05/01/2026
Ce que la médecine chinoise m’a appris… bien au-delà de la technique
Lors de mon immersion à l’hôpital de médecine traditionnelle chinoise du Jiangxi, j’ai reçu un enseignement inattendu.
Un enseignement sans paroles, sans traduction, mais profondément transformateur pour ma pratique en cabinet.
Ce qui m’a d’abord frappée ?
👉 La porte du cabinet n’est jamais fermée.
Ni physiquement. Ni symboliquement.
Les patients entrent, sortent, reviennent avec un proche, une question, une inquiétude.
La circulation est constante, vivante, humaine.
Les médecins répondent aux interruptions, même en plein traitement :
– une question d’un interne,
– une demande d’un proche,
– une précision d’une infirmière.
Ici, la médecine est relationnelle, et le tutoiement est naturel.
Les familles sont présentes, parfois nombreuses.
Bruit, promiscuité, odeurs : tout est accueilli.
On explique, on rassure, on transmet.
👉 La maladie n’est jamais individuelle, elle est familiale.
Malgré une charge de travail impressionnante —
souvent 5 à 6 patients traités simultanément dans moins de 40 m², parfois dans deux salles à la fois —
rien ne semble bâclé.
Les gestes sont précis.
La pensée est claire.
Le mental, étonnamment calme.
Ces médecins, jeunes ou expérimentés, portent les marques d’études longues et exigeantes :
des milliers d’heures de mémorisation, de pratique, de gestes répétés jusqu’à la maîtrise.
Et pourtant, jamais d’arrogance.
Je ne les ai jamais vus déléguer ce qui pourrait être considéré comme « subalterne » :
balayer, changer des draps, aider un patient à se rhabiller.
Rien n’est indigne du soin.
Face à mes gestes hésitants et à mes questions maladroites, je me suis toujours sentie soutenue, encouragée, valorisée.
Derrière des uniformes codifiés, j’ai perçu une organisation rigoureuse et fluide :
une hiérarchie claire, sans supériorité, où chacun a sa place.
👉 Un hôpital qui fonctionne comme un corps vivant, où aucun organe n’est inutile.
Ce que j’ai appris là-bas dépasse l