années.

Qui aujourd’hui irait balayer la cour d’un temple pendant trois ans ?

Dans notre monde contemporain, cette contribution prend souvent une forme différente.

La psychanalyse, par exemple, fonctionne aussi sur ce principe : l’engagement financier fait partie du cadre qui rend possible un véritable travail intérieur.

Nous entrons donc dans le second cycle de Ming Shan, qui respecte un rythme à 7 temps ( 7 ans) cher à notre école Wujimen.

Le premier cycle a été celui de la fondation et de l’expansion.

Le second cycle sera, si tout va bien, celui de la maturation.

Moins d’accumulation.
Plus d’intégration.

Moins de dispersion.
Plus de transformation réelle.

C’est ce que nous appelons le virage Phoenix.

Dans la tradition, le Phoenix symbolise la renaissance après un cycle accompli.

Ming Shan entre aujourd’hui dans ce nouveau cycle.

Et pour ceux qui souhaitent vraiment habiter leur vie, c’est peut-être aussi le début d’un autre chemin.

Bonne pratique

Fabrice

L'AstroTao du mois est en ligne !Le moment est venu d’affirmer qui vous êtes, ce qui compte pour vous, et d’avancer avec...
10/02/2026

L'AstroTao du mois est en ligne !

Le moment est venu d’affirmer qui vous êtes, ce qui compte pour vous, et d’avancer avec un axe intérieur clair. Osez ouvrir de nouveaux chemins et prendre pleinement votre place. Ce n’est plus le temps de tergiverser !

Bon visionnage,

Ce n’est plus le temps de tergiverser ! Le moment est venu d’affirmer qui vous êtes, ce qui compte pour vous, et d’avancer avec un axe intérieur clair.Osez o...

Vous le savez sans doute, nous entrons bientôt dans le Nouvel An chinois… et pas n’importe lequel !Une année marquée par...
07/02/2026

Vous le savez sans doute, nous entrons bientôt dans le Nouvel An chinois… et pas n’importe lequel !

Une année marquée par l’énergie du double Feu, une dynamique rare qui fait revivre les élans que l’on croyait perdus, favorise les renaissances et les remises en mouvement.

Et c’est précisément dans cet esprit que Ming Shan ouvre aujourd’hui une nouvelle étape de son évolution.

Après des années d’enseignements, de séjours, d’accompagnements et de rencontres, nous avons senti qu’un pas devait être franchi pour aller encore plus loin dans la manière de vous accompagner, clarifier nos parcours et permettre à chacun de trouver un soutien adapté à l’étape qu’il traverse.

Pour joindre l’agréable à l’utile, je vous propose que nous passions trois soirées ensemble lors d’un atelier dédié, afin que vous puissiez vous-même entrer dans cette dynamique de renouveau que porte cette année.

Je vous donne rendez-vous du 15 au 17 février, à 19h, pour « Habitez enfin votre vie ! », nom volontairement explicite pour cet atelier.

Je vous laisse découvrir le programme en lien et au plaisir de vous y retrouver en cette ouverture du printemps,

Fabrice

“Vous n’avez plus besoin de vous dépasser. Vous avez besoin de vous retrouver.” Fabrice Jordan

Rendez-vous demain à 18h pour découvrir l’art du Zi Wei Dou Shu, l’astrologie impériale chinoise.Au cours de cet atelier...
13/12/2025

Rendez-vous demain à 18h pour découvrir l’art du Zi Wei Dou Shu, l’astrologie impériale chinoise.

Au cours de cet atelier de deux heures, entièrement offert, vous explorerez avec Fabrice Jordan votre Palais de Vie et votre Palais karmique.

Cela vous offrira des repères très concrets et révélateurs, applicables directement dans votre vie.

Un replay sera disponible pour celles et ceux qui ne peuvent pas être présents à l’horaire indiqué.

Pour rejoindre cette exploration, inscrivez-vous ici :

12/12/2025

Envie de poursuivre le dialogue ? Retrouvez l'émission En Dialogue sur toutes vos plateformes préférées !

L'AstroTao du mois est en ligne !Un mois de rassemblement intérieur et de réagencements subtils.Découvrez les explicatio...
09/12/2025

L'AstroTao du mois est en ligne !

Un mois de rassemblement intérieur et de réagencements subtils.

Découvrez les explications essentielles de Fabrice Jordan :

Un mois de rassemblement intérieur, d’ajustements silencieux, même si l’extérieur reste mouvant, parfois inconfortable. Décembre apporte un réagencement subt...

27/11/2025

Le sujet vous intéresse ? Retrouvez En Dialogue dès maintenant sur toutes vos plateformes préférées !

Adresse

Chemin De L'Etoile Polaire 3
Bullet
1453

Benachrichtigungen

Lassen Sie sich von uns eine E-Mail senden und seien Sie der erste der Neuigkeiten und Aktionen von Ming Shan Centre d'Arts Taoïstes erfährt. Ihre E-Mail-Adresse wird nicht für andere Zwecke verwendet und Sie können sich jederzeit abmelden.

Teilen