17/02/2026
Tu sais ce qui fatigue le plus ?
Ce n’est pas le conflit.
C’est d’essayer de réparer un truc qui se déplace tout le temps.
J’ai connu une relation comme ça.
Un reproche arrivait.
Je cherchais quoi corriger. Je corrigeais.
Et pendant que je faisais l’effort… le sujet suivant était déjà là.
Avec une certitude en face.
Sa version était la seule valable.
Alors j’ai fait ce que beaucoup font quand ils ne peuvent pas “gagner”.
Je me suis amélioré.
Mieux expliquer.
Mieux anticiper.
Moins déranger.
Être plus précis. Plus calme. Plus adapté.
Je pensais que ça manquait juste d’ajustement.
Que si je trouvais enfin la bonne posture, ça tiendrait.
Mais non.
Ce n’était pas une question d’effort.
C’était un sol instable.
Et tu peux être le meilleur funambule du monde…
si le fil bouge en permanence, ton corps ne se détend jamais.
Le corps comprend avant la tête.
Il se contracte.
Il surveille.
Il apprend à prévoir l’impact suivant.
Pas parce que tu es faible.
Parce qu’il est intelligent.
Au cabinet, je le vois souvent.
Des personnes lucides. Courageuses. Qui ont tout analysé.
Et pourtant leur système nerveux reste en alerte.
Comme s’il attendait encore que quelque chose tombe.
Le basculement, pour moi, n’a pas été une grande explication brillante.
C’était plus simple.
Reconnaître les faits.
Sans rejouer.
Sans justifier.
Sans chercher une autre lecture plus confortable.
Juste admettre. Oui. C’était ça.
Et là… le corps a arrêté de guetter.
Pas de scène spectaculaire.
Pas de grande libération théâtrale.
Juste une sensation très simple.
Pouvoir poser ses affaires.
On n’est pas responsables de ce qu’on met en place en mode survie.
Mais on peut apprendre à redonner de la sécurité à l’intérieur.
Dis-moi.
Tu connais ce moment précis où ce n’est pas ta tête qui comprend…
mais ton corps qui, enfin, cesse de surveiller ?