10/12/2025
“La pharmacie m’a dit qu’ils pouvaient le faire aussi.”
Tof Ton Stétho — IDEL nomade, patience au bord de la rupture, respect réglementaire mais nerfs en freestyle.
(⚠️ Note importante en bas du texte)
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Je rentre dans la pharmacie.
Je voulais juste une boîte de pansements.
UNE BOÎTE.
Je ne suis pas venu pour déclencher une guerre.
Mais le pharmacien me saute dessus direct, sourire jusqu’aux oreilles :
Pharmacien :
— Salut Tof ! Tu tombes bien, j’ai vacciné 58 personnes ce matin !
Moi :
— Bravo. Moi j’ai vacciné mon café, j’avais pas de bras sous la main.
Pharmacien :
— Non mais sérieux, ça marche du tonnerre !
Moi :
— Oui, j’ai remarqué : on entend plus parler de vous que de la météo.
Il rigole. Moi je serre les dents.
Parce que ça fait des semaines que les IDEL encaissent.
Les pharmacies vaccinent, testent, dépistent, tamponnent, valident, enregistrent, facturent…
Bientôt ils vont faire les 3×8.
Germaine arrive à ce moment-là, 84 ans, en pleine forme :
— Bonjour ! Je viens pour mon vaccin !
Moi :
— Fait par qui, Germaine ?
Germaine :
— Par la pharmacie, voyons !
Bien sûr.
Toujours la pharmacie.
Même ma femme je suis sûr elle hésite, des fois.
Je la regarde aller au fond de l’officine, guidée comme si c’était Disneyland.
Et je me tourne vers le pharmacien.
Moi :
— T’emballes bien, Jean-Michel.
Pharmacien :
— Mais non ! On rend service !
Moi :
— Oui ben en rendant tant service, tu rends aussi un peu les IDEL nerveux.
Pharmacien :
— Pourquoi ?
Moi :
— Parce que :
Parce qu’à force de vacciner tout ce qui bouge, le patient croit que c’est devenu votre métier principal.
Parce que les gens me demandent si je vaccine encore alors que j’ai ça accroché à mon diplôme depuis 1995.
Parce que t’es passé de “Bonjour, vous voulez du Doliprane ?”
à
“Installez-vous, détendez-vous, respirez, je pique dans 3… 2… 1.”
Pharmacien :
— C’est la modernisation !
Moi :
— Non. Ça c’est la colonisation.
Parce qu’entre coopérer et s’étaler, y’a une différence.
Moi je veux bien travailler ensemble, mais pas me faire marcher dessus avec des semelles orthopédiques.
Pharmacien :
— Mais on prend le relais quand vous êtes débordés !
Moi :
— Dé-bor-dés ?
Je fais 200 km par jour, 30 patients, 400 transmissions, 12 FSE qui plantent, un chien qui m’a couru après, et une patiente qui m’a demandé si j’étais célibataire.
Et toi tu me dis que tu prends le relais ?
Il ouvre la bouche.
Je l'interromps.
Pharmacien :
— Tof, on veut juste aider.
Moi :
— Alors aide… mais sans piquer notre boulot.
Parce qu’on n’a rien contre vous.
Mais là, vous vaccinez plus vite que nous on respire.
Et bizarrement, c'est toujours nous qui passons pour les râleurs.
Germaine ressort de derrière le rayon shampoings, ravie :
— Ça y est ! J’ai été vaccinée ! C’était rapide et j’ai même eu un bonbon !
Moi :
— Super, Germaine.
Et tu veux pas me ramener un doliprane aussi pendant qu’on y est ?
Le pharmacien me tend ma boîte d’Aquacel.
Je la prends.
Je souffle.
Moi :
— Allez. Bonne journée. Et laisse-moi quelques patients, hein.
Pharmacien :
— Je fais de mon mieux !
Moi :
— Oui. J’ai vu. C’est ça qui m’inquiète.
Je sors.
Je remonte dans ma voiture.
Je respire.
Et je me prépare mentalement à entendre la phrase maudite :
“La pharmacie m’a dit qu’ils pouvaient le faire aussi.”
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👉 Toute haine, attaque personnelle, dénigrement d’une profession ou propos irrespectueux sera supprimé.
👉 On peut rire, on peut débattre, mais toujours avec respect et déontologie.
👉 L’humour, oui. L’agressivité, non.
On est TOUS des professionnels de santé : on peut se taquiner, mais jamais se détruire.
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