06/03/2026
Il y a ce moment un peu entre deux mondes où le diagnostique tombe. Épuisement. Burn-out. Arrêt maladie. "Arrêt terminus, tout le monde descend!"
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J'ai roulé sur les rails à mille à l'heure, poussée par l'adrénaline, cette hormone incroyable qui m'a permise pendant plusieurs années de surmonter les épreuves, de dépasser mes limites. Jusqu'à pousser mon être tout entier en bout de ligne.
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Il y a d'abord le choc, le diagnostique. Il soulage et effraie à la fois. Une part de mon être s'est dit "enfin, on va reprendre notre souffle" et l'autre s'est écriée "mais si je m'arrête je m'effondre!" Et c'est bien ça le problème, c'est cette impression d'être au bord du précipice, d'y être poussée malgré moi alors qu'en réalité je tombe depuis déjà bien longtemps. Le diagnostique c'est même pas quand je touche le fond, c'est quand je prends conscience que m'écraser va faire mal.
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Et puis c'est les vagues d'émotions d'un océan déchaîné. La plus puissante et difficile à gérer est la honte. J'ai failli, j'ai échoué, je suis nulle, je suis incapable. Et cette question qui tourne en boucle : "pourquoi moi j'y arrive pas alors que d'autres oui?!" Je cache mon arrêt à mon entourage, je mens, je demande à mon mari de mentir aussi, de ne rien dire. Comment expliquer ce que j'ai si je ne le comprends pas moi-même. Je me voile la face, accepte mon premier mois d'arrêt en m'accrochant à l'idée qu'en fait je "rattrape mes heures sup." Je parviens à dormir un peu mieux, mon corps se relâche légèrement... puis l'angoisse revient. Je reprends bientôt?! Quoi déjà?! Oui enfin?! Mais si je m'arrête plus que va-t-il se passer? Mais si j'y retourne, je vais craquer! Je suis incapable de décider. Aucune des deux solutions ne va... alors on décide pour moi.
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Deuxième mois d'arrêt. Le soulagement finit par l'emporter car finalement je suis encore bien fatiguée. Et mon corps me lâche, sans me demander mon avis. Moi qui venait de participer à la petite PDG, qui avais couru le Verbier Marathon, me retrouve collée à mon canapé, incapable d'enchainer 2km d'affilés. Tout m'échappe, je ne maîtrise plus rien. Plus je retiens, plus je perds... mon corps me trahit!
🚂 -> la suite en comm