Anima - Hypnose Angoulême

Anima - Hypnose Angoulême ANIMA - Hypnose Angoulême - est votre cabinet de thérapies brèves en Charente. Hypnose Ericksonnienne

Hypnose Ericksonnienne, PNL, DNR, coaching par Pierre Denier.

La langue tirée sur le côté, pointue, les lèvres serrées et la tête penchée en avant. Elle s'applique à découdre un ourl...
26/03/2026

La langue tirée sur le côté, pointue, les lèvres serrées et la tête penchée en avant. Elle s'applique à découdre un ourlet, concentrée à l'ouvrage, impliquée. Des gestes précis, des doigts grossis par les années et déformés par l'arthrose. Elle manie habilement le découseur et use savamment de sa drôle de forme, coupant net les fils récalcitrants et libérant les étoffes dans un relâchement mou. Appliquée, concernée, chantonnant un air sans mélodie, inarticulé.

Sur le bout du nez, des lunettes pour voir au plus prêt. Vertes pour changer un peu, pour apporter de la couleur. Vertes comme ses yeux, si clairs. Elle est belle, ses cheveux blancs ramassés en chignon, comme un sommet enneigé au plus haut des monts, comme l'écume sur la crête des vagues. Concentrée, les mains tournant autour de l'ourlet défait, pliant et repliant, tournant et retournant. Le cœur à l'ouvrage comme on dit. Plongée dans sa bulle, aucun son ne l'atteint, rien ne perturbe le calme de ses épaules immobiles, arrondies par le poids du passé. Des gestes répétés maintes fois, encore et encore, faiseuse de vêtements pour la famille, pour faire des économies. Et ce bruit d'une machine cousant au kilomètre les chemises de coton, de l'aiguille qu'on relève, de la bobine dans sa ronde endiablée.

Des vestes, pour elle maintenant, des chemisiers, de l'audace dans les tissus, et toujours sa langue tirée pour guider le fil, des heures de pratique, de silence, de marmonnement. De méditation attentive. De pensées profondes, j'imagine. Des cadeaux, petits sacs et trousses, le plaisir de faire plaisir. Et toujours le cœur à l'ouvrage, l'esprit posé sur le geste, une ascèse de mouvements, et les doigts endoloris dansent tout autant. Parfois de l’agacement dans un soupir trop long. Réfléchir, songer. Et faire de ses mains. Pour ne pas trop penser. Ou penser bien. Des patrons ordonnés, classés, d’anciens magazines, des styles, des tissus, des fils dorés, tant d’aiguilles. Et toujours le même soin, ultime perfection de l’intention : bien faire les choses. Merci Maman.

Je lisais récemment un article sur les vertus de la fragilité. Une ode à la subtile délicatesse, à l'évolution permanent...
25/03/2026

Je lisais récemment un article sur les vertus de la fragilité. Une ode à la subtile délicatesse, à l'évolution permanente, au changement constant et à l'incertitude de l'évolution. Quelques années en arrière, le culte de la force, de l'invincibilité renforçant une confiance à toute épreuve était largement mise en avant, dans le monde des affaires, au cinéma. Ce culte concernait également le domaine du développement personnel inspiré du monde de l'entreprise et du sport. Fort heureusement, les choses ont changé car la vulnérabilité a peu à peu gagné ses lettres de noblesse. Dans les discours en tout cas. 
En effet, dans le monde de l'entreprise par exemple,  il s'avère toujours périlleux d'aborder les points de fragilité. Ces derniers seront considérés comme axes d'amélioration et pourraient même faire l'objet d'objections ou de refus. On mettra en œuvre une formation pour aller dans le bon sens, un coaching pour améliorer tout cela. Dans le monde réel, une fragilité est encore destinée à être réparée. Annulée. Éradiquée.

Et pourtant... Seule la fragilité crée le lien. C'est une porte ouverte sur l'autre, pour tendre la main et faciliter l'échange, l'interaction. Le puissant n'a besoin de personne, à moins qu'il soit aussi un peu fragile tout seul ! 

Pour Descartes, la fragilité s'illustre dans la dignité du "roseau pensant", si vulnérable face aux éléments mais conscient, prodigieusement conscient de son existence. Quand fragilité rime avec esprit...

Pour Lévinas, la fragilité est aussi ce que l'on perçoit chez l'autre et nous oblige - dans le meilleur des cas - à prendre soin de l'autre. Sans fragilité, la morale ne serait que intention.Hypocrisie, quand tu nous tiens. La reconnaissance de la vulnérabilité de l'autre m'élève dans mon humanité.

Enfin, pour Heidegger, notre existence est fragile, irrémédiablement fragile puisqu'elle s'inscrit dans la finitude. Et tout cela, paradoxalement, renforce le précieux de nos vies. Le précieux de la vie se manifeste par la fragilité de l’existence.

Peut-être qu’au fond, explorer notre fragilité nous autorise à être humain, avec ce que cela suppose d’inachevé, de vulnérable et de profondément vivant. Tellement vivant.

Entrons dans l'intimité des génies. Plongeons-nous dans les textes, les poèmes, pensées profondes de ces esprits éclairé...
23/03/2026

Entrons dans l'intimité des génies. Plongeons-nous dans les textes, les poèmes, pensées profondes de ces esprits éclairés qui nous ont précédés. Fréquentons l'intelligence, la beauté d'une prose, la résonance d'une rime, sonore et émouvante. Laissons-nous mener par la danse des vers, des fulgurances qui éclairent notre présent. Goûtons la profondeur d'un récit, d'un rêve traversant les siècles pour toucher encore une partie infime de nos cœurs. Dégustons la complexité d'une réflexion, apprenons à naviguer dans la sinuosité abrupte d'un philosophe, savourons la portée des textes passés, de ces penseurs qui éveillent - ou réveillent - notre compréhension du monde. Écoutons le chant de ces comtes, des mythologies, des antiques enseignements. Cultivons l'appétit du complexe, du différent, de ce qui dénote, n'entre pas dans les cases, de ce qui nécessite effort et humilité. Entraînons nos cerveaux à penser, réfléchir, dans le fond, dans le fond du fond, à cultiver une réflexion, à contre-courant parfois.

Fréquentons les génies pour nous laisser imprégner - au moins un peu - de leurs lumières, faisons-nous buvards assoiffés des flamboiements qui transforment nos regards sur le monde, qui interrogent et libèrent des certitudes étouffantes, des raccourcis bêtifiants. Redécouvrons l'apprentissage et la restitution d'une pensée profonde, faisons-la nôtre, comme une matière vivante, en transformation, une substance qui se façonne pour ceux qui s'y abandonnent. Que l'effort de déchiffrer un enchevêtrement de mots et de phrases nous touche en plein cœur, la réjouissance d'un voyage, d'une découverte intime et cheminer, libéré, robuste dans un monde malmené et chaotique. Apprécions l'humilité du pas, serein, et puissant, loin de toute performance, laissant de côté la facilité, l'optimisation, le spectaculaire - et médiocre - chant des sirènes. Continuons à relever les manches, le buste et la tête et buvons à la source... Faisons-nous racines, pérennes et solides, davantage que feuilles, flamboyantes et ballotées par le vent. Délaissons un peu les écrans, les réseaux, vidéos et punchlines, et courons nous baigner dans les rivières de livres que sont nos bibliothèques !

Un grand ciel bleu pour célébrer le printemps. Pouvait-on rêver mieux ? Des bourgeons, des boutons de vert et d'or, peti...
20/03/2026

Un grand ciel bleu pour célébrer le printemps. Pouvait-on rêver mieux ? Des bourgeons, des boutons de vert et d'or, petites têtes naissant des branches. Et puis l'horizon s'éclaircit, se revêtant de rose et d'ivoire. Au petit matin, le jour siffle son arrivée, un trait de lumière fendant les volets, une joie subtile nous cueille au sortir de la nuit. Il est l'heure du printemps, des sérénades passionnées de mésanges, rouges-gorges ou verdiers sous l'oeil placide de tourterelles enlacées. L'hiver s'étend encore dans la fraicheur des bises. La chaleur du jour réchauffera les cœurs. Assurément, c'est le printemps.

Dans les jardins, s'activent les gendarmes, sur les troncs, en grappes mystérieuses, ils s'unissent dans l'élan d'une nouvelle saison. Il était temps ! Sous leur manteau rouge et noir, en procession ordonnée, ils accompagnent l'ascension irrésistible, celle de la vie et de la sève. Les roses explosent de couleurs, les mimosas s'habillent de vert, reprenant un souffle salvateur juste après l'éclosion des fleurs. Jaillissement et inspiration, délicate suspension, toute à la naissance d'une nouvelle saison. 

Dans l'atmosphère, des envies, des sorties, goûter la douceur des jours, se délecter des sourires et des regards. Surtout vivre au grand air, souligner les heures, toujours, s'ouvrir au mystère, au grand Tout sans crier gare. Le coeur débordant d'énergie, de fureur, remercier l'hiver et sortir de la torpeur. Il est l'heure de se réjouir, assurément, c'est le printemps !

Il existe une expérience fascinante que l'on peut s'offrir à moindre frais : entrer dans un magasin, passer un temps agr...
19/03/2026

Il existe une expérience fascinante que l'on peut s'offrir à moindre frais : entrer dans un magasin, passer un temps agréable à fouiner et ressortir sans avoir rien acheté. Pas seulement parce que la fin de mois est difficile mais parce qu'on l'a décidé avant d'entrer dans la boutique. On a choisi de flâner, pour le simple plaisir de flâner. Observer toutes ces jolies choses qui font envie en sachant qu'une envie passe, comme tout le reste. Une puissante expérience où l'on découvre le pouvoir de la volonté, de la légèreté, de l'impermanence des pulsions, et qu'une envie satisfaite ne disparaît pas pour autant.

Lorsque je sors d'une librairie sans avoir acheté un livre ou un énième carnet, je me sens fort, heureux et satisfait. Fort de ma légèreté, celle de ne pas dépendre d'un bien, celle de ne pas m'attacher à la possession d'un roman. Heureux de ne pas allonger ma liste de bouquins à éplucher et satisfait, surtout, d'avoir éteint une pulsion d'achat, une compensation à je-ne-sais-quel imbroglio d'émotions. Il arrive même que je me réjouisse de ma frustration. Elle existe et je lui survis. Elle existe et elle ne me domine pas... De toute façon, dans une heure, j'aurai oublié l'objet de mes convoitises. Tout passe. Vraiment, tout passe.

Bien sûr, je n'incite pas à vivre une expérience masochiste, mais juste sentir à quel point toutes nos pulsions, que l’on nomme envie — ou parfois besoin — ne sont que passagères, intenses certes, mais passagères. Elles repartent comme si de rien n'était, se dissipent dans le brouillard des pensées. J'essaie de ne pas trop m'attacher à mes pulsions, d'achat notamment, de ne pas les transformer en maîtresses de mes humeurs. Elles ne laissent aucun répit et reviennent, encore et encore. Chaque jour, fidèles au poste. Survivre à une pulsion, c'est laisser la place à une certitude, celle que l'on n'est pas seulement l'objet de nos humeurs. Qu'il existe une possibilité d'harmonie entre deux souffles, entre deux tempêtes. Certains parleront de sobriété, j'y vois davantage la force d'une légèreté : retirer toutes ces couches d'habitudes mortifères pour apprendre à se découvrir... en toute simplicité.

Je voyais ses doigts s'agiter sur le volant. Dans sa voiture, elle dansait, les épaules, les bras, un peu la tête. Ses l...
17/03/2026

Je voyais ses doigts s'agiter sur le volant. Dans sa voiture, elle dansait, les épaules, les bras, un peu la tête. Ses lèvres articulaient un message, la bouche ouverte, elle chantait, ou criait, je n'entendais rien bien sûr. Je l'observais dans mon rétroviseur. Le soleil illuminait son visage, comme un trait de lumière la désignant. Ses cheveux s'agitaient, en cadence, seule dans son monde, elle attendait que je démarre.

Devant, je devinais la silhouette d'un homme, seul, agripé au volant, fixant furieusement le feu. Les épaules rentrées, comme lovées sur l'arrondi du volant. Prêt à bondir, un fauve dans sa cage. Sur la vitre arrière, un auto-collant m'avertissait de la présence d'un bébé à bord. Et puis un autre sur lequel était inscrit "gouffre de Padirac". Quand la voiture se transforme en livret de famille ou carnet de voyage...

A gauche, un autre homme, en chemise ouverte, un doigt dans le nez. Un doigt curieux, qui furte, désespérement trop court, mais agile et pugnace. Une application, un acharnement. Pas de répi pour la narine devenant terrain de jeu, champ d'exploration. Parfois le doigt ressort, la main disparait plus bas, puis revient à l'assaut. Ardemment.  Mon Dieu, quel forage !

Et dans tout cela, le soleil couchant, des teintes chaudes roses et jaunes. Des pare-soleil baissés, des fronts zébrés, des taches sur le pare-brise, un réservoir à lave-vitre encore vide, il me faudra penser à le remplir. Des mouvements un peu partout et puis, des détails, un foisonnement de vies, disparates et semblables. Les voitures sont un univers, intime, intérieur, vitré et accessible du dehors. Quand le dedans se dévoile, l’humanité entière semble proche, si proche. Et mon voisin, ma voisine, dans sa cellule de fer et de verre pénètre mon antre pour devenir une partie de mon expérience, de mon passage. Interconnectés, n’est-ce pas ? 

Pour Rimbaud, “Je est un autre”, tous les autres, même. Tous ceux qui, en cet instant, touchent mon intimité en dévoilant la leur. Des univers différents et si familiers. Et dans ce bref moment d’attente au feu rouge, dans ma coque protectrice, quelque chose cède. Je ne suis plus seulement moi. Je deviens un peu de tous les autres.

Ma vie parisienne remonte à si loin ! Les années ont passé, les liens avec les amis d'alors se sont dissipés. Une mauvai...
16/03/2026

Ma vie parisienne remonte à si loin ! Les années ont passé, les liens avec les amis d'alors se sont dissipés. Une mauvaise habitude : moins s'appeler, moins se voir. Chacun s’est concentré sur de nouveaux horizons, les enfants, le boulot, les épreuves de la vie... Peu à peu, ceux qui partageaient les moments festifs, les jours sombres et lumineux, les amis de cœur, deviennent des amis éloignés de l'intime. Les confidences d'antan ont laissé la place à un silence de plus en plus persistant. Alors on se promet de se revoir, de passer quelques jours ensemble. Et puis des petits quelque chose que l'on remarque, des trois-fois rien, c'est juste un peu différent. Ça ne ressemble pas tout à fait à ce que l'on espérait. On ne rit plus des mêmes choses. On évoque nos priorités, eux les leurs. On ne se comprend plus vraiment. Ce n'est pas grave, l'estime est intacte, on reste fidèle à cette belle amitié, celle d'avant, et on se jure, cette fois-ci, de se donner très vite des nouvelles. Et puis, et puis, rien...

Je ne sais pas si la distance a dilué l'amitié. Mais comme en amour, sans doute, la relation peut évoluer au fil des années. Ce sont des choses qui arrivent. On s'aimait beaucoup et on a laissé passer le temps. On a oublié de se dire que l'un comptait pour l'autre. On a oublié de s'inviter parce que trop loin, trop long, trop compliqué. On a oublié de laisser une place à ceux qui comptaient tant, par facilité, parfois par orgueil, une fierté idiote d'attendre que l'autre appelle en premier... Des détails qui parasitent et assèchent le cœur. 

Dans "les 5 regrets des personnes en fin de vie", Bronnie Ware rappelle à quel point, ne pas avoir su entretenir des liens avec les amis constitue un poids et un regret sincère au seuil de la mort. Comme un goût d'inachevé et la sensation que cela aurait pu être différent. Des petits arrangements, des évitements.. : autant d'assauts qui érodent, à force, les liens d’intimité. Les amitiés ne disparaissent pas toujours dans le chaos des ruptures. Souvent, elles s’effacent doucement, sous l’effet de silences répétés. Jusqu’au jour où il ne reste plus qu’un souvenir tendre… et le sentiment amer qu’un simple appel aurait suffi...

Pédalant comme un forcené sur mon vélo, j'observe tout autour, les athlètes déambuler dans les allées de la salle de spo...
13/03/2026

Pédalant comme un forcené sur mon vélo, j'observe tout autour, les athlètes déambuler dans les allées de la salle de sport. Impressionnant. Des biceps, des épaules, une démarche chaloupée, casque vissé sur la tête. Une nonchalance entre deux efforts, une récupération tranquille, rien ne presse. Quelques pas, les mains sur les hanches, les yeux fixés sur le sol, ils tournent autour de l'appareil en respirant profondément. D'autres restent assis, fouillant leur téléphone, à la recherche d'une vidéo, d'une musique ou d'un coaching.

Ici règne une tranquillité troublée par les sons stridents des hauts-parleurs. Une musique hystérique qui contraste avec l'attitude sereine des sportifs. Je suis le seul à m'agiter et transpirer autant. Les autres maîtrisent. Fini de marcher, en position ! Les gestes se font précis, méticuleux, appliqués. Des mouvements réguliers, des corps pliés, les visages rouges. Des tonnes de fonte se déplacent, des efforts, des tensions. Comment font-ils pour bouger tant de poids ? Quelle force les anime ? Aveuglé par les gouttes de sueur perlant dans mes yeux, je distingue l'intensité farouche, une pulsion explosive, un volcan caché sous l'apparente langueur. Bergson aurait parlé de l'élan vital, une poussée intime, qui jaillit, soulève et anime la matière, “une sorte de puissance interne qui se traduit par des actions”. Dans cette salle, traversée par les contrastes, différences de corps, explosivité de l'effort, apathie des récupérations,  je découvre la matérialisation d'une intention - l'image du corps ou la volonté de l'entretenir - en haltères concrètes. Ici, la projection se fait matière, se densifie. Ici, le big bang se rejoue à chaque instant.

Peut-être que l’univers entier fonctionne ainsi. Une poussée invisible cherche une forme, insiste, recommence, se heurte à la matière jusqu’à ce qu’elle cède un peu. Dans cette salle de sport comme ailleurs, l’élan vital ne fait peut-être que cela : transformer patiemment l’intention en mondes. Le corps devient cet atelier où les volontés se densifient. Ce que je vois ici, depuis mon vélo, n’est peut-être rien d’autre que cela : des idées qui s’entraînent à devenir réelles.


Un tremblement faisait voguer la table. Un séisme discret, une saccade et le café dans la tasse se nappait d'ondes silen...
11/03/2026

Un tremblement faisait voguer la table. Un séisme discret, une saccade et le café dans la tasse se nappait d'ondes silencieuses. On aurait dit la puissance d'une basse, les pas du tyrannosaure résonant dans la mare du Parc Jurassique. Que se passait-il ? Tout semblait calme à l'horizon. Ni guerre, ni bombe, les arbres au loin restaient droits. Le soleil, radieux, inondait la pièce et les oiseaux sifflaient les jours heureux. Que se passait-il ? Un grondement faible accompagnait le mouvement. Et les objets sur la table vacillaient mollement, comme dérangés dans leur quiétude, se cognant les uns contre les autres. Une force agissait et, comme la houle, soulevait le plan de travail devenu radeau, fragile et léger. Pourtant les murs autour restaient calmes, dignes, sereins dans leur immobilité. 

Un affolement montait du sol, agitant par soubresauts spasmodiques le bureau sur lequel je travaillais. Impossible de se concentrer. Les heurts en cascade froissaient les papiers entassés, la lumière hésitait, barguignant depuis la lampe branlante. Que se passait-il ? On aurait dit la cavalerie, celle qui s'annonce à l'échographie d'un ventre arrondi, celle qui se devine sous un nuage de poussière dans les plaines du far west, celle qui accompagne l'entrée d'un train en gare. Un grondement venu des entrailles, du plus profond. Celui qui se ressent dans tout l'intimité. Du reste, maintenant que j'y prête attention, tout mon corps suit la cadence, une fréquence vibrant dans chaque cellule. Surtout mes épaules, surtout mes bras.

La radio, derrière, crachait ses informations. D'une oreille distraite, j'écoutais, cherchant une éventuelle secousse dans la région. Non, rien de tout cela. Rien de particulier. Le soleil brille, le printemps, insolent, balaye l'hiver d'un vent venu du sud. Rien de grave vraiment. A part ces guerres, ces familles déchirées, des bombardements incessants, des discours tonitruants, des condamnations, le son des canons, enfants terrorisés, autoritarisme affolant... Ici tout va bien, aucun séisme. Mais le monde tremble au loin et la secousse se propage jusqu'ici, dans ma jambe, nerveuse, affolée par le chaos. Même immobiles, nous tremblons avec lui.

Vous arrive-t-il de refaire le match ? Une discussion passée, répétée encore et encore dans le théâtre de l'esprit ? J'a...
10/03/2026

Vous arrive-t-il de refaire le match ? Une discussion passée, répétée encore et encore dans le théâtre de l'esprit ? J'ai vécu cela récemment, un entretien professionnel avec une personne aux idées bien arrêtées (arrêtées en cours de maturation à mon humble avis). J'ai tellement été surpris que je me suis davantage concentré à garder mon calme plutôt que de chercher à argumenter. Je pense qu'à ma veine sur le front, il a senti mon exaspération. Bref.

Les jours suivants, en taillant mes figuiers ( les fameux), en cuisinant, en faisant du sport, j'ai songé à cet échange lunaire. J'y ai beaucoup pensé même, incapable que j'étais de passer à autre chose.

Et j'ai refait le match, dans ma tête, démontant un par un tous ses propos, lui prouvant par A + B à quel point son avis manquait de profondeur, que quelques-uns de ses propos étaient assortis de légers ou de grossiers mensonges. Je le mettais KO. KO debout avec des phrases implacables et des contre-arguments solides comme le granit. Revivre la discussion sous un angle plus favorable aurait pu me faire du bien, mais non, au fil de ces heures de ressassement, me sont apparues d'autres "tricheries" et perfides attaques : refaire le match m'a plongé dans des prolongations fort désagréables. C'est sûr, j'aurais préféré "passer à autre chose" comme on dit et même les occupations physiques n'ont pas su m'éloigner du tourment.

Que s'était-il donc passé ? Ce type m'avait énervé, c'est certain. Mais avec un peu de recul, je crois que ce n’était pas tant cet échange qui me tenait prisonnier, mais ce qu’il venait heurter en moi. Refaire le match n’était qu'une tentative maladroite de rétablir un ordre intérieur mis à mal. Platon et sa caverne, nous rappelle que nous souffrons des jugements que nous portons sur les évènements, et le développement personnel invite à observer ces jugements plutôt qu’à s’y enliser. Peut-être que « passer à autre chose » ne consiste pas à effacer l’épisode, mais à accepter qu’il ait révélé une limite : celle de mon besoin d’avoir raison, d’être reconnu, ou simplement entendu. À cet endroit précis, le travail commence — non pas contre l’autre, mais avec soi... et pour soi.

Ulysse, intrépide aventurier, héros de la résilience, rusé, déterminé à rejoindre son cher Ithaque. Pénélope, la femme a...
09/03/2026

Ulysse, intrépide aventurier, héros de la résilience, rusé, déterminé à rejoindre son cher Ithaque. Pénélope, la femme aux mille patiences, fidèle et prodigieusement intelligente mènant un âpre combat psychologique. Quel couple ! Quelle ténacité ! Un amour indéfectible résistant aux assauts du sort, aux tempêtes infernales durant vingt longues années d'Odyssée commune. Un couple séparé, certes, à distance, chacun de son côté, mais porté par la même intensité.

Parfois, je m'amuse à imaginer ce qu'a pu devenir leur vie, lorsque, enfin rassemblés, ils vécurent ensemble sur leur île. Vous savez, ce quotidien simple, le train-train, celui qu'Homère n'a pas jugé utile d'écrire, quand les deux héros se posent  et regardent le même horizon... Ulysse donnerait-il des conférences, des séminaires ou des enseignements sur son aventure ? Se poserait-il dans son jardin, pêcherait-il tranquillement ou courrait-il un peu partout pour assouvir sa curiosité ? Pénélope, animerait-elle un cercle de parole ?  Resterait-elle dans son coin à broder, ou profiterait-elle du retour de son mari pour vivre ses propres aventures, ses expéditions dans le vaste univers terrestre ou imaginaire ? Comment s'aprivoiseraient-ils pour vivre la simplicité du jour et se réjouir du temps partagé ? 

Je leur soupçonne beaucoup de sagesse et je les imagine sereins, ayant traversé tant d'épreuves qu'ils savent que rien ne dure, que tout passe sauf peut-être, une foi en la vie, en l'autre. Un je-ne-sais-quoi qui tire le regard vers l'or des étoiles, une capacité à surmonter les défis de l'existence, pas après pas, souvent patiemment. Ils se souviendraient que l'insurmontable d'hier a été vaincu et qu'au fond réside, une puissance lumineuse qui ne cherche qu'à jaillir. Qu'il s'agit alors de l'accueillir en toute circonstance, d'en faire un trésor de guerre que rien, ni personne ne saurait leur retirer. J'espère qu'ils seraient heureux ensemble dans l'ordinaire de l'existence, "heureux qui comme Ulysse et Pénélope ont fait un long voyage...".

Lorsque je deviens anxieux, il arrive que je me compare. C'est bête, je le sais, mais profondément humain. Je regarde ce...
06/03/2026

Lorsque je deviens anxieux, il arrive que je me compare. C'est bête, je le sais, mais profondément humain. Je regarde ce que font les autres, ce qu'ils expriment. J'interprète leur aisance, leur facilité et je me dis que "décidément, le chemin est encore long". 

J'observe une image, un texte, une vidéo, produite dans un but de communication. De performance si l'on veut. Et j'en déduis tout un tas de conclusions. Je compare alors mon vécu intérieur, dans ses dimensions de chaos et de doutes, à toutes ces représentations extérieures, images polies et fixes. Combat inégal s'il en est, entre une vérité complexe et une apparence simplifiée.

Pour Spinoza, le désir de "persévérer dans notre être" - le fameux "conatus" - c'est la puissance intérieure qui nous est offerte pour cultiver notre capacité d'agir et de penser. Et comparer notre unicité ne consiste en rien d'autre que de nier notre propre nature. Einstein le rappelle en ces termes : "Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide".

A en croire Jean-Paul Sartre, si "l'existence précède l'essence", alors il n'y a aucun modèle établi à poursuivre, aucune case dans laquelle se contraindre ou se conformer. Incarner la liberté pure, voilà le cœur du cœur. Aussi, comparer l'étendue de vastes libertés n'aurait aucun sens, cela reviendrait à estimer la valeur de deux infinis. Alors j'essaie de me réconforter à l'intérieur de ma "citadelle intérieure", ce noyau intime, cher à Marc Aurèle. Observer ce qui vibre, ce qui nourrit, laisser entrer ce qui est bon et garder au-delà tout ce qui pourrait nuire. Une véritable base arrière, suivant le pas des avancées et des conquêtes, aucun repli, juste la certitude d'un appui solide en cas de danger.

Enfin, dans les jours de doute, me souvenir des enseignements d'Héraclite et de Bouddha, telle la rivière, "tout coule", et dans ce mouvement perpétuel, il serait vain de comparer deux vagues provenant du même océan. Alors dans ces temps, je me coupe du bruit extérieur et dans une mise en mouvement joyeuse, je m'ouvre à l'immensité salvatrice de l'océan..


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