10/03/2026
Il faut arrêter de coller trop vite l’étiquette “kinésiophobie”.
Un patient qui évite de se pencher en avant parce qu’il a mal à chaque fois ne présente pas forcément une peur irrationnelle.
Il peut simplement avoir appris, à force d’expériences répétées, que ce mouvement déclenche sa douleur.
Et ça, ce n’est pas absurde.
Ce n’est pas “psychologique”.
Ce n’est pas forcément une phobie.
La kinésiophobie, par définition, renvoie à quelque chose de plus spécifique : une peur excessive, disproportionnée, avec des réactions émotionnelles et comportementales importantes.
Donc non, toute appréhension du mouvement n’est pas de la kinésiophobie.
Et non, éviter un geste douloureux n’est pas forcément irrationnel.
Encore une fois, les mots ont leur importance.
Parce qu’en clinique, mal nommer les choses, c’est parfois mal comprendre ce que vit réellement le patient.
L’enjeu, ce n’est pas de plaquer une étiquette.
C’est de comprendre pourquoi le patient évite, ce qu’il anticipe, ce qu’il a vécu, et comment l’aider à reprendre confiance de manière pertinente.