23/11/2021
"On veut des enfants, mais on ne veut pas l'enfance de nos enfants. [...] on prend les enfants pour de petits adultes alors que ce sont des adultes en devenir. Or, contrairement à nos cadences soutenues, le temps de l'enfant est celui de l'errance, des découvertes, des tours et détours."
Je trouve cette analyse très juste et j'ai souvent ressenti cette difficulté à me mettre au rythme de mon enfant alors que j'avais en tête tout ce que je "devais" faire. En lui répétant qu'on n'avait pas le temps. L'article dit très bien que ce décalage entre le regard des enfants et celui des parents est dû à nos modes de vie, à la pression sociale et économique de "réussir", d'avoir une jolie famille, une belle carrière, une maison rangée, un couple épanoui, et une vie tout le temps joyeuse. Je crois personnellement aussi que pour nous libérer de ces injonctions sociales qui nous empêchent de goûter le bonheur de répéter quinze fois un mouvement, un mot, une mimique, il faut comprendre comment ces injonctions se mélangent à nos peurs profondes, à nos insécurités intérieures construites dans nos propres enfances. Pratiquement, cela veut dire prendre le problème par plusieurs bouts: revendiquer au niveau politique du temps à consacrer à nos bébés/enfants (congés parentaux, horaires de travail, etc.), remettre à sa place le travail et la productivité économique, affirmer publiquement la justesse de l'enfance et de son agitation, de son vacarme, de sa spontanéité et, intérieurement, prendre soin de nous-mêmes, explorer les leviers et enjeux intérieurs qui font que nous avons tant de mal à nous arrêter sans culpabiliser et à savourer le temps passé au rythme de nos enfants.
On surveille avec zèle la santé physique des tout-petits, mais on ne se soucie pas de leur santé psychique et relationnelle, déplore la psychologue Sophie Marinopoulos. Cette experte de l’enfance et de la famille sera à Genève jeudi 25 novembre