Anima - Hypnose Angoulême

Anima - Hypnose Angoulême ANIMA - Hypnose Angoulême - est votre cabinet de thérapies brèves en Charente. Hypnose Ericksonnienne

Hypnose Ericksonnienne, PNL, DNR, coaching par Pierre Denier.

Je m'étais noté de regarder l'envol de Sophie Adenot -  vers l'espace à bord de SpaceX. J’écoutais les décomptes sereins...
13/02/2026

Je m'étais noté de regarder l'envol de Sophie Adenot - vers l'espace à bord de SpaceX. J’écoutais les décomptes sereins. A bord, quatre astronautes calmes, engoncés dans des tenues blanches, opéraient quelques réglages mystérieux du bout de leur index ganté sur une tablette futuriste.

Un décollage en direct. Soudain, les commentateurs se taisent, chacun retient sa respiration et les battements du cœur se font plus vifs. 45 secondes avant le décollage, plus aucun retour en arrière n'est possible. Silence. Décompte. "On y est, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1...".
Les réacteurs crachent des flammes, et lentement, la fusée se soulève dans un nuage de fumées et de vapeur, tandis que les moteurs éructent et arrachent la fusée au sol englué.

Un silence persistant, les premières minutes s'avèrent cruciales : est venu le temps de tous les dangers pour ces quatre explorateurs. Je pensais à leurs familles, à la fois heureuses et inquiètes, vivant, à cette heure fatidique,d'intenses émotions. Les explorateurs ont quelque chose de fascinant, de courageux, d'audacieux. Les décomptes épaississent l’atmosphère : égrener le temps qui reste accélère la pulsion de vie. Vite, dépêchons-nous de vivre !

Cela m'a rappelé une ancienne lecture, "de la terre à la lune" de Jules Verne, je lisais les bras tremblants, l'envol imaginé en 1865... "Qui pourrait peindre l’émotion universelle, arrivée alors à son paroxysme ?" - « 35 ! 36 ! 37 ! 38 ! 39 ! 40 ! Feu !!! -....- Une détonation épouvantable, inouïe, surhumaine, dont rien ne saurait donner une idée, ni les éclats de la foudre, ni le fracas des éruptions, se produisit instantanément. Une immense g***e de feu jaillit des entrailles du sol comme d’un cratère..."

Jules Verne l'avait imaginé, et nos cœurs battaient en créant des décors futuristes dans nos pensées sans limites. Aujourd'hui, mon cœur bat tout autant, en observant la réalité crue, à la fois proche et si lointaine du fabuleux roman. Peut-être que l’exploration spatiale ne mesure pas la distance aux étoiles, mais la fidélité de l’homme à ses rêves : que l’envol soit rêvé ou vécu, le cœur ne distingue pas la fiction du réel lorsqu’il s’élance vers l’infini.

Il existe beaucoup de courants spirituels prônant la pleine conscience. Vous savez, cet accueil inconditionnel de tout c...
11/02/2026

Il existe beaucoup de courants spirituels prônant la pleine conscience. Vous savez, cet accueil inconditionnel de tout ce qui est, en soi ou autour, une attention douce et non jugeante, aux pensées qui traversent l'esprit, aux émotions, à l'environnement. Bien sûr, quand j'observe attentivement ce qui est, en moi et autour de moi, j'oublie aussi, ce sur quoi je ne prête pas attention. La pleine conscience n'aurait donc rien à voir avec la quantité d'informations captées à chaque instant, mais davantage avec la qualité de présence et d'accueil de ce qui vient. Une qualité de présence qui ne s'attache pas, qui laisse passer sans s'accrocher. L’esprit Tefal, quoi.

Je me suis demandé ce que pouvait être l'opposé de la pleine conscience. Une conscience vide ou creuse ? Une pleine inconscience, quelque chose d'automatique, d'instinctif auquel on ne prête plus attention ? De temps en temps, j'aimerais bien vivre en pilotage automatique, ne me poser aucune question, ne m'accrocher à aucune peur... Ce serait reposant ! On appelle ça souffler, mettre son cerveau sur "off" et je connais beaucoup de personnes qui aimeraient bien vivre cet état d'inconscience plus souvent.

Il est possible que nous passions notre vie à alterner les états de pleine conscience et les autres... Sans le maîtriser vraiment, sans en avoir forcément pleinement conscience. Dans un cas, il faut s'accrocher à la volonté de vivre une expérience de pleine conscience pour ne plus... s'accrocher à ce qui est. Dans un autre, vivre l'expérience "d'être" pour ne plus subir tout ce à quoi on ne prête pas assez attention. Quel paradoxe, se concentrer sur ce qui est, sans volonté de le maîtriser, pour sortir de l'absence de contrôle, de l'absence de conscience qui teinte certains pans de nos vies.
Au fond, je crains que pour connaître la pleine conscience, il nous faille oublier de vouloir la vivre. Ça devrait passer tout seul...

De jolies pousses dans le jardin, les jonquilles, encore timides, sortent de la terre sombre. Des traits verts, tiges dr...
09/02/2026

De jolies pousses dans le jardin, les jonquilles, encore timides, sortent de la terre sombre. Des traits verts, tiges droites, enveloppant le délicat dont on devine l'éclat jaune. "Ce sont les beaux jours !" Une exclamation qui excite les neurones, ouvre le cœur et relâche les tensions. Dans quelques arbres, au bout des branches nues, des bourgeons apparaissent, leurs boutons frêles annoncent le réveil. Même les oiseaux s'égayent, une symphonie matinale accompagne le lever du soleil. "Ce sont les beaux jours !" Un élan de vie, une sève profonde jaillit des entrailles, la naissance de la clarté, du jour nouveau. Nous y sommes !

"Oh les beaux jours" est aussi le titre d'une célèbre pièce de théâtre de Samuel Beckett. Une femme apparaissait sur scène, de la terre jusqu'au nombril, elle parlait sans que personne ne l'écoute. Invisible, elle disparaissait, ensevelie peu à peu jusqu'au cou. Elle répétait sans cesse "Oh les beaux jours " tandis que le temps faisait son œuvre... Tragédie ironique, Beckett évoque ici le combat contre la mort, contre la mémoire qui s'efface tout en dénonçant un monde absurde et stérile. Et bien justement, ce combat commence ici, dans mon jardin, à observer les jonquilles pousser et comme Winnie dans la pièce, continuer de s'émerveiller et de célébrer ce qui vit, ce qui pousse, en dépit de la réalité souvent absurde qui nous entoure.

"Ce sont les beaux jours ! Ce sont les beaux jours !". Il paraît que certaines phrases, répétées, modifient l’état intérieur. Qu’elles finissent par ouvrir une brèche, même infime. Une expression qui rend heureux, qui insuffle la joie selon Hannah Fry, célèbre mathématicienne qui s'est penchée sur les énigmes du quotidien, de l'amour notamment. Se répéter ce mantra pour maintenir, tant que possible, un état positif. Personnellement, je n'ai pas besoin de me le répéter, je regarde les plantes pousser, je ressens la douceur de l'air, j'observe les grues dans le ciel, je mesure l'allongement des journées et... tout va bien". A ma façon je lutte, je résiste. Dérisoire sans doute. Mais si précieux…

La banette se remplit de brouillons, essais de textes, raturés, chiffonnés, déchirés. Réceptacle de mes espoirs, de mes ...
05/02/2026

La banette se remplit de brouillons, essais de textes, raturés, chiffonnés, déchirés. Réceptacle de mes espoirs, de mes idées, de tentatives d'exprimer un jaillissement, ma petite poubelle de bureau me connaît mieux que personne. Fidèle compagne depuis des années, elle accueille mon impitoyable sélection de mots, de phrases et accède aux cheminements tortueux de mes pensées.

Si je devais lui donner un nom, je l'appellerais Dorine, la confidente de Mariane dans le Tartuffe. C'est vrai que ma banette est silencieuse mais je plonge souvent à l'intérieur pour récupérer un morceau de papier malmené par mes humeurs. Un miroir, elle me renvoie mes errements, mes doutes, des lambeaux de possibilités, abandonnées, pour certaines, bien trop tôt. Je note beaucoup au crayon, des bouts de dialogue, des phrases, des citations, des questions surtout. Un brouhaha intérieur déposé à terre, dans ma fidèle décharge. Comme une délégation salutaire d'un trop plein que je ne peux contenir. Des papiers froissés, blancs, parfois de plus petits colorés, contenant des listes de disques à écouter, de livres à consulter, de calculs savants, de citations notées au gré de pages avalées. Un magma d'effervescence, un bouillonnement refroidi et soulagé par sa précieuse utilité. Des informations griffonnées au cours d'un échange, des "toutes douces listes", cochées et terminées.

Elle contient la masse de pensées, d'humeurs, de réflexions, d'idées que j'ai voulu retenir, garder quelque part pour m'en souvenir... et je la cache, sous le bureau, comme un objet vil qui ne mérite pas sa place. Quel paradoxe, elle reçoit la complexité, l'incertitude, et je la bannis, loin des yeux, du regard pour ne garder qu'une version toute propre, immaculée, simple, presque trop simple. La poubelle est un merveilleux outil alchimique, faire du bouillonnement complexe, une oasis de simplicité. Comme quoi, la clarté n’est pas première. Elle naît du désordre mis à l’écart. La banette ne cache pas la pensée : elle la rend possible. Au fond, penser, n'est pas supprimer le désordre, c'est plutôt lui trouver une place.

3 min.Au-dessus des articles en ligne, fleurissent de petits chiffres. Pas des nombres, seulement des chiffres compris e...
04/02/2026

3 min.
Au-dessus des articles en ligne, fleurissent de petits chiffres. Pas des nombres, seulement des chiffres compris entre 1 et 9. Des chiffres, quoi. 
Ils annoncent le temps de lecture estimé du texte concerné. A peine le temps de lire un titre accrocheur, d'avaler une photo, qu'il me faut juger en un rien de temps, s'il s'avère utile de consacrer 4 minutes ou non, au développement d'une information. 4 minutes ? Pfff, trop long ! Next ! Pas de chance, l'information suivante est précédée du chiffre 6...
6 minutes de lecture, 6 minutes de concentration, la plaie, moi qui ai tant besoin de souffler !

Imaginons que dans les librairies, les livres, romans et essais soient assortis du temps de lecture moyen. Un nombre exprimé en heures ou en centaines de minutes, là, juste à côté du nom de l'auteur. Ainsi, “Les Misérables” de Victor Hugo serait illustré par la mention 1350. 1350 minutes environ pour lire les trois tomes de l'œuvre. “Guerre et Paix” de Tolstoï flirterait avec les 2000 minutes, tandis que “L'étranger” afficherait un modeste 250. 

Et quoi... 4 minutes me font fuir ? C'est trop long pour moi ? Mais à quoi suis-je en train de renoncer ? A l'utilisation de mon cerveau, à l'accès à une connaissance plus approfondie, plus nuancée, au renforcement de mes capacités de réflexion ?

Évidemment, un temps de lecture n'est qu'une infime partie des temps bien plus vastes de résonances, de souvenirs qui vivent longuement dans nos mémoires, de compréhension durable d'un monde complexe. En utilisant une analogie, ce temps est un actif, un investissement personnel dont l'écho se fera sentir très longtemps après ces quelques minutes de lecture. Suis-je prêt à investir dans la compréhension d'un monde plus vaste ? Suis-je prêt à l'ouverture, à la surprise, à l'altération de mes certitudes ?  Ai-je le désir de nourrir la connaissance, la réflexion approfondie, la nuance ? Ou vais-je me gaver de titres et de vidéos distrayantes pour accéder au monde et y trouver ma place ?

Ce chiffre, discret, inutile, pose la question du choix : à quoi vais-je décider de consacrer mon temps, mon énergie et mes croyances ? Pilule rouge ou pilule bleue ?

Je la regarde dormir. Elle soulève légèrement le drap à chaque inspiration, on dirait que la nuit bat du cœur. Dans la c...
31/01/2026

Je la regarde dormir. Elle soulève légèrement le drap à chaque inspiration, on dirait que la nuit bat du cœur. Dans la chambre, un voile de lumière pastel, celle de la rue, une couleur orangée. Juste le souffle de sa respiration. La maison endormie. Le lit est chaud, douillet. Parfois, le parquet craque. Pas d'autres sons.

Je la regarde dormir et je pense à toutes ces années. Nos années. Des souvenirs remontent, très courts, fugitifs, ils s'enchaînent et forment une ronde, compacte, intense. J'aimerais la réveiller pour lui dire que je suis heureux de penser à elle, que je me sens bien, là, avec elle. Et je reste silencieux, immobile. Attentif et rêveur. Demain je lui dirai, ou j'oublierai. Dans mes souvenirs se mêlent des éclats de rire, le sien surtout, sa façon de replacer une mèche, ses hésitations devant la carte d'un restaurant, son regard si intense à la naissance de notre fille, et puis d'autres moments, sombres et heureux. Des petites choses incrustées dans ma mémoire, comme de minuscules diamants qui illuminent ma vie. Il me faut attendre la nuit pour les voir briller.

Je la regarde dormir et je la trouve mystérieuse, plongée dans ses rêves, dans ses secrets. On parle d'intimité mais je dois admettre qu'elle me surprend souvent, elle m'étonne. Je ne connais rien d'elle ou si peu. Elle m'échappe et pourtant, quel paradoxe, elle dort à mes côtés, soulevant tranquillement le drap à chaque inspiration. Dans la pénombre, je ne distingue que sa silhouette et surtout ce qui nous lie, un lien invisible qui semble prendre corps la nuit, comme une matière qui nous réunit. Et je ressens ce lien, comme le drap qui nous recouvre, la chaleur qui nous entoure. Je le vois si clairement dans la pénombre de notre chambre, que je n’ai plus besoin de certitudes pour le nommer. Il est là. Il existe. Faut-il des preuves de l’évidence ? Alors je la regarde dormir. Dans cette veille silencieuse, entre deux inspirations, sans tout à fait comprendre, je deviens le gardien du grand mystère. La nuit peut continuer de battre du cœur.

La saison des élections a commencé ! Des candidats, des propositions en cascade... Les locaux sont inaugurés. Des espace...
29/01/2026

La saison des élections a commencé ! Des candidats, des propositions en cascade... Les locaux sont inaugurés. Des espaces un peu trop grands, trop vides, décorés d'affiches sur lesquelles le candidat sourit, le visage rougi par le froid, seul ou en équipe, sur fond de ville ou de village. Des permanences comme on dit, s'alignant dans la même rue, le même quartier, rarement en périphérie. Des slogans courts, une gestuelle, des constats, des bilans, des slides. Face caméra, un sourire crispé ou placardant une triste mine en dénonçant les abus, les “gabegies” (il est joli ce mot, non ?) que "l'on a trop laissé passer".

A chaque fois que je regarde ces clips de campagne, je pense au Schpountz, à Irénée Fabre (Fernandel), un épicier se rêvant acteur qui récite le code civil en mimant le comique, le pensif, la crainte, la pitié... Des gestes et des sourcils expressifs, un public conquis.

Le samedi, au marché, de petits groupes se succèdent, brandissant un prospectus. Certains s'excusent d'être là, d'autres s'offusquent lorsque l'on décline l'offrande. Ça discute ferme : "Oui, ça aussi j’en ferai ma priorité !". Des sourires, la tête penchée pour mieux écouter, un air inspiré et des yeux qui se promènent tout autour pour vérifier la concurrence ou l’arrivée de Madame la Préfète. Évidemment, on aimerait rencontrer plein de gens, serrer des mains, convaincre, mais... mais il y a dans chaque marché, quelqu'un de plus insistant que les autres, qui a tant de choses à dire, de conseils à donner. On lit dans le sourire figé du candidat, dans les spasmes de ses jambes trop immobiles, dans son regard flottant, cette prière intime : "Seigneur, faites qu'il parte acheter ses poireaux ! Et qu'il vote pour moi !"

Par terre, des fascicules chiffonnés. On ne ramasse que les siens et on shoote dans les autres. Parfois, les candidats se croisent, des grands bonjour, du "respect républicain bien sûr". Et puis chacun balance sa blagounette au fromager du coin, pauvre témoin, acteur malgré lui d'une scène de guerre.

Et quand le marché se vide, il reste des candidats qui essaient. Maladroitement, parfois. Mais debout, au milieu du bruit et des poireaux. Merci à eux.

Marcher sur du sable mouillé. Un sable dur, tassé. Et sous la plante des pieds, laisser une drôle d'empreinte, des forme...
27/01/2026

Marcher sur du sable mouillé. Un sable dur, tassé. Et sous la plante des pieds, laisser une drôle d'empreinte, des formes longues, plus enfoncées au talon. Une vague approche, estompe la trace, puis repart aussi tranquillement qu'elle n'est arrivée. A chaque pas, la même danse, un va-et-vient permanent, un rythme apaisant, et ce qu'il reste du passage disparaît dans l'immensité de l'océan. Irrémédiablement. 

Dans ce mouvement, personne ne s'attache à l'empreinte. Juste marcher, respirer l'iode, sentir le froid de l'eau entre les orteils, les petits coquillages aussi. Le regard se pose sur l'horizon, frêle ligne embrumée, sur l'étendue plate de la plage déserte en cette saison. Marcher sur du sable mouillé, en hiver, seul au milieu des éléments, dans le vent, le froid piquant. Se sentir vivant, heureux, protégé sous un manteau chaud, les pieds rougis et blancs dans un peu d'eau, et les traces sous la plante des pieds s'effacent inéluctablement.

Observer les oiseaux volant à la surface de l'océan. De petits groupes, se protégeant les uns les autres. Une escadrille joyeuse, vive, virevoltant au gré des vagues molles. On dirait qu'ils marchent sur l'eau, qu'ils courent. Leurs ailes frôlent la surface de l'eau, formant une légère onde à chaque battement. Et je sens mon coeur palpiter de plaisir, et les oiseaux disparaissent au loin, emportés dans le diffus du brouillard.

Sur le sable, de petites bulles éclatent, pétillantes, transparentes, pures et fugaces. Partout ça vit. Tout respire, vibre. Et moi aussi. Alors je m'emplis d'air, inspirant furieusement par le nez, soufflant doucement par la bouche. Face à la mer, la tête levée vers le ciel, je respire, plus vivant que jamais. Je m'emplis de vie aussi et derrière moi, les vagues ont effacé mon passage. La lumière jaillit de l'océan et du ciel. Je scintille, je le sens. Un tremblement d'être dans le frémissement du vivant. 

Aucune trace de mon passage, qu'importe. Ici et maintenant, je suis vivant. Tellement vivant.

"T'es où ?" : Une question réflexe, apparue avec les téléphones mobiles. Les bruits de la circulation transforment le "t...
26/01/2026

"T'es où ?" : Une question réflexe, apparue avec les téléphones mobiles. Les bruits de la circulation transforment le "t'es où" en "t'es en voiture là ?" suivi d'un : "tu vas où ?"

On interroge beaucoup l’autre sur la place qu’il occupe, sur ses agissements, ce qu’il fait. Nos questions à l'autre tournent autour de la façon dont il occupe l'espace, sur l'existence visible, le réel comme on dit. Des questions directes ou parfois détournées : "je ne te dérange pas ?" invitant fortement l'autre à dire ce qu'il était en train de faire - ou ne pas faire - pour être - ou ne pas être - dérangé. Pour Michel Foucault, ce type de question convoque l'idée d'une surveillance banale, une oppression douce, presque sympathique, intégrée aux échanges ordinaires. Charmant...

C'est bizarre, la réponse à “t’es où” devient le moteur d'une conversation qu'on aurait peut-être voulue différente en appelant. J'avais une intention de prendre des nouvelles, de savoir comment l'autre allait et je lui ai demandé où il était. J'avais besoin de poser cette question dont la réponse, anecdotique, oriente fortement notre échange... Hartmut Rosa a beaucoup travaillé sur “l'hyper disponibilité relationnelle” où le lieu décide de la qualité d'une relation avant même que la relation n'advienne : « La modernité vise à rendre le monde toujours plus disponible, atteignable et maîtrisable. »

"T'es où ?" suppose une réponse. Un échange de données, comme une clé nécessaire à la compréhension de ce qui vient d'être dit. Il semblerait que l'on comprenne mieux l'autre, surtout s'il est proche, quand on le situe dans un environnement. Pourtant, selon Levinas, l'autre commence véritablement là où il échappe à toute mise en situation, à toute tentative de le comprendre par ces mêmes données.

En forçant le trait, il faudrait presque être quelque part pour être. Alors peut-être se souvenir que pour Heidegger, un être humain n'est pas un point dans l'espace mais davantage un être-au-monde. La question pourrait alors devenir "comment es-tu présent à ton monde, là, maintenant ?". Je crois que les réponses en seront autrement plus fécondes… il faudra, en revanche, prendre le temps d’écouter !


Je lisais récemment le témoignage d'un médecin de campagne, qui revenait, à l'heure de la retraite, sur ses quarante ans...
22/01/2026

Je lisais récemment le témoignage d'un médecin de campagne, qui revenait, à l'heure de la retraite, sur ses quarante ans de pratique. Du bon sens à l'état pur. Et beaucoup, beaucoup d'humanité. Une vie dédiée au service de l'autre. Des choix cornéliens, des priorités à gérer, des moments difficiles et puis d'autres plus heureux. Il a suivi des générations de familles, des nourrissons jusqu'aux centenaires. Son métier a évolué et "70% de son savoir a changé au cours de sa carrière". Comme quoi les certitudes d'un jour...

Dans ses propos, flotte une profonde humilité. Bien éloigné d'un syndrôme de toute puissance, il reconnaît le besoin d'échanger, de questionner, avec ses pairs, avec les infirmières, les ambulanciers. Aucune plainte, juste le constat d'une valse permanente et d'un plaisir non dissimulé à recevoir ses patients. Dans cet article, je retrouvais quelques enseignements des penseurs les plus anciens, les philosophes grecs notamment, qui réfléchirent sur ce que pouvait être une vie bonne. De la simplicité, des choix clairs, notamment sur ses priorités, et puis la décision de ne jamais s'installer dans une vérité figée, sclérosée. Insuffler la vie, la joie, le plaisir, remèdes imparables à la tristesse, aux humeurs sombres et à la dépression. Cela m'a fait du bien d'entendre cette voix, une voix qui agit au quotidien, discrètement, sans mise en scène, sans esbroufe. 

Au fond, des choix clairs et insuffler la vie consiste à répondre précisément à deux questions clés : Qu'est-ce qui compte vraiment dans ma vie ? Qu'est-ce qui me met en joie ?... Et se promettre d'honorer chacune des réponses dans une mise en mouvement, chaque jour, de la façon la plus appliquée et régulière qui soit. Rien de révolutionnaire. Rien de brillant ou de clinquant ! En tout cas, pas suffisamment pour faire les "punchlines" de nos influenceurs en bien-être.

Alors peut-être que la vie bonne ne se reconnaît pas à ce qu’elle promet, mais à ce qu’elle tient. À cette manière d’être là, jour après jour, au service de ce qui compte, sans bruit ni grand discours. Une fidélité discrète à l’essentiel. Et, au fond, cela suffit peut-être largement.

Le monde de la spiritualité n'échappe pas à la règle : il est sujet aux modes et tendances. Aujourd'hui,  des savoirs an...
21/01/2026

Le monde de la spiritualité n'échappe pas à la règle : il est sujet aux modes et tendances. Aujourd'hui,  des savoirs ancestraux s'habillent souvent de paillettes pour nous éclairer à nouveau. Et puis ça passera. Du moins, d'autres approches auront le vent en poupe et nous surferons de traditions en traditions, cherchant l'illumination sous toutes ses formes, picorant des idées, des philosophies chez les sages du monde entier. Je crains que les gourous des temps modernes soient davantage des experts en marketing et communication que des êtres pénétrés de sagesse et d'enseignements.

Chacun s'appuie sur une vérité, celle des neurosciences par exemple, nouvel outil "incontestable" puisque scientifique pour "expliquer" sans débat possible ce qu'est la conscience. De la même façon, la physique quantique, habilement maniée et légèrement manipulée servira de caution bien pratique à des approches parfois douteuses ou légèrement tirées par les cheveux.
Des mots apparaissent, des concepts fleurissent, de nouvelles collections comme dans les étagères de nos boutiques de vêtements. Le monde de la spiritualité est si riche d'ouvrages, de livres, de conférenciers, de films, d'oracles, de podcasts... Cela me donne le tourni. Personnellement,  j'ai l'impression d'être resté bloqué en décembre 2012 quand le monde devait s'effondrer. Depuis, chaque année réserve son lot de nouveautés, de pratiques et d'approches. Un chamane chasse l'autre et le monde de l'édition bat tous ses records de vente. Nous n'aurons jamais autant consommé pour nous illuminer. Quel paradoxe...

Et pourtant, derrière cette frénésie, se cache une quête juste, une profonde volonté de renouer avec l'harmonie, de trouver la paix, souffler, mieux se retrouver et vivre son épanouissement. Simplement.
Deux mille ans en arrière, ou au fond de l’Amazonie, je ne crois pas que les sages aient prôné l’accumulation des connaissances ou des objets. Leur enseignement relevait plutôt de l’art du dépouillement, de celui du silence. Revenir à ce qui, en soi, n’a besoin ni de paillettes, ni de preuves, ni de promesses. Juste une présence, ordinaire et vivante, où l’équilibre ne se vend pas mais se cultive.

Ce peintre en bâtiment maniait le pinceau comme personne. Une aisance et une précision exceptionnelles. Un virtuose du t...
20/01/2026

Ce peintre en bâtiment maniait le pinceau comme personne. Une aisance et une précision exceptionnelles. Un virtuose du travail bien fait. D'un coup de main, il recouvrait tout un pan du mur, sans aucune éclaboussure, sifflotant pour souligner son talent. Un génie à l'état pur.

Celui-là s'amusait des chiffres. Un jongleur arithmétique, perçant les grands mystères des mathématiques, à coups d'équations et de termes bien trop barbares pour moi. Il pouvait rester concentré des heures entières, diluant son intelligence dans la résolution de problèmes complexes. Même le soir, ou dans le métro, son esprit calculait à son insu. Il fallait le voir, subitement figé, perdu quelque part dans ses formules, le regard fixe. Il était doué.

Et puis ce cuisinier, compositeur en épices, spécialiste des saveurs, alchimiste des matières et des explosions en bouche. Avec lui, une purée de pommes de terre s'habillait de légèreté, nous emportait dans les souvenirs d'enfance, un tourbillon d'émotions enfouies nous projetait dans la cuisine d'une grand-mère aimée.

Que dire de cet ingénieur, rigoureux, précis, fiable dans ses décisions, fin préparateur de projets ambitieux. Plusieurs longueurs d'avance, il anticipait, résolvait, solutionnait chaque écueil. Une dextérité fascinante dans l'utilisation de ses logiciels, et puis un esprit clair..

Cette professeure, amoureuse de son métier, pédagogue, exigeante dans son approche. De l'enthousiasme avec les élèves, la passion de la transmission, de sa matière aussi. Toujours en éveil, toujours présente.
Ce sportif, devenu professionnel, si jeune, empli d'ambitions, de volonté et de détermination.

Des "talents" comme on dit. Des personnes inspirantes, pétries de dons, de capacités, comme vous, comme nous. Des parcours parfois complexes, contrariés aussi. Mais toujours la volonté de chercher et mettre en valeur ses capacités, de les débusquer pour les honorer, les entretenir, les faire vivre et les offrir au monde. Reste alors ce mouvement intérieur : apprendre à découvrir ses propres dons pour les faire vivre et les offrir au monde qui n'attend que cela. 

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Angoulême
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