27/03/2026
🔔 Aujourd’hui, l’association CoCreate Humanity (CCH) a eu le plaisir d’échanger longuement avec Jean-Luc Imhof qui participe au projet pédagogique Hum’Animation 2026, en partenariat avec la prestigieuse école Gobelins Paris.
Celui-ci a découvert le parcours de Géna Benavente, fille de travailleurs humanitaires, psychologue clinicienne et coordinatrice du pôle de supervision psychologique de CCH.
Ce fut une rencontre inspirante en Lavaux, sous une belle lumière sur les vignes… Nous le remercions chaleureusement pour sa confiance, sa bienveillance et ses conseils précieux.
Vous découvrirez ci-dessous un extrait de son témoignage, qui sera prochainement présenté sous la forme d’une courte vidéo en motion design.
UNE PIERRE À L’ÉDIFICE
Témoignage de Jean-Luc Imhof
« Cela fait trente ans que je suis travailleur humanitaire. Un rêve devenu réalité, alors même que je suis né avec un handicap : la surdité. Je me souviens encore de l’aplomb dont j’ai fait preuve face au recruteur qui, à l’époque, m’avait demandé comment je réagirais à Kaboul si l’aviation arrivait au milieu de la nuit et que la sirène se déclenchait. Je lui avais répondu, très sincèrement, que j’aurais alors la chance d’être le seul à avoir bien dormi et que je serais en pleine forme, n’ayant pas été dérangé par le bruit. C’est ainsi que j’ai fait mes premiers pas dans le secteur humanitaire !
Un souvenir particulier retient mon attention. J’ai été très fier, à ce moment-là , d’avoir contribué à un changement du système judiciaire. Au début des années 1990, alors que les États venaient tout juste de ratifier la Convention relative aux droits de l’enfant, une question essentielle demeurait : comment transformer ce texte fondateur en réalité concrète pour les enfants privés de liberté ?
Sur le terrain, tout restait à construire. Les principes étaient posés par le droit international, mais entre les termes de la Convention et la réalité des lieux de détention, l’écart semblait immense. Les conditions de vie et de détention étaient tout simplement indescriptibles. J’ai vu ces endroits de mes propres yeux, dans différents contextes de crise ou d’après-guerre : en ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Burundi, au Sri Lanka. Des lieux qui dépassaient l’entendement par leur insalubrité, leur promiscuité ou leur abandon. La prison est un État dans l’État, dont le véritable pouvoir est souvent tenu par les prisonniers eux-mêmes… Un système fermé sur lui-même, où l’humain semblait s’effacer derrière les murs. »
Nathalie de la Gorce, Arnaud Lacaze-Masmonteil, Jacques Louradour, Emmanuelle Lacroix : rendez-vous à Paris le 14 avril pour le top départ du projet ! 💜