23/04/2026
Bonjour,
Parce qu'il arrive que l'on me pose la question de la conduite a tenir en cas dd décès d'un membre de la famille ou d'un ami, voici ce qui constitue ma réponse la plupart du temps et avec tellement de justesse que je vous partage la publication brute https://www.facebook.com/share/p/18a6kNiiG9/
Je fais suite à mon dernier post, où je vous parlais d’une enfant confrontée à la perte de sa maman.
Je vais peut-être paraître un peu rabat-joie…
Mais j’insiste vraiment sur quelque chose qui me tient à cœur : les enfants ont leur place dans le deuil.
Et surtout, ils doivent avoir le choix.
Il y a des moments dans la vie où, en tant que parent, on doute de chaque décision.
Quand ma maman est tombée malade, tout s’est enchaîné très vite.
Le cancer, les traitements… puis le Covid est venu compliquer encore davantage les choses.
Un jour, elle a été hospitalisée.
Son état s’est dégradé.
Elle a été plongée dans un coma.
Pendant presque deux mois, j’ai fait des allers-retours en réanimation.
Des visites de 30 minutes.
Sur rendez-vous.
Habillée de la tête aux pieds.
Dans un environnement strict où chaque geste est encadré.
Et puis un jour, quand les choses ont empiré, je me suis posé une question difficile :
Est-ce que ma fille, qui venait d’avoir 11 ans, devait voir sa grand-mère une dernière fois ?
À l’hôpital, il y avait une psychologue dédiée au service.
Une femme d’une douceur et d’une bienveillance incroyables.
Elle a pris le temps.
Avec moi.
Puis seule avec ma fille.
Elle ne lui a rien imposé.
Elle lui a simplement expliqué.
Préparé et respecté son ressenti.
Le jour venu, ma fille n’a pas souhaité entrer dans la chambre.
Et c’était parfaitement OK.
Elle est restée derrière la vitre.
Elle a vu sa grand-mère.
Elle a compris.
Compris pourquoi j’étais absente.
Pourquoi j’étais inquiète.
Pourquoi j’étais triste.
Sa grand-mère est décédée quelques semaines plus t**d.
Et moi aussi, j'ai mis deux jours à lui annoncer.
Parce que c'était trop difficile, déjà pour moi, je venais de perdre ma maman, mon repère. Et ensuite parce que j'allais devoir briser le cœur de ma fille, encore petite à mes yeux, avec une seule phrase.
Aujourd’hui, cinq ans après, on en parle encore.
Et elle me dit que ça ne l’a pas choquée.
Bien sûr, le manque est là.
La douleur aussi.
Parce qu’elles étaient très proches, très fusionnelles.
Mais elle a pu mettre des images sur des mots.
Du sens sur une situation.
Et ça, dans un deuil, ça change beaucoup de choses.
On veut souvent protéger les enfants.
Les éloigner.
Leur éviter de voir.
Mais parfois…
Les accompagner, les préparer, les laisser choisir…
c’est aussi une manière de les protéger.
Ce témoignage est personnel mais si ce genre d’histoire peut aider, ne serait-ce qu’une personne à se sentir moins seule face à ces décisions… alors il a toute sa place ici.