18/01/2026
18 janvier 2026
Tout mourir plein d’oiseaux et se prendre la tête dans les filets de la vie joyeuse. Tel était but fixé. Tel but fut, sentiment, atteint.
Je jubile d’avoir agi ainsi, écrire sous poussée et non sous pensée, d’avoir émis un non sonore, sans recours, aux valeurs du matérialisme ambiant, dont la stupide gloire ou la sotte compétition. .
Je n’ai pas œuvré pour ce que la plupart des littérateurs cherchent, être aimé et adulé. Un échec eut été ciguë. Une réussite m’eut coupé cette relation entre moi et le Sacré. Ma pomme ne fut pas formatée pour être melon. J’eus dressé l’inspiration au métier de chien de cirque et finie le côté funambule, fantastique, finie l’aventure...
Artificier de l’oubli, allergique à toute servilité, toute promiscuité, j’aurais vécu ainsi que mon poème l’aura voulu. Malgré bras tordu, physique quelconque, sensibilité exacerbée, j’ai assumé cette espérance gargantuesque, avaler l’univers dans un flacon afin de s’y diluer.
Pour ce, malgré l’aimant attirant l’égo, il me fallut, tout en assurant ma subsistance, me mettre à côté du manège, pour conter autant son ridicule que les traces de l’inaccessible qu’il mouline en vain dans sa corrida absurde. J’avoue, que seule la transcendance à laquelle permet d’accéder cette prouesse, fut le motif de l’opération
Il n’y aura pas de cul-coincé pour disserter sur mes enchantements, tant mieux, tant p*s. Je les garde pour le fleuri de mon jardin, sauf, dimanche, où une promesse, me fait essaimer quelques-unes de leurs graines sur mur virtuel.
Las du rideau, las de la loge, las du plateau, je cabriole en pure innocence loin de la farce. J’abhorre l’esprit bourgeois, le ranci de ses codes. Je réfute toute possession. L’argent ne sert qu’à ma survie. Je débarrasse mon plancher des miettes de la vanité imbécile, celle qui obstrue l’accès à la pure liberté. J’emmerde le dit peuple, tout en ayant pour lui, fibre anarchiste, une affection réelle.
Janvier vieillit le corbeau. Au quinze, l’impudent lui envoie une claque numérotée. 64 est le chiffre de l’année. Cinq ans, après drame, AVC, je répète, je l’accueille sans sourciller, étonné, content d’être encore vivant.
Provocateur maso, je lui réclame, moi, encore une vingtaine et plus s’il le peut, de ses gifles magistrales afin que je puisse affiner cet échange poétique que j’entretiens avec le végétal et le minéral ainsi qu’avec les bêtes, les hommes et les objets.
Je sais. Ce n’est pas au pantin de décider. Le fil rompra quand ce sera le moment. Mais tout de même, j’aimerais bien continuer à ramer contre courant , fo**re le bazar dans l’horloge, en imitant un autre tic-tac que celui des puissants. Faire le fou, quoi, ma mission initiale.
En attendant l’heure fatale, je me fais plaisir à vous envoyer la dernière fournée du mitron. Ah ! J’oubliais. Je profite du rite pour remercier tous ceux et celles, habitués ou pas du rite , me l’ont souhaité, l’anniversaire.
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CONSÉQUENCE CAILLOU
Depuis l’accident cérébral, je multiplie mes rêves de gosse par dix. Les tam-tams des cancans tambourinent un son que mon oreille n’entend plus. Je lève mon blair vers une confection d’air et d’eau, une imperceptible sérénité. La superbe toise l’activité humaine dans ce qu’elle a d’étriqué et de mesquin..
Le caquetage des oies n’est plus qu’une musique de fond Étrange, sa présence affine la réception d’une pulsation, qui gagne puis agite mes doigts. C’est ainsi, que j’entre dans une verrerie où tout y cristal, clair, net. Est-cela le don d’aimer ?
***
RÉCONFORT
Je me suis mis en aube, pas premier communiant. Gel janvier n’a pas réfréné cette soif matutinale. Je pris, paletot, doublé fourrure, marché un millier de pas dans une demi-obscurité. Puis, je me suis figé, statue, dans un chemin creux, au moment où s’infiltraient entre les branches des arbres, les rayons pâles du soleil d’hiver. Une bribe d’extase s’empara de tous mes membres.
Je progresse donc. Il ne me suffit plus d’écrire pour me mettre en état de poésie,
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ABRACADABRANTESQUE
Alors vu ? Le saut d’une lumière enjambant des pans d’’ombres. Non ? Moi, si, matin, abreuvé ma soif de transes par le déhanchement d’une plante verte reflétant sur ses pétales cet étrange phénomène.
Pas à y croire, vaste dieu des ostensoirs. Pas à disserter, ni à expliquer, tant mieux, Toute beauté déborde la raison. Ai vu, moi. Je rends compte. Folaye le perdreau ? N’aurait-il pas sucé le sucre de l’absinthe ?
Non, sec, je défend mes hallucinations. Sur la croix de l’antenne, diffus et simple, en même temps, un visage joufflu au milieu des nuages atteste mes propos. Je persiste. Je signe. Je préfère passer pour un foldingue qu’arrêter le cours de mes rêves.
***
ÉTÉ
Pierres qui blanches
deviennent vertes
quand
stalagmite de la feuille
la couleur de la saison
reflète sa fluidité
sur le ventre du caillou
Tête pleine d’or
le chêne
secoue son feuillage
- abondante chevelure -
des rais ruisselants
d’un soleil au zénith
Un poulain ébroue crinière
au galop dans un pré
Une lumière pétille
sur les ors des lilas
Tout parle bleu
Tout propage chant
Je narre l’été
J’exorcise l’hiver
***
IMAGE D’HIVER
Sur l’acacia
brins de gel
que lentement cisèlent
les premiers rayons
du soleil
***
Être une main
la dernière
celle qui plonge
dans le gravier
pour en soutirer
une part du soleil
Serge MathurinTHÉBAULT