09/04/2026
Un certificat mĂ©dical en cas dâagression nâest pas un papier standardisĂ© quâon remplit en quelques minutes. Câest un acte mĂ©dico-lĂ©gal. Et cette nuance change tout.
Dâabord, il engage directement la RESPONSABILITĂ PĂNALE et PROFESSIONNELLE du mĂ©decin. Ce document peut influencer une procĂ©dure judiciaire, la qualification des faits (violences simples, aggravĂ©es, incapacitĂ© totale de travailâŠ), voire la condamnation dâun individu.
Une erreur, une approximation ou une nĂ©gligence peuvent avoir des consĂ©quences graves pour la victime comme pour lâaccusĂ©. Ce niveau de responsabilitĂ© implique rigueur, temps, et expertise.
Ensuite, il nĂ©cessite souvent un examen clinique approfondi, parfois dans des conditions sensibles : recueil de preuves, description prĂ©cise des lĂ©sions, Ă©valuation psychologique, estimation de lâITT⊠Ce nâest pas une consultation ordinaire. Cela demande du temps, du calme, et parfois des compĂ©tences spĂ©cifiques en mĂ©decine lĂ©gale.
Enfin, fixer un tarif trop bas pose un autre risque : celui de dĂ©valoriser lâacte. Cela peut entraĂźner des certificats bĂąclĂ©s, une rĂ©ticence des mĂ©decins Ă sâimpliquer, ou une fuite vers des circuits informels ce qui serait encore plus prĂ©judiciable pour les victimes.
Cela dit, le point de fond reste pertinent : lâaccĂšs Ă ce certificat ne devrait jamais ĂȘtre un obstacle Ă la justice. La solution nâest probablement pas de tirer les prix vers le bas de maniĂšre arbitraire, mais plutĂŽt de :
â
ïž subventionner ces certificats dans le public (Ătat, ONGs...)
â
ïž mettre en place une prise en charge spĂ©cifique pour les victimes de violences,
Autrement dit, le problĂšme nâest pas que cet acte ait une valeur â il en a une rĂ©elle â mais que son coĂ»t repose aujourdâhui sur des personnes qui, prĂ©cisĂ©ment, sont en situation de vulnĂ©rabilitĂ©.
Il faut aussi rappeler que ce tarif nâest pas arbitraire : il est gĂ©nĂ©ralement fixĂ© ou encadrĂ© par lâOrdre National des MĂ©decins, justement pour garantir un minimum de qualitĂ© et de responsabilitĂ© dans ces actes sensibles.
Parce quâau fond, la vraie question nâest pas de savoir combien vaut un certificat mĂ©dical, mais de sâassurer que personne ne soit empĂȘchĂ© dâaccĂ©der Ă la justice Ă cause de son prix.
Dr. Epiphane KONAN, Médecin