28/03/2026
Et si le mérite était l’un des plus grands angles morts de nos métiers ?
On nous répète partout :
« Si tu réussis, c’est grâce à toi »
« Si tu échoues, travaille plus »
C’est propre.
C’est rassurant.
Mais c’est incomplet.
Très incomplet.
Un article de The Conversation (2025) remet sérieusement les choses à leur place.
Dans les faits, la réussite ne repose jamais uniquement sur : le travail, la motivation, le talent.
Elle repose aussi sur : l’environnement, les opportunités, le contexte. et le hasard.
Le mérite existe.
Mais il ne suffit pas.
Et surtout, cette croyance a une fonction psychologique très forte :
Elle donne l’illusion que tout est contrôlable.
Elle rend le monde « juste ».
Mais dans nos métiers, ça devient un piège.
Parce que quand on survalorise le mérite :
On responsabilise trop nos clients.
On pathologise leurs blocages.
On réduit des trajectoires complexes à un « manque d’effort ».
Or, ce qui transforme réellement une personne, ce n’est pas seulement ce qu’elle fait.
C’est :
la qualité de son environnement
la sécurité relationnelle
sa capacité à réguler ses états internes
et les interactions qu’elle construit dans le monde
Nous ne travaillons pas seulement sur des objectifs.
Nous travaillons sur des systèmes vivants.
Sur des équilibres invisibles.
Sur des dynamiques qui dépassent la simple volonté.
C’est aussi pour ça que deux personnes, avec les mêmes outils, la même formation, le même « mérite », n’auront jamais les mêmes résultats.
Remettre le mérite à sa juste place, ce n’est pas déresponsabiliser.
C’est arrêter de simplifier l’humain.
Si vous êtes coach, thérapeute, psychologue
et que vous sentez que les modèles actuels sont trop simplistes, vous êtes au bon endroit.
📌 L’article de The Conversation est en commentaire