04/02/2026
La fatigue est multiple (Partie 3/3)
La fatigue mentale
C’est la fatigue du trop-penser, trop-décider, trop-gérer. Multitâche permanent, pression temporelle, flux d’informations ininterrompu, décisions incessantes : le mental est sollicité sans répit.
Les signaux typiques de la fatigue mentale sont : ruminations incessantes, bruit cérébral, difficulté à se concentrer, décisions de plus en plus coûteuses, oublis, mémoire moins efficace, désorganisation ou confusion, cerveau en « ébullition », difficulté à prioriser.
L’hygiène mentale, ce n’est pas « penser positif » pour que ça aille mieux. Ce n’est pas non plus réfléchir davantage ou mieux mémoriser. En bref, éviter la fatigue mentale, ce n’est pas faire encore plus et encore mieux. C’est au contraire réduire le bruit, simplifier les choix, limiter volontairement l’exposition à l’inutile. C’est accepter que tout ne soit pas traité immédiatement. Placer dans une bulle de déni temporaire, tout ce qu’on ne peut plus garder en veille active en permanence. On ne l’oublie pas, on sait qu’on y reviendra plus t**d. Ça reste en veille, mais passive, en arrière plan, sans nous encombrer à chaque instant. Passer de la veille active à la veille passive, ça s’apprend, en même qu’on apprend à accueillir l’incertain temporaire.
La fatigue existentielle
La plus silencieuse des fatigues. La plus profonde aussi. Perte de sens, désengagement, impression de vide intérieur ou d’absurdité, questionnement identitaire : elle génère beaucoup plus qu’un coup de mou, elle peut tout remettre en question. Vraiment tout, dans le pire des cas.
Les causes de cette fatigue sont un trop grand décalage entre les valeurs personnelles et la réalité vécue, absence de perspectives à long terme, fragmentation de l’identité (rôles multiples incompatibles).
Cette fatigue ne se soigne pas par le seul repos. Elle appelle une révision du système. Elle impose un changement. Pas nécessairement un changement radical et global, mais un changement réel, un alignement, un engagement de soi envers soi. Elle nécessite souvent le soutien d’un coach, thérapeute ou médecin, selon les besoins.
La bonne nouvelle, c’est qu’en sortant de cette fatigue, on revient de loin, et donc on va beaucoup plus loin qu’avant. Grâce au processus de transformation qu’elle impose, la fatigue existentielle redonne de la saveur à l’existence au bout du chemin de résilience.
Dans notre métier, nous avons la chance d’accompagner toutes ces fatigues et d’être témoin de véritables renaissances. Témoignez ci-dessous, si vous aussi, vous avez traversé le tunnel. Qu’est-ce qui vous a soutenu, sauvé, transformé ?