11/12/2014
Un peu d'HISTOIRE
Considérée comme une science médicale récente la sophrologie est née en Europe, en Espagne plus précisément, détrônant ainsi l'esprit de compétitivité de l'Amérique. Elle fut fondée par le Professeur Alfonso Caycedo, psychiatre colombien. Le terme «sophrologie» a été proposé et accepté au cours d'une réunion mondiale de psychiatres, à Vienne en 1960. En 1958, Alfonso Caycedo entre à l'hôpital provincial, dans le service du Docteur Lopez-Ibor, grand maître espagnol de la psychiatrie et professeur à la faculté de Médecine de Madrid. Ici, il y pratique l'hypnose, crée le ler département d'hypnose clinique et de techniques de relaxation. Constatant des contradictions entre les résultats obtenus et les théories émises, il dira plus t**d :
«Peut-être n'existe-t-il dans l'histoire de la psychologie aucun genre de phénomènes qui ait subi une telle abondance d'interprétations. Depuis l'approche sérieuse et scientifique jusqu'aux conceptions les plus pittoresques ; depuis les observations et travaux réalisés par des prix Nobel de médecine jusqu'aux pamphlets de cinéma de terreur et aux mystérieuses appréciations émises par des scénaristes et charlatans professionnels» (A. Caycedo - Progrès en sophrologie - Barcelone - Image 1969). Bien que Caycedo se soit initié à l'hypnose clinique la plus pure, en outre, auprès du Docteur André Cuvelier, l'ambiguïté de la situation, le conduit peu à peu, lui et ceux qui pratiquent encore l'hypnose en Espagne, à l'abandonner et à revenir aux méthodes plus conventionnelles de la psychiatrie.
Deux difficultés se présentent à lui et à ses collègues : l'amnésie post hypnotique ainsi que le sommeil hypnotique sont quasiment impossibles à prouver alors que l'on constate, par ailleurs, que l'état de conscience du sujet s'est modifiée.
Après quelques tentatives pour modifier la terminologie, Caycedo décide de rompre avec la tradition et s'attache au terme de «sophrologie».
Toutefois, l'objectif de Caycedo est de créer une école scientifique étudiant la conscience humaine.
En 1960, donc il crée l'école sophrologique, composée par des représentants de différentes spécialités médicales exemples : psychiatres, gynécologues, stomatologues, pédiatres, chirurgiens, dentistes.
Il précisera son objectif en exprimant «la sophrologie doit être une école nouvelle regroupant non seulement les phénomènes appelés hypnotiques, mais aussi les techniques de relaxation: entraînement autogène de Schultz, techniques de Jacobson, etc... ainsi que tous les états voisins ou existe, selon nous, un profond dénominateur commun phénoménologique». (Cité par le Docteur Isasi dans Progrès en sophrologie).
C'est pourquoi Caycedo part en Suisse et devient l'assistant du psychiatre et phénoménologue : Ludwing Binswanger. C'est grâce, toutefois à sa rencontre avec sa femme française Colette passionnée par l'Orient et pratiquant le Yoga, qu'il élargira sa perception sur le sujet. La visite de l'Inde, du Tibet, et du Japon pendant 2 ans lui permettra de rencontrer les plus grands mystiques. Fasciné par les méthodes des Yogi, il écrira un livre : «La India de los Yoguis» (non encore traduit en France).
C'est auprès des Lamas Tibétains qu'il apprend d'autres méthodes que le Yoga.
Et c'est au Japon qu'il s'initie au Zen et à la méditation.
C'est à partir de ces découvertes qu'il mettra au point la relaxation dynamique qui comporte trois degrés successifs, plus un quatrième qui est la synthèse des trois premiers. Le ler degré a ses racines dans le Yoga, le 2e degré est inspiré du bouddhisme, le 3e degré est influencé par le zen.
De retour en Europe, Caycedo s'installe à Barcelone où il s'applique à étudier pendant 5 ans la relaxation dynamique au moyen de l'électroencéphalogramme. Ces travaux seront publiés dans la «contribucion al Estudio del EEG en sofrologia» (Barcelone, Publicaciones Universitarias, 1975).
Le ler congrès de sophrologie eu lieu en 1970 et réunit de nombreux représentants (1400) de 42 pays, à Barcelone. Ces médecins de toute origine (chinois, tibétains, yogi, hindous etc ... ) animèrent cette lère manifestation du rapprochement des médecines orientales et occidentales.
Grâce à la Société Centrale de Sophrologie installée à Barcelone, les écoles de différents pays ont le privilège d'expérimenter et de transmettre à leur tour les techniques, les indications et les contre-indications de cette science.
C'est en octobre 1975, que le second congrès mis en évidence et à l'épreuve l'entraînement sophrologique collectif. Il réunit les représentants de plus de 55 pays, à nouveau à Barcelone. Afin de prouver l'influence des séances sophrologiques sur tout individu, les représentants de cette manifestation décidèrent, après chaque séance, de se sophroniser.
Depuis, la sophrologie s'est considérablement répandue en Europe. Son utilisation est la plupart du temps thérapeutique.