13/02/2026
Je m'étais noté de regarder l'envol de Sophie Adenot - vers l'espace à bord de SpaceX. J’écoutais les décomptes sereins. A bord, quatre astronautes calmes, engoncés dans des tenues blanches, opéraient quelques réglages mystérieux du bout de leur index ganté sur une tablette futuriste.
Un décollage en direct. Soudain, les commentateurs se taisent, chacun retient sa respiration et les battements du cœur se font plus vifs. 45 secondes avant le décollage, plus aucun retour en arrière n'est possible. Silence. Décompte. "On y est, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1...".
Les réacteurs crachent des flammes, et lentement, la fusée se soulève dans un nuage de fumées et de vapeur, tandis que les moteurs éructent et arrachent la fusée au sol englué.
Un silence persistant, les premières minutes s'avèrent cruciales : est venu le temps de tous les dangers pour ces quatre explorateurs. Je pensais à leurs familles, à la fois heureuses et inquiètes, vivant, à cette heure fatidique,d'intenses émotions. Les explorateurs ont quelque chose de fascinant, de courageux, d'audacieux. Les décomptes épaississent l’atmosphère : égrener le temps qui reste accélère la pulsion de vie. Vite, dépêchons-nous de vivre !
Cela m'a rappelé une ancienne lecture, "de la terre à la lune" de Jules Verne, je lisais les bras tremblants, l'envol imaginé en 1865... "Qui pourrait peindre l’émotion universelle, arrivée alors à son paroxysme ?" - « 35 ! 36 ! 37 ! 38 ! 39 ! 40 ! Feu !!! -....- Une détonation épouvantable, inouïe, surhumaine, dont rien ne saurait donner une idée, ni les éclats de la foudre, ni le fracas des éruptions, se produisit instantanément. Une immense g***e de feu jaillit des entrailles du sol comme d’un cratère..."
Jules Verne l'avait imaginé, et nos cœurs battaient en créant des décors futuristes dans nos pensées sans limites. Aujourd'hui, mon cœur bat tout autant, en observant la réalité crue, à la fois proche et si lointaine du fabuleux roman. Peut-être que l’exploration spatiale ne mesure pas la distance aux étoiles, mais la fidélité de l’homme à ses rêves : que l’envol soit rêvé ou vécu, le cœur ne distingue pas la fiction du réel lorsqu’il s’élance vers l’infini.