20/01/2026
C’est peut-être ça la force intérieure. Être aligné avec son Soi 🙏❤️
À 19 ans, elle a menacé de quitter son label s’il refusait de sortir sa chanson… sur un fantôme.
Elle est arrivée n°1.
Puis elle a cessé de tourner pour toujours — et est devenue une légende.
1977. Londres.
Kate Bush a dix-neuf ans, elle est signée chez EMI Records, et s’apprête à prendre une décision qui pourrait mettre fin à sa carrière avant même qu’elle ne commence.
Elle vient d’écrire une chanson intitulée Wuthering Heights — inspirée du roman gothique d’Emily Brontë, chantée du point de vue d’un fantôme implorant désespérément l’amour qu’il a perdu.
Sa voix s’élève dans un soprano quasi opératique que peu de chanteuses pop osent tenter. La production est luxuriante, étrange, onirique.
Son label déteste ça.
Trop bizarre. Trop théâtral. Trop aigu. Les radios ne passeront jamais ce titre. Ils veulent un autre single — quelque chose de conventionnel, de sûr, de « vendable ».
Kate refuse.
Elle a dix-neuf ans. Elle est inconnue. C’est son tout premier album.
Et elle dit à EMI :
« Si vous ne sortez pas Wuthering Heights en single, je ne sortirai pas l’album. »
Une adolescente qui fait pression sur l’un des plus grands labels du monde.
En 1977, les artistes féminines ne faisaient pas ça. On obéissait. On souriait. On faisait des compromis.
Kate Bush a dit non.
EMI a cédé.
Le 20 janvier 1978, Wuthering Heights sort.
Les animateurs radio ne savent pas quoi en penser. Ça ne ressemble à rien d’autre — pas de disco, pas de guitares rock, juste cette voix hantée qui chante un fantôme griffant une fenêtre dans la lande.
Le clip est encore plus déroutant : Kate danse pieds nus, en robe rouge, se mouvant comme un esprit, totalement irréelle.
Les critiques sont divisées. Certains parlent de génie. D’autres de prétention.
Le public, lui, tranche immédiatement : il adore.
En quelques semaines, Wuthering Heights atteint la première place des charts britanniques et y reste quatre semaines.
Kate Bush devient alors la première artiste britannique à atteindre le n°1 avec une chanson qu’elle a entièrement écrite elle-même.
Pas une reprise.
Pas un titre composé par des producteurs masculins.
Ses mots. Sa musique. Sa vision.
Mais Kate n’a jamais voulu être une pop star conventionnelle.
En 1979, elle lance le Tour of Life — devenant la première femme britannique à assurer une grande tournée nationale avec une mise en scène théâtrale élaborée. Ce n’est pas un simple concert : c’est une performance artistique, avec changements de costumes, chorégraphies et narration.
La tournée est un succès. Les critiques sont dithyrambiques. Le public est fasciné.
Puis Kate arrête de tourner.
Pour toujours.
Elle ne remontera plus jamais sur la route. Ni dans les années 1980. Ni dans les années 1990. Jamais.
Elle se retire des projecteurs — non par peur, mais par désir de liberté créative.
Pendant que les autres stars courent après MTV, Kate s’enferme en studio.
En 1985, elle sort Hounds of Love, un chef-d’œuvre contenant Running Up That Hill (A Deal with God), une chanson sur le désir d’échanger sa place avec l’être aimé pour mieux le comprendre.
L’album est acclamé. Le titre devient un immense succès.
Mais Kate refuse toujours de tourner. Quelques apparitions télé, puis elle disparaît à nouveau.
Pendant trente ans, elle publie de la musique à son rythme — quand elle le veut, comme elle le veut, sans se soucier des règles de l’industrie.
Elle donne rarement des interviews. Vit discrètement en Angleterre. Élève son fils. Crée dans son studio à domicile. N’apparaît en public que lorsqu’elle l’a décidé.
L’industrie musicale ne sait pas quoi faire d’elle. Elle ne suit pas les règles. Elle ne court pas après les tendances. Elle ne se justifie pas.
Et pourtant, son influence est immense.
Björk, Florence + The Machine, St. Vincent, FKA twigs, Hozier — tous citent Kate Bush comme une référence fondatrice.
Elle a inventé le clip cinématographique avant MTV. Utilisé l’échantillonnage numérique dans la pop. Prouvé que les femmes pouvaient contrôler chaque aspect de leur art sans compromis.
Puis, en mai 2022, l’impensable se produit.
La saison 4 de Stranger Things utilise Running Up That Hill.
La chanson — vieille de 37 ans — devient virale sur TikTok.
En juin 2022, Running Up That Hill atteint la première place des charts britanniques.
Kate Bush, à 63 ans, devient la plus vieille artiste féminine à atteindre un n°1 avec une chanson qu’elle a écrite seule.
La même femme qui fut la première en 1978 devient la plus âgée en 2022.
La génération Z découvre Kate Bush. Des jeunes nés bien après Hounds of Love tombent amoureux de cette artiste qui, en 1977, écrivait une chanson sur un fantôme.
Kate, fidèle à elle-même, publie un bref message de remerciement… puis disparaît à nouveau.
Parce que Kate Bush a prouvé une chose que l’industrie musicale a longtemps refusé d’admettre :
on n’a pas besoin de se compromettre pour réussir.
On n’a pas besoin de suivre les tendances.
On n’a pas besoin de tourner.
On n’a pas besoin de s’expliquer.
Il suffit d’être indéniablement, résolument soi-même.
À dix-neuf ans, elle a tenu tête à son label pour une chanson étrange sur un fantôme.
Cette chanson a marqué l’histoire.
Puis elle a passé les quarante années suivantes à faire exactement ce qu’elle voulait — devenant l’une des artistes les plus influentes de la musique moderne.
Kate Bush a écrit une chanson sur un esprit hantant les landes du Yorkshire.
Puis elle est devenue elle-même une sorte de fantôme du monde musical — apparaissant quand elle le souhaite, disparaissant quand elle le veut, sa voix refusant de s’éteindre.
« Je n’ai pas peur d’être incomprise. C’est ça, être artiste. »