01/03/2026
1 mars 2026
Je ne comprenais pas, moi l’attardé, la sainte compétition. Je la trouve toujours d’une imbécillité sans fin, imaginée par un fumeux cerveau humain, retors. Le pervers voulait-il expulser l’évidence de la grâce dans l’existence ?.
On eut beau expliquer ou plutôt lui faire subodorer au quinquin, motifs, obligations, avantages et tout le toutim de l’affaire. Le gosse, rebelle, en ses sabots bretons, grossiers, n’adhéra jamais à cette religion, faiseuse d’injustices. De même, le factieux refusa les autres, toutes, impitoyables, destructrices d’âmes. Il fit chemin, un autre.
Pas changé d’opinion, le chevreau, vieilli, préfère émulation à concurrence, partage au profit. L’utop*ste continue à penser ainsi contre l’avis général. L’animal ronchonne toujours contre l’injonction d’affronter son semblable, de faire de lui qu’un faire-valoir, de croire que le bonheur se fait au détriment d’autrui, en défendant un pré.
Moi, mon aire n’a ni barrières, ni limites. J’atteste. Je sautille, cabri, toujours allègre, équilibriste, sur un parapet blanc entre ciel et sol. De ce perchoir, rossignol peinard, j’envoie aux fidèles du rite ou pas, recta dimanche, les fruits de ses trilles.
Je m’étrangle à répéter. Sacré est sel du potage. Sans lui, il n’y a pas de transes possibles. On vit petit. On naît et paît, mouton, dans les herbes maigres ou grasses du pacage. On broute en sécurité, idées, sans bouger l’orteil pour une équipée sauvage. On meurt ovin.
Triste vie, je pense. Vie de cons, j’irai jusqu’à le dire, si il n’y avait pas en moi des rogatons d’éducation m’évitant de choquer et le troupeau et les bergers.
Moi, j’échappe à cette fatalité. J’exprime ma vibrante et douloureuse expérience dans une presque totale indifférence presque souhaitée, n’ayant concédé aucun effort ou effet pour quitter mon douillet anonymat..
Pas rat, je me tourmente la cafetière pour vous, ouais pour vous. J’ose la grande éloquence. J’essaie de vous faire ressentir les effluves de l’inaccessible trouvaille, être soi avec et contre les autres. Je ne modère pas mes peines. Chaque jour, je m’éveille avec la même envie, transcrire le flux des ondes qui passent dans ma tête, malgré les courts-circuits.
Donc, je persévère à être tout imbécile. d’apporter ce qui à priori ne sert à rien, des rets lumineux dans des besaces sombres. Je m’exténue à traquer l’irréel dans les lieux insolites ou banals.
Scène dandine sur l’écran de mon ciné mémoire.
« Frétiller n’est pas aimer ». Je lui ai dit, texto, évoquant son côté superficiel. J’aurais pas dû. Le belle n’a pas apprécié. La remarque mit fin à l’intime de nos relations. Je regrette un peu. La jolie jouissait de formes exquises. Les avantageuses la rangeaient dans la catégorie, canon.
Je n’ai jamais compris que cette déesse au corps parfait laisse faire grimpette sur son mont Vénus, le ventru, au bras portemanteau. L’acrostiche fit l’approche. Le reste je ne m’en souviens plus. Les nanas ont, parfois, de drôles de lubies. Une des sienne fut d’avoir un amant poète. J’en tirais, parfois, bénéfice, de l’épithète.
Je me souviens, toutefois.. J’aimais poser ma joue sur son ventre plat, irriter ses tétons de mes deux doigts, devenus pince. J’aimais mordiller son oreille, attarder mes lèvres sur sa nuque, effectuer, avec elle, toutes les petites saloperies sympas que les nigauds nomment amour. J’aimais imaginer qu’elle soit à ces instants là, une dulcinée devenue chair. On s’invente des tas de trucs pour justifier une bagatelle, surtout quand elle s’avère, rare.. Je raconte tout, sans vergognes.
Depuis deux jours, un soleil pétant chasse le gris. Je régénère ma cafetière. Je descends plus facilement dans le mine de mon for intérieur. Vivre est vraiment une incroyable expérience.
Un cri pourfend le silence de la rue. Sur le trottoir, deux mendiants, titubants, imbibés d’alcool s’apostrophent par onomatopées. Leurs molosses aboient. Sans savoir,les clochards enclenchent le signal. Il est temps de clore liminaire et d’expédier dare-dare et sans re**rd, le contenu du coffret, rédigé durant la semaine.
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UN REGARD CLAIR
Je n’appartiens plus à ce monde féroce, compétitif. Je le côtoie seulement ayant l’argent suffisant pour ne plus y participer à ses joutes imbéciles, vaniteuses.
Je m’en félicite.
J’eus été rentier. Je ne n’en serais pas sorti de ce jeu car n’ayant pas le but de m’en retirer, avalisant le faux jusqu’à la moelle. Ce ne fut pas. Je dus me confronter à la réalité du système, pour gagner quignon, avoir nez collé à sa méchanceté et ses compromissions.. Je concédais le moins possible de la teneur de mes rêves aux obligations des siens, l’ogre consumériste.
J’évitais de me mettre en avant pour ne pas y entrer tout-à-fait dans la machinerie mangeuse d’âmes. Je finis, seul, sur le bas-côté. Je le prévoyais. La solitude est le seul moyen d’accéder aux vertiges, d’en prolonger leurs effets, d’avoir de soi, un regard clair. .
***
L’UNIVERSEL
Assise cette fin du jour sur la rambarde du balcon. S’incline jusqu’à elle, l’orangé du crépuscule. Aucune Juliette pour tenir rôle d’amour, ni de Roméo. L’universel n’a nul besoin du sentimental pour exprimer sa quintessence...
***
IMAGE POÉTIQUE
Les rats gris des nuages grignotent en silence la ouate de leur hôte. Hiver tousse morose, L’image sort de ma tête, pas claire. Je vous la restitue et vous laisse compléter l’ambigu de sa poétique.
***
LE CHAT
Écharpe sur dos de chaise
Fouillis d’habits
entre lesquels passe
- gracieux -
un chat félin noir
le bout des pattes blanches
Martèlent la lucarne
des gouttes de pluies
Mansarde
Paris beaux quartiers
en l’absence de l’occupante
je réinvente la féminité
glissant mots
sur page blanche
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LA BEAUTÉ
La beauté vient
d’un autre monde
ensorceler celui-ci
Il suffit d’y croire
pour percevoir
le multiple
de ses variations
Serge Mathurin THÉBAULT