26/01/2026
: le labyrinthe du
« Docteur, mon bébé a la fièvre depuis hier, j’ai donné du paracétamol mais ça ne passe pas, je fais quoi ? »
« Doc, j’ai une éruption bizarre, je t’envoie la photo… »
Ces messages, je les reçois presque tous les jours sur WhatsApp. Et je sais que beaucoup de collègues médecins vivent la même chose.
Derrière ces messages, il n’y a ni abus ni légèreté. Il y a surtout de l’inquiétude, de l’urgence et un besoin de repères face à la maladie.
En réalité, ces situations révèlent un problème plus profond de santé publique : au Cameroun, il n’existe pas de véritable système d’orientation médicale pour le patient. Entre l’apparition d’un symptôme et la consultation d’un médecin, le patient est souvent livré à lui-même. Il navigue entre les conseils de l’entourage, la pharmacie du quartier, les réseaux sociaux, parfois les tradipraticiens, et ne se rend à l’hôpital qu’en dernier recours, lorsque la situation devient difficile à gérer.
de cette errance sont connues. Le coût des soins, en l’absence d’une couverture santé généralisée, pousse à retarder la consultation. L’hôpital est souvent perçu comme un lieu d’attente interminable et d’accueil peu rassurant. Et surtout, beaucoup de patients ne savent tout simplement pas vers qui se tourner en premier lorsqu’un problème de santé apparaît.
Ce n’est pas un manque de responsabilité individuelle, mais une adaptation à un système qui n’offre pas de boussole claire.
sont lourdes. Pour les patients, cela signifie des diagnostics tardifs, des complications évitables, parfois des drames qui auraient pu être prévenus.
Pour les professionnels de santé, c’est une pression constante : sollicitations à toute heure, décisions prises sans dossier médical, fatigue mentale et sentiment d’impuissance. Cette situation fragilise à la fois la qualité des soins et ceux qui les dispensent.
Il n’existe pas de , mais des pistes concrètes. L’une d’elles consiste à structurer et professionnaliser en amont des soins, afin d’aider le patient à savoir quand consulter, où aller et pourquoi.
C’est dans cette logique que nous avons mis en place un service d’assistance médicale, déjà opérationnel, qui vise à offrir une écoute médicale qualifiée, orienter les patients et éviter les retards de prise en charge.
Ce n’est qu’un pas, parmi d’autres nécessaires, pour améliorer l’accès et l’organisation des soins.
Et vous, face à une inquiétude de santé pour vous ou un proche, quel est votre premier réflexe ? À qui vous adressez-vous en premier ?
Vos expériences et vos avis sont essentiels pour réfléchir ensemble à des solutions adaptées à notre réalité.