art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

5 avril 2026Deux petits seins presque œufs sur le plat et un fessier affaissé ne la rangeaient pas dans la catégorie des...
05/04/2026

5 avril 2026

Deux petits seins presque œufs sur le plat et un fessier affaissé ne la rangeaient pas dans la catégorie des déesses aux formes exquises. Non, le charme gigotait ailleurs.

Fallait voir. La façon qu’elle avait, de balancer, brusquement, la frange rebelle de son front, d’un coup sec de la tête, comme çà, malicieuse au diable, dégageait d’elle, une aura irrésistible.

Il est vrai que la nymphe arborait arguments. Les cheveux, blonds vénitiens, coupe Jeanne d’Arc, encadraient un visage angulaire aux traits délicats. Deux phares bleus aux auvents noirs et fins scintillaient au milieu de cette face d’ange. Elle effectuait, actrice de son cinéma muet, avec une telle spontanéité, le geste, que l’interlocuteur se pâmait au mouvement de sa figure radieuse.

C’était sa manière à elle, inconsciemment, d’augmenter le désir de l’autre, d’occuper l’attention sans prendre le micro et s’égosiller dedans. Elle aimait être convoitée, quoi de plus naturel ?

Je fus fan de ses lèvres cœur, dessinant une bouche fine, qui, lorsque qu’elle riait aux éclats, découvraient, une rangée de dents au milieu desquelles s’était glissé la chance.

Je ne lui ai pas dit mon penchant pour son minois. Elle n’était pas sotte. Elle l’avait deviné. Il n’y avait qu’à voir mon air idiot quand elle utilisait son atout maître, risette.

Je lui composais un acrostiche. L’inspiré évoquait son âme, c’est tout. Elle l’a aimé, a osé me le dire. Ce fut mon unique joie spirituelle avec elle.

Elle s’appelait. Je ne sais plus. Comme Bourvil, il n’a pas de nom, mon petit bal perdu. Ce que je me souviens, nos longues conversations que nous eûmes sur le sens de la vie. Nous partagions le beurre de la même tartine, être libres et restés, émerveillés. Elle assumait son casse-croûte, intermittente du spectacle. Elle bossait avec les chiffons, je crois, costumière. .

Je trouve toujours des alibis pour faire le fanfaron, moi. Aujourd’hui, ce fut elle parce que sa frimousse est venue se coller à la paroi de ma mémoire, sensible. Les mots, pas cons, ont utilisé l’apparition pour activer les lignes de l’introduction dominicale.

C’est un peu facile, direz vous. Je ne milité pas pour l’architecture compliquée. Une rampe imite un palais. Je suis. Je raconte.

- « Ah, t’es un bizarre » me lança la charmante. « Les autres mecs cherchent à me mettre au fond de leur lit, toi, non. ». Je répondis, tac au tac « le non, je me le fournis moi-même ». Elle éclata de rire pour mon ravissement.

Bon, la coquette n’avait pas tort. Je glaviote de l’étrange. Une intruse occupe ma calebasse. La prétentieuse veut faire sortir de mes neurones, le meilleur de ma personne.

Je me suis assoupli sous ses foucades. J’ai sorti d’un coup pied de ma tête, les imbécilités que génèrent l’affect, la convoitise, les honneurs, la gloire et autres calembredaines de la société ancienne ou moderne. Je mes suis mis en retrait du monde marchand.

J’honore dimanche. J’arrange mon charabia en langue poétique. Je taille mes haies, insiste sur leurs parfums. Je vous envoie les dernières compositions du jardin, nées à cheval entre mars et avril.

**************************************

FICHU DE PAILLE

Je suis immunisé contre la gloire. Aucune carotte ne motive mon comportement. Je ne cherche aucune récompense, qu’elle soit matérielle ou morale. Je traverse ce passage que pour éprouver jusqu’à l’os de la chair le vital de l’existence. Fait pour l’oubli, j’exige l’oubli !

Vie réussie, à mon sens n’est que s’extirper du jeu emberlificoté de la pensée, d’être entièrement tourné vers l’émotion et la sensation, d’écarter de soi le maléfice de la possession, d’accompagner ce monde en sa mystique et non de le vouloir à sa portée afin de le rabaisser qu’à une somme d’intérêts médiocres.

Je ne suis que fichu de paille dans un pré de grand vent.

***
SOIR

Le soir gravit
la nuque du jour

Il prépare la nuit

****

AVAL

Et je suis un peu vous
et tout autre

Je caracole saoul
au cou d’un cheval fou

J’avalise l’infini

***

TRÈFLE

Elle accrocha
sur son chandail rouge
un pin’s représentant
un trèfle

Ça l’a prise d’un coup
lors d’une saute d’humeur
pour savoir qui verrait
ce nouveau détail dans sa tenue

Personne ne lui fit la remarque

Je le vis Je lui dis
« Ça ne compte pas
tu es poète »

L’aède n’est pas grand chose
au salon du paraître

Son sens de l’observation
ne vaut rien
un peu comme une bicyclette
au sommet de l’Everest.

***

CORPS ET ÂME

Mon âme suit mon corps
où est-ce le contraire ?

Je ne saurais vous le dire

Ce que j’essaie
est d’unir les deux
pour rendre compte
du territoire de mes songes

***

JUSTIFICATION

Combien de livres ai-je lu dont une seule phrase justifiait l’édition ?

Serge Mathurin THÉBAULT

29 mars  2026« Silence acclame bruit ». Née, comme çà, la liquette dans ma tête, au moment même où je prends temps pour ...
29/03/2026

29 mars 2026

« Silence acclame bruit ». Née, comme çà, la liquette dans ma tête, au moment même où je prends temps pour m’asseoir sur mon siège, d’où chaque semaine, je propose ma balade originale, dominicale. De quoi vais-je causer aujourd’hui, après cette incongruité ?

Un instant… J’insiste sur la drôle. La bizarre me parle. Elle flûte légèreté comme bulle de champagne dans ma grotte monacale. L’inexplicable me ressemble. Elle échappe au vulgaire de la pensée, de l’acte et par son absurde frisant l’oxymore, évoque le mystère dans lequel je suis complètement imbriqué. L’improvisée fournit énergie pour continuer à écrire sous la dictée d’une force qui n’est pas moi mais en moi. Je sirote de la félicité.

Reste à savoir le motif de la toile esquissée, la liminaire hebdomadaire, après-midi vieillissant, annonçant la fin d’un jour de mars. Facile ! Comme Charly, le Baudelaire, j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans ! Je les ressuscite avec la facilité d’une danseuse effectuant ses pointes. Pour ce, je ferme paumières. Je plisse lèvres de la trogne, caresse de ma langue, la supérieure. Je m’exfiltre du tintamarre. Le première scène, traversant le corridor mémoire, fera l’affaire. Ça y est. Je narre.

Je me remémore le cossu du lieu. Un vaste appartement, Paris, le sixième, sert de décor. Des œuvres d’art, originales, accrochées aux murs ou alanguies sur des commodes d’époque, attestent de l’opulence de l’endroit. La poésie m’a mené là. J’ai suivi..

Enfoncé dans un fauteuil, luxueux, moelleux, votre bêta consulte un livre d’art sur Louise Bourgeois. Elle, l’hôte, évanescente, bout de fesse sur l’accoudoir, commente, avec le charme de sa voix légèrement grave, chaque œuvre en tournant les pages de ses doigts fins..

Je ne me rappelle plus du chemin sinueux que l’ingénue emprunta pour transformer son salon en confessionnal. Faute de prêtre, la pénitente choisit poète. Elle lui avoue ses déboires conjugaux. Le lit ne pétille plus. Elle est allée voir ailleurs.

L’époux prêche le faux pour connaître le vrai. Elle nie avoir amant. Le cornu dégaine l’argument fatal. Le Mathurin lui a dit. Elle avoue.

Illico, courroucée, elle m’enguirlande au téléphone. « Vendu, traite », elle m’agonise presque, fâchée. Je prends l’avoinée. Je dis rien. Je raccroche, désabusé. Je l’ai cloué mon bec, moi, au fil d’argent, celui du silence, comme hab, quand secret m’est confié. Comment a-t-elle bu tomber dans ce piège grossier ?

Le cocu la cocufiait aussi. Il y eut rupture. Dans le moisi de leur soupe, l’ironique se moqua d’elle d’avoir cru à son mensonge subterfuge.

Vexée, peinée, la naïve me rappelle pour s’excuser de sa bourde. Elle minaude à courts d’arguments. Elle souhaite que l’on revienne comme avant dans nos relations et me propose mille agréments pour réparer son erreur dont un voyage à Dubaï, seul lieu où je ne voudrais jamais mettre les pieds.

Ainsi se termina belle amitié, enfin, se mit sur mode intermittence. Je n’oublie jamais ceux avec qui je vécus l’intense. De toute façon, le temps eut même effet. Je ne suis pas adepte de la promiscuité.

La bêtise n’est pas l’apanage d’un sexe. Le couple favorise le médiocre. Je connus identique désappointement avec l’autre genre. Une concubine utilisa analogue procédé pour confondre son compagnon sur son infidélité. Lui, je ne l’ai jamais revu.

Soleil pique l’œil d’un rai coquin. Corneille sautille sur la branche. Les deux émettent un signe. Je comprends, pas con. J’achève le laïus. Je reprends mon costume de facteur. J’envoie poèmes et proses, les derniers rédigés au couvent..

*************

SUR L’IMAGE

Image masque la quintessence du tout, de l’objet, de l’humain, de la nature, même..
Surtout lorsque le marchand la fabrique, flattant le médiocre jusqu’à l’extrême, épurant, le rêve, de toutes notions de grandeur, l’asservissant uniquement au matériel. Le prédateur mercantile lui ôte son vital. Qui est ?

Qui est d’accepter le provisoire, de s’y fondre, de tenter de donner de soi, un son, écho de l’harmonie, quelque soit la note donnée..

Je ne suis pas désabusé. Je n’écris pas mesquin mais enfantin. C’est à dire que l’activité humaine, hors l’art, n’est plus que chose à rire ou à pleurer. Seul, compte, le frisson électrifiant les poils quand ceux-ci se posent sur la fréquence du grandiose.

Chaque illumination m’écarte du nauséeux de la fange. Ce fut, c’est, encore, l’unique motivation de ma recherche, engendrer dans l’écrit, une musique qui pour être personnelle s’acoquine à l’universel. Et rien à fo**re que la masse ne l’entende, un lecteur suffit. Avec lui, je prends connaissance du vrai de notre existence.

***

ATTITUDE NOBLE

Seule attitude noble, quitter ce qui abaisse, du sentimentalisme gluant à la frénésie du sexe, du pouvoir sur autrui à celui de ne dépendre que de lui.

***

PRÉSENCE DE L’ART

Le soir fauche le jour

Dans la rue titube
le rai d’un réverbère
entre les ombres des arbres

Les larmes captives
s’écoulent
imperceptibles
gouttes par gouttes
des pierres du mur

Je note la présence de l’art

N écris rien d’autre que l’oubli
qu’imposent ses perfections

****

COUP DE LANGUE

Dans cette chaumine
si fine si tendre
qu’est devenu
mon caveau à neurones
j’apaise
ma grand soif de l’inconnu
en avalant
d’un sec coup de la langue
les comètes passant badines
à proximité de ses fenêtres

Ce geste furtif et bref entretient
la flamme de la vasque

Les poèmes annoncent
une naissance

Dès qu’un survient
accroché son grelot
à la gazelle souple
de mon imaginaire
je renais

Je m’exclue du jeu
je quitte ce monde
pour mieux entier m’y fondre

Serge Mathurin THÉBAULT

22 mars  2026Autour d’une chaise de ma cellule monacale, pendule des idiots, je me biberonne à l’absurde. J’estomaque le...
26/03/2026

22 mars 2026

Autour d’une chaise de ma cellule monacale, pendule des idiots, je me biberonne à l’absurde. J’estomaque le tiré à quatre épingles. Arlequin, pas filiforme, hissé sur le sensible de mes voûtes plantaires, j’adresse un pied de nez à la bienséance des scrogneugneux, les censeurs de folie pour cause raison. Je pose délicat mon bout de l’arpion droit sur le sol. L’autre, je le maintiens en l’air.

J’imite la bayadère, sans tutu, sans exécuter entrechats, enfin, admirables. Je suis à poil, pas au propre mais au figuré. Je ne mégote pas dans le spontané, authentique. Je pratique la toquade, à l’instinct, pour avaliser le vivant de l’âme dans le corps.

Je pourrais faire le con en Adam. Personne ne poserait plainte pour outrage à la pudeur. Le couvent n’est pas auditoire accueillant public. Mais l’envie n’y est pas. Un succédané d’éducation l’empêche.

Moi, j’en ai connue une qui, en assemblée, une fois, pratiqua sa foucade en tenue d’Ève. Il avait suffit de pas grand-chose, une petite liqueur sous la cornette et l’encouragement des buveurs. Une comédienne, jolie brune, teint hâlé, seins et postérieur mignons, se désapa entièrement de ses vêtements, lors d’une soirée arrosée, faisant fi des regards libidineux. « Alfred », lança-t-elle avec sa voix juvénile, un peu saoule, « il faut le jouer comme il écrit, nu ». L’impudique déclama « Ballade à la lune » de Musset, son poète.

Je n’aurais jamais eu cette audace, même bo**ré. Aujourd’hui je ne l’ai pas non plus malgré l’absence de spectateurs. Mais bon, si vous voulez, vous pouvez l’imaginer, la scène, du pachyderme, en simple appareil, mimant la danseuse, rien contre. Inutile de mettre feuille de vigne pour cache-sexe, nous sommes entre-nous.. J’accepte vos rires et sourires du moment qu’ils s’exécutent dans la bienveillance. Je ne rationne pas ma confiance, en ce qui vous concerne..

Donc, l’éléphant, aujourd’hui, se veut rat d’opéra, mieux, étoile. Et pourquoi pas ? Rien n’est impossible quand le saltimbanque insère, ami sincère, le ridicule dans ses représentations.

Le sacripant n’a plus rien à fo**re du regard d’autrui. Le jongleur de mots cherche la grâce, qu’importe le moyen. Il nourrit sa théière à l’hélium de son imaginaire. J’assume son travers depuis naissance.

Ce n’est plus tenable à vrai dire de vivre dans le faux féroce de l’hypocrisie générale. Je ronchonne. J’exècre le médiocre surtout lorsque celui-ci installe ses tréteaux dans mon propre jardin.

Je fulmine de n’avoir pas encore suffisamment avancé en forage intérieur. Il n’y aurait pas, en moi, une foi, non en l’homme mais en l’humanité, je n’insisterais pas à décoller de ma plèvre les mots pour aspirer le sacré jusqu’aux fonds de mes poumons. Je rendrais ma copie.

Mais l’espérance, souvient violente, demeure scellée à la tripe. Je m’évertue à commettre l’impossible. Chaque jour, j’écris mes lignes non pour le refaire ce fichu monde mais me caler sur ses interstices où glissent le profond de sa matière, quitte à devenir mystique..

Je me dilue alors dans la féerie.

C’est cette même espérance qui me fait commettre dimanche. J’enfourne dans mon flacon, après corrections, les dernières liqueurs reçues en ma caboche. Je les poste.
Je note. Celui -ci (le dominical) est le premier du printemps. Que sa sève annonce la sienne !

***************************

UN OBJET PUR

A trois heures de l’après-midi, calé fauteuil, négligeant l’article, houspillant le verbe, je m’interroge sur le sens du voyage que j’ai dû faire.

Et tout cela ne m’apporte rien, car la réponse est en moi et le regret de n’avoir pu y aller jusqu’au sommet de l’aventure reste mon unique motivation.

Pour m’impliquer dans ce monde, enfin, dans sa globalité, il me fallut être, en dehors de son attraction purement matérielle, sulfater toute velléité de vanité. Il n’y avait pas d’autres moyens pour entretenir la flamme, dans la tête, incrustée.

Ce que je fis, ce que je fus n’eurent d’importance que de maintenir en éveil ma capacité d’émerveillement, d’attirer jusqu’à moi tous les feux incandescents de l’imaginaire. Je réalise ce que je voulais être, un objet pur, dédié au lac de l’oubli.

***

PLEINE FACE

Écrire, le bois pointu de la palissade, le bec ébréché d’un bol ou la crénelure faite par l’usure de la douleur sur un visage. Il ne s’agit pas de survivre. Tout contraire, il faut échapper au masque du vivre afin d’affronter le face pleine de la vie.

***

ÉVIDENCE

J’aime d’avant le désir
***

DÉGLUTITION

Gisements trombes café
Astres habillent la nuit
de cette couleur méphitique

Je rentre dans mes épaules
Évacue de l’écheveau de ma tête
toutes les impuretés qui s’entêtent
à celer l’accès à la pure conscience

Gloire au mangeur de feu !
II écarquille les yeux
distillant les escarbilles
au milieu de leurs peaux mortes

Je déglutie du soleil à minuit

***

RUE DÉSERTE

Tout est froid dans l’air

Un son guitare
corrompt le glacial
du chaud de sa note

Il provient - je crois -
de l’école de musique

Neige grisâtre
couvre le ciel

Corneilles filent
caravane d’ailes
sous son chandail

Dans le passage étroit
de la venelle
quelques cris enfantins
tentent de rompre le silence

Rien d’autre

Aucune main
aucun visage
rue déserte

Serge Mathurin THÉBAULT

15 mars  2026J’eus pas cru !  Je commets ma chose poétique sans entartrer ma cafetière, du superficiel même le politique...
15/03/2026

15 mars 2026

J’eus pas cru ! Je commets ma chose poétique sans entartrer ma cafetière, du superficiel même le politique. J’avouerai de plus que celle-ci, presque automatique, nettoie régulièrement les rouages de sa mécanique, capricieuse, des impuretés qui encrassent la vie ordinaire, tel l’argent ou la possession.

J’entretiens, mon irrésolue et unique prétention, échapper au lourdingue de l’ambiance, laisser irriguer mon cerveau, non aligné à la pensée marchande, par les frous-frous du merveilleux que dispense l’existence aux sensibles aptes à les recevoir.

Libre. l’adjectif chéri, est devenu réalité. De l’écrire, enfle la panse de mon biniou, d’une satisfaction, non feinte.

Depuis quelques jours, je ne sifflote pas. J’ahane à pousser mon convoi. Je n’assemble pas les mots à la poudre euphorie. Je m’échine à le faire. J’honore promesse de faire ma messe dominicale, c’est tout. Il faut bien se trouver une obligation pour s’illusionner de ressembler à l’autre et continuer, à priori, être membre de son troupeau.

J’en reviens au désagrément. Une grippe s’est collée au pneu de mes boyaux. Je fus vacciné. Cela n’a pas suffit. La maraude est venue quand même, atténuée dans ses effets, bousculer le cocotier. Je peine veau à téter le p*s luxuriant de l’inspiration.

Je toise l’importune visiteuse. Je multiplie gestes dérisoires pour lui faire comprendre que seule la mort mettra fin à mes élucubrations. Je le lui prouve puisque j’écris sous sa présence..

Madame a un avis bien tranché sur la consommation, elle veut acheter français.
Madame a un avis sur tout. Madame pratique souvent l’autosatisfaction et distribue gratuitement ses conseils à ses copines. Madame, esprit bourgeois, est adepte des salons de bien-être. Madame astique la casserole de sa suffisance. Emportée par le flux de ses paroles, au bistrot, elle avoue se fournir sur internet, de marques chinoises pour habiller sa petite fille. Je note la contradiction. Je la garde pour moi. La bêtise ne s’affronte jamais de face.

Monsieur nous croise dans la rue. Mon pote me présente. « Ah oui, le poète », commente l’homme comme s’il identifiait un objet. Nous allions boire un café. Nous l’invitons à se joindre à nous. Il refuse. Surprise, le quidam nous rejoint quelques minutes plus t**d.

Au troquet, il annonce au serveur qu’il est là, non pour consommer mais accompagner. Il habite à Auray depuis quatre ans, tombé comme bien d’autres amoureux de la région. Il a acheté son bien. Il raconte par le détail le mortel de la transaction. Il parle qu’oseille. Il ne respire que par son odeur maléfique. Il s’épate du loyer faible que je règle, chaque fin de mois. Pourquoi le lui-ai-je dit, sinon de faire malin dans une conversation sans intérêts ? Je bâille. Les victimes heureuses du système me font cet effet. Le panache n’accompagnera jamais son équipage.

Ce n’est pas ainsi que j’eus voulu vivre. Je constate. Je ne juge pas. Peut-être, qu’à la deuxième rencontre un peu d’âme s’échappant de la chair et du sang contredira mes propos. J’espère. N’y crois, pas trop. Les premières impressions figent les relations

Pas très en poétique, le Mathurin ? J’avoue. Je remplis la page plus que je ne l’habite. Le virus grippal coupe un peu le lien entre moi et l’étrangère. J’aime l’appeler ainsi, l’inspiration.

Au menu, pas d’inédits, ils auraient été du même tonneau. Je sélectionne dans mon immense coffre, textes rédigés, je crois, sous la transe ou quelque chose qui y ressemble.

*********************************

Pour ouvrir ce bal, je ressors un passage de l’écrit somnambule qui sortira de son tiroir si le sort le veut. Je ne parle pas de transe là. Il me plaît. Il me redit, c’est tout.

SOINS POUR MALADE

Hier, une demoiselle me demanda pourquoi je n’étais pas en couple. J’aurais pu lui mentir, lui dire que je n’avais pas trouvé la fameuse âme sœur. Mais, honnête, je lui avouais que je n’avais pas daigné effectuer les démarches nécessaires. Puis, poussant l’honnêteté jusqu’à son vice, je lui ajoutais en toute mauvaise foi, qu’aucune n’aurait pu me suivre dans ma recherche de transcendance.

Je n’étais pas fait pour la promiscuité reposant sur la chair et la peur de la solitude, celle-ci étant le fer de lance de ma recherche, l’autre son égarement.

Bien entendu, si la ligne de cette résolution parût droite, elle fut souvent en tous sens, soudoyée par la courbe en son affolement et son apaisement.

Souvent, en grand vent, lorsque l’essentiel n’était plus à portée de vue, je m’y serai vu, moi aussi, dans ce cocon, le couple, préétabli par une société en quête de renouvellement de ses membres.

Au stéthoscope de mes mots, j’ausculte ce malade, en moi, respirant.. J’ai besoin du Sacré, dégagé de la petitesse des hommes, pour le maintenir en vie.

***

Toujours sur le thème, gravure champêtre, un couple, était-ce Watteau ? Vu furtivement en visitant le Louvre. A la sortie, je m’enfilai demi dans un bistrot et prit crayon pour recevoir poème. J’avais dix-huit ans, pas plus. Pas changé d’opinion, depuis ce temps, je vivote l’aile blessée en dehors des cocons préfabriqués.

TABLEAU

Sous l’aisselle d’un pommier
Un couple d’amoureux
Discute de son amour
Comme d’un seul évènement
Survenu au cours
De leurs longues agonies

( Le pain discret, publié en 1984)

***

Ah les piafs, mes frérots anarchistes ! Ils furent maintes fois motifs à mes envols. Je m’en souviens de celui là, le premier où peut-être ils passèrent grains sur ma peau. Il naquît en Brocéliande ou je vaquais. Il plût à Marie, complice d‘époque. Elle l’appris par cœur. A moi, il me reste l’ersatz des frissons que le poème créa lorsqu’il s’engouffra dans ma tête.

GRAINS D’OISEAUX

Grains d’oiseaux
Si bien modelés
Par le visage de l’hiver

Ainsi vous êtes vous allez
Carrés bleus qui de la terre
Passés pour être plus colorés
Qu’un meeting d’aviation

Enfant je dus
Enfant je fus
Surveiller votre vol impassible

Le soir l’hiver
Dans l’impossible état d’enfance
Dans les bois
Où fougères et taillis se confondent
Dans le lit
Où l’angoisse vous saisit
Où la peur vous étreint

J’ai dû mourir en d’autres bras
Ailes brûlées en mon essieu.

(La forêt d’encre, paru en 1992).

Serge Matjhurin THÉBAULT

8 mars  2026Enfoncé dans mon fauteuil skaï sur roulettes, je m’agace. Aucune ligne ne bave pulsion sur la page blanche.A...
08/03/2026

8 mars 2026

Enfoncé dans mon fauteuil skaï sur roulettes, je m’agace. Aucune ligne ne bave pulsion sur la page blanche.

Alors, téméraire, j’adopte la difficulté. Je mets un bout de fesse sur le bord du siège. Je courbe le dos. La position n’illustre pas le facile. Motivé, j’effectue la délicate, à l’instinct. J’écris inconfort.

J’utilise ce stratagème pour faire venir à moi, la musique de la fanfare interne. C’est qu’il en faut de l’astuce, stimuler son trognon, avec des manières, frisant le ridicule, pour que revienne dans son silo, la capricieuse, inspiration.

C’est fait. La fée gigote au carafon, émet ses signaux. Il n’y a plus qu’à suivre la versatile. Je prends soleil dans la gu**le. Je ne sais pas ce qui va suivre. Je tête de la singulière sérénité, courant le long de mes doigts jusqu’aux arpions. Je peux commettre dimanche.

Au couvent, sans raison, je fête Lucien, le mien, disparu, chagrin.

J’évoque mon maître d’école, Une blouse grise tâchée de craie habille ce hussard noir de la république. Faut voir. L’impression en rajoute au savoir. Elle ne dégage aucune crainte mais beaucoup de respect. Jamais un mot plus haut que l’autre, le brave instituteur cultive l’autorité sur sa classe. Il n’en abuse pas..

Certes, parfois sévère, pointilleux sur l’orthographe et le calcul, ce professeur d’école, aux cheveux blancs, punit mais sans excès, se contentant de donner maintes lignes à recopier. Le pédagogue n’est pas adepte des vexations, genre bonnet d’âne.

Son truc à lui est d’éveiller les gosses. Il ne ménage pas sa peine. Chaque semaine, durant une heure, à l’aide de cartes et d’images, il les invitent au voyage, ses mômes.

Sans bouger, les petiots traversent les mers, prennent connaissance de la beauté du Kilimandjaro, s’offrent des vues panoramiques de toutes les vastes surfaces de la terre. L’enseignant joue Merlin, l’enchanteur.

Vu son fils, mercredi, discuté avec lui. Il n’est plus tout jeune, lui non plus. C’est vrai que son géniteur nous a quitté depuis onze ans , déjà, à quatre vingt quatorze ans..
A chaque fois, goguenard, le bonhomme aime à rappeler la manie qu’avait son père d’interroger chaque élève méritant en fin d’année scolaire. Il questionnait sur leur avenir. « Je voudrais être artiste et voyager ». C’était la réponse attendue. Il en tirait fierté. La vanité est touchante chez les bienveillants.

Il paraît que j’aurais répondu à côté, toujours dans la marge quand il faut être sérieux. « Je serai fonctionnaire et je resterai chez moi » aurais-je lâché, renfrogné..

De son vivant, le défunt me l’avait raconté l’anecdote. Nous avions conservé contact. Il s’était mis à lire mes fredaines, se marrait gentiment sur mes dons de voyant, me tançait aussi sur mes goûts anarchistes et mon refus du système consumériste.

Sa bonté crée ses lignes. Je le vois encore scruter le ciel par la fenêtre lorsqu’il épelait une dictée. Je l’entends, sentencieusement, répéter ses jeux mnémotechniques, dont ce fameux Ornicar pour déceler la conjonction de coordination. rappeler que les scies n’aiment pas les raies et autres petites trouvailles pour naviguer en eaux profondes orthographiques.

Je lui dois beaucoup pour l’appréhension de la langue où sautillent mes mots.

Certes, j’éprouve toujours difficulté entre futur et conditionnel, niveau verbe. Je ne suis pas toujours à la hauteur de l’enseignement donné. Fautes s’immiscent dans mes écrits. Mais, j’essaie de demeurer dans l’exigence réclamée. Authenticité était son leitmotiv lorsqu’il parlait poésie..

J’ai pas dit. Guillevic était son poète. Je place ce nouvel opus sous son aile, Lucien.

****************************************

NID

On m’eut laissé tranquille, avec petit pécule pour assurer nécessité, je n’en serais pas sorti, moi, du cocon, que je m’étais fabriqué, enfant. J’y bullais, sans me poser question, dans la félicité.

Statut social n’a pas permis. Il fallut gagner son pain. Refusant à considérer que le tout n’était qu’avoir, j’eus sacrés embêtements.. La chance favorisa ma survie,

Quinze heures trente, j’entends bleuter le ciel d’un cri perçant, mouettes qui piaulent. Je perçois jusqu’à la déchirure, sensible, la mince paroi séparant l’ici et l’ailleurs..

Je me simplifie la phrase, à me rendre sourd aux aboiements des maîtres à être ceci ou cela. Je descends, presque illuminé, aisément, les divers étages menant à la cave où par un soupirail grillagé, explose la lumière crue de la rue.

Je n’ai rien à prouver, donc rien à dire, simplement à écrire. Je parviens, jours de fête, en poésie, à le retrouver, mon nid Initial.

***

PHRASE TOMBÉE DU SOIR

L’usure dîne avec l’infini.

***

VIOLONS ENFLAMMENT LES FORÊTS

Lorsque mes mots échouent
tourbes
c’est que je n’ai pas
été le pinson espéré
que mes ailes se figent
dans le reflet trompeur
d’un soleil artificiel

Je ne veux pas qu’une langue
je veux les parcourir toutes
suspendre ma tête ronde
au pic des lunes
hisser mes épaules
au faîte des grands arbres

Sur quel pont
ricochent les chansons ?

Nul besoin de savoir
entrons dans le mystère
expulsons de nos os
la rouille d’un système formaté

Quelle heure est-il ?

Il est toujours l’heure
d’attraper au lasso
les virevoltantes sensations
de les enfermer un instant
dans un flacon transparent
d’emplir ses poumons de
l’air vivifiant des audaces.

Les violons enflamment les forêts

***

Les maisons paissent moutons
au bord de l’asphalte

Hiver fragilise la branche
de l’albizzia
insiste sur sa grâce
que parfois l’arbre
néglige en été

Serge Mathurin THÉBAULT

1 mars  2026Je ne comprenais pas, moi l’att**dé, la sainte compétition. Je la trouve toujours d’une imbécillité sans fin...
01/03/2026

1 mars 2026

Je ne comprenais pas, moi l’att**dé, la sainte compétition. Je la trouve toujours d’une imbécillité sans fin, imaginée par un fumeux cerveau humain, retors. Le pervers voulait-il expulser l’évidence de la grâce dans l’existence ?.

On eut beau expliquer ou plutôt lui faire subodorer au quinquin, motifs, obligations, avantages et tout le toutim de l’affaire. Le gosse, rebelle, en ses sabots bretons, grossiers, n’adhéra jamais à cette religion, faiseuse d’injustices. De même, le factieux refusa les autres, toutes, impitoyables, destructrices d’âmes. Il fit chemin, un autre.

Pas changé d’opinion, le chevreau, vieilli, préfère émulation à concurrence, partage au profit. L’utop*ste continue à penser ainsi contre l’avis général. L’animal ronchonne toujours contre l’injonction d’affronter son semblable, de faire de lui qu’un faire-valoir, de croire que le bonheur se fait au détriment d’autrui, en défendant un pré.

Moi, mon aire n’a ni barrières, ni limites. J’atteste. Je sautille, cabri, toujours allègre, équilibriste, sur un parapet blanc entre ciel et sol. De ce perchoir, rossignol peinard, j’envoie aux fidèles du rite ou pas, recta dimanche, les fruits de ses trilles.

Je m’étrangle à répéter. Sacré est sel du potage. Sans lui, il n’y a pas de transes possibles. On vit petit. On naît et paît, mouton, dans les herbes maigres ou grasses du pacage. On broute en sécurité, idées, sans bouger l’orteil pour une équipée sauvage. On meurt ovin.

Triste vie, je pense. Vie de cons, j’irai jusqu’à le dire, si il n’y avait pas en moi des rogatons d’éducation m’évitant de choquer et le troupeau et les bergers.

Moi, j’échappe à cette fatalité. J’exprime ma vibrante et douloureuse expérience dans une presque totale indifférence presque souhaitée, n’ayant concédé aucun effort ou effet pour quitter mon douillet anonymat..

Pas rat, je me tourmente la cafetière pour vous, ouais pour vous. J’ose la grande éloquence. J’essaie de vous faire ressentir les effluves de l’inaccessible trouvaille, être soi avec et contre les autres. Je ne modère pas mes peines. Chaque jour, je m’éveille avec la même envie, transcrire le flux des ondes qui passent dans ma tête, malgré les courts-circuits.

Donc, je persévère à être tout imbécile. d’apporter ce qui à priori ne sert à rien, des rets lumineux dans des besaces sombres. Je m’exténue à traquer l’irréel dans les lieux insolites ou banals.

Scène dandine sur l’écran de mon ciné mémoire.

« Frétiller n’est pas aimer ». Je lui ai dit, texto, évoquant son côté superficiel. J’aurais pas dû. Le belle n’a pas apprécié. La remarque mit fin à l’intime de nos relations. Je regrette un peu. La jolie jouissait de formes exquises. Les avantageuses la rangeaient dans la catégorie, canon.

Je n’ai jamais compris que cette déesse au corps parfait laisse faire grimpette sur son mont Vénus, le ventru, au bras portemanteau. L’acrostiche fit l’approche. Le reste je ne m’en souviens plus. Les nanas ont, parfois, de drôles de lubies. Une des sienne fut d’avoir un amant poète. J’en tirais, parfois, bénéfice, de l’épithète.

Je me souviens, toutefois.. J’aimais poser ma joue sur son ventre plat, irriter ses tétons de mes deux doigts, devenus pince. J’aimais mordiller son oreille, att**der mes lèvres sur sa nuque, effectuer, avec elle, toutes les petites saloperies sympas que les nigauds nomment amour. J’aimais imaginer qu’elle soit à ces instants là, une dulcinée devenue chair. On s’invente des tas de trucs pour justifier une bagatelle, surtout quand elle s’avère, rare.. Je raconte tout, sans vergognes.

Depuis deux jours, un soleil pétant chasse le gris. Je régénère ma cafetière. Je descends plus facilement dans le mine de mon for intérieur. Vivre est vraiment une incroyable expérience.

Un cri pourfend le silence de la rue. Sur le trottoir, deux mendiants, titubants, imbibés d’alcool s’apostrophent par onomatopées. Leurs molosses aboient. Sans savoir,les clochards enclenchent le signal. Il est temps de clore liminaire et d’expédier dare-dare et sans ret**d, le contenu du coffret, rédigé durant la semaine.

*****************************

UN REGARD CLAIR

Je n’appartiens plus à ce monde féroce, compétitif. Je le côtoie seulement ayant l’argent suffisant pour ne plus y participer à ses joutes imbéciles, vaniteuses.
Je m’en félicite.

J’eus été rentier. Je ne n’en serais pas sorti de ce jeu car n’ayant pas le but de m’en retirer, avalisant le faux jusqu’à la moelle. Ce ne fut pas. Je dus me confronter à la réalité du système, pour gagner quignon, avoir nez collé à sa méchanceté et ses compromissions.. Je concédais le moins possible de la teneur de mes rêves aux obligations des siens, l’ogre consumériste.

J’évitais de me mettre en avant pour ne pas y entrer tout-à-fait dans la machinerie mangeuse d’âmes. Je finis, seul, sur le bas-côté. Je le prévoyais. La solitude est le seul moyen d’accéder aux vertiges, d’en prolonger leurs effets, d’avoir de soi, un regard clair. .

***

L’UNIVERSEL

Assise cette fin du jour sur la rambarde du balcon. S’incline jusqu’à elle, l’orangé du crépuscule. Aucune Juliette pour tenir rôle d’amour, ni de Roméo. L’universel n’a nul besoin du sentimental pour exprimer sa quintessence...

***

IMAGE POÉTIQUE

Les rats gris des nuages grignotent en silence la ouate de leur hôte. Hiver tousse morose, L’image sort de ma tête, pas claire. Je vous la restitue et vous laisse compléter l’ambigu de sa poétique.

***

LE CHAT

Écharpe sur dos de chaise

Fouillis d’habits
entre lesquels passe
- gracieux -
un chat félin noir
le bout des pattes blanches

Martèlent la lucarne
des gouttes de pluies

Mansarde
Paris beaux quartiers
en l’absence de l’occupante
je réinvente la féminité
glissant mots
sur page blanche

***

LA BEAUTÉ

La beauté vient
d’un autre monde
ensorceler celui-ci

Il suffit d’y croire
pour percevoir
le multiple
de ses variations

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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