10/04/2020
Bonjour. Après 10 jours d'intériorité et pour continuer dans le sens de la précédente publication, me voici de retour pour partager avec vous des infos pratiques concernant les violences intrafamiliales.
Mais d'abord une petite intro, histoire de se situer.
D'après l'anthropologue Philippe BRENOT, nous vivons actuellement un huit clos contraint généralisé, inédit dans l'histoire depuis 35 000 ans de vie maritale. A situation particulière, comportements particuliers. Les couples doivent désormais se passer des espaces tampons médiateurs que sont : la famille, les amis, le travail.
Or, nous précise Boris CYRULNIK, notre condition naturelle c'est la relation. Le confinement est une agression psychique qui peut altérer, s'il devient trop long, le bon fonctionnement du cerveau.
Le changement brutal du mode de vie des couples pendant le confinement risque de poser problème quand on est plus/pas habitué à passer beaucoup de temps ensemble. Il est possible de s'ennuyer, voire de ne plus se supporter. Alors boom de naissances ou pic de divorces ?
Le docteur Robert NEUBURGER affirme qu'il y a 3 possibilités
- Soit on est heureux de se retrouver.
- Soit on se rend compte que plus grand chose ne vibre...
- Soit on en profite pour faire le point.
Personnellement je pense qu'il existe des situations de grandes souffrances et d'emprises perverses où la question de survit se pose. Il y a un réel risque que les violences conjugales et/ou familiales, qu'elles soient psychologiques et/ou physiques, soient exacerbées par le confinement sans témoins.
10 jours après le début du confinement, le ministre de l'intérieur, Christophe CASTANER, indique une hausse très significative des violences intrafamiliales. Les femmes, en majorité, subissent une situation très particulière de quasi-séquestration dans laquelle elles ne peuvent se soustraire aux coups.
L'association féministe " l'assemblée des femmes" crée par Yvette ROUDY en 1992, publie un guide contre les violences intrafamiliales (incluant les enfants) et se mobilise au côté des victimes. A noter que, même si elle est largement minoritaire, la violence faite aux hommes est bien réelle et engendre les mêmes souffrances. Comment prendre en compte les blessures infligées par les conjoints violents ?
Voici un point sur les ressources d'aide aux victimes, valable pendant le confinement afin de les accompagner à distance dans leur mise en sécurité.
- Sachet que le confinement n'exonère pas les agresseurs de leur responsabilité pénale!!!
- L'éviction du conjoint violent est prioritaire.
- Vous avez le droit de fuir votre domicile.
- Vous pouvez aller dans une pharmacie si vous ne trouvez pas la police ou la gendarmerie. Si le conjoint violent vous accompagne vous pouvez dire le code " Masque 19".
- Vous trouverez des points d'accueil et d'accompagnement devant certains supermarchés.
- Par téléphone composez le 17 comme numéro d'urgence.
- Par SMS tapez le 114 pour alerter en silence les forces de l'ordre.
- Le 119 est le téléphone de enfance en danger 7j/7 et 24h/24
- S'il n'y a pas d'urgence le 3919 est le numéro national d'écoute des femmes victimes de violences, mais les hommes victimes peuvent aussi appeler. Pendant le confinement les horaires sont du Lundi au Vendredi de 9h à 19h.
- Le 0800 05 95 95 (appel gratuit) est la ligne viols femmes information.
- Si vous ne pouvez pas utiliser votre téléphone, allez vers la plateforme internet dédiée pour demander comment porter plainte: https://arretonslesviolences.gouv.fr/
- Les CIDFF (Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles) restent actifs par internet.
- Les associations du réseau solidarité femmes peuvent orienter et aider à trouver des infos sur internet.
- La ligne d'avocats femmes et violences est accessible tous les L,Ma et J de 15h à 19h au 08 20 20 34 28
Si vous êtes témoins appelez le 17
Le confinement n'empêche pas d'intervenir. Si vous entendez des bruits de coups, des cris, des pleurs ou si vous pensez qu'une violente dispute dégénère vous pouvez aider les victimes. Essayez d’interrompre les coups dès que possible, entamez le dialogue le plus longtemps possible en attendant l'arrivée des secours.
- Si vous avez des doutes appelez le 3919 pour parler à quelqu'un et demander conseil ou le 119 s'il s'agit de violences concernant les enfants.
- Pensez à dire aux victimes qu'en plus du 17, on peut signaler sa situation en pharmacie.
- Si vous souhaitez entrer en contact avec la victime, laissez un message sur le pallier ou dans l'entrée pour proposer un soutien. Restez évasif afin de ne pas alerter l'agresseur tout en donnant confiance.
Voilà. J'ai essayé d'être la plus claire et précise possible.
Dans une prochaine publication je ferai juste un rappel des numéros d'urgence.
D'ici là prenez soin de vous et courage.
Bises.
Mireille (en qualité de CCF).