05/03/2026
Depuis quelques semaines, des rumeurs circulent sur moi et ma famille, et elles semblent avoir plus d’endurance que moi en fin de tournée. Puisqu’elles font manifestement beaucoup parler sur le secteur. D’ailleurs, je ne me savais pas si “célèbre”. Je prends donc, avec le sourire, mon droit de réponse. J’avoue, c’est un peu long… mais j’ai sorti mon meilleur talent littéraire pour répondre à l’absurde. Alors prenez deux minutes pour le lire : promis, ça vaut le détour.
La Rumeur
Ah, la rumeur… cette petite chronique locale, toujours en avance, toujours très sûre d’elle.
À Bonnétable, elle se promène de bouche en bouche et annonce tranquillement que j’ai quitté mon cabinet. Alors qu’en réalité… je suis toujours là. Oui, oui. Bien présente, en blouse, et agenda chargé.
Parce que je suis infirmière libérale, et visiblement “libérale” déclenche l’imagination : départ soudain, fuite vers d’autres horizons, nouvelle vie au soleil… cocktail à la main (Oh, j’en rêve),
pendant que mon cabinet tournerait tout seul, par magie, avec une machine à café qui ferait aussi les pansements.
Et le plus étonnant, c’est que je l’ai appris… par des médecins.
J’avoue, j’ai eu un moment de flottement :les entendre me dire, très sérieusement, que j’avais quitté mon cabinet pour aller travailler ailleurs, alors que j’étais littéralement là, à faire mon travail, comme d’habitude. Comme quoi, la rumeur a un vrai talent : elle réussit à s’inviter dans mon agenda sans rendez-vous.
Heureusement, j’ai des collaboratrices formidables… qui, elles aussi, se prennent le retour de vague des “on-dit”.
Et mes remplaçantes, dans tout ça ?
La rumeur dit que je ne garde pas mon personnel…ce qui est déjà amusant, parce que je n’ai pas de “personnel” à garder : ce sont des remplaçantes libérales, donc indépendantes. Elles choisissent leurs jours, leurs horaires, leurs missions. Bref, je ne “garde” personne : on se choisit, et on travaille ensemble… quand nos agendas acceptent de se parler.
Le plus embêtant, c’est quand la rumeur prend de l’assurance
et finit par s’inviter à la maison. Mon mari, lui, a eu droit à une version beaucoup moins “anecdote de village” :des sous-entendus sur sa façon de travailler, avec cette petite musique insinuante, qui fait très mal sans jamais se montrer.Le genre d’idée lancée en l’air, comme ça…sauf que dans la vraie vie, ce genre de soupçon peut avoir des conséquences très sérieuses :
pour sa réputation, pour son travail, et pour sa tranquillité.
Bref : ce n’est plus une plaisanterie quand ça touche l’intégrité de quelqu’un.
Et puis il y a mes enfants.
Parce que la rumeur, elle, ne s’arrête pas au portail de la maison : elle traverse une cour d’école sans même ralentir. Comment expliquer à ma fille de 9 ans que ce qu’elle entend sur nous est faux, et qu’elle n’a rien à porter, rien à justifier ? Et j’aimerais rappeler aux personnes responsables de ces ragots une chose très simple : une rumeur, ce n’est pas “juste des mots”. C’est un caillou qu’on lance… et qui finit souvent dans le cartable d’un enfant.Les adultes, eux, passent à autre chose. Ma fille, elle, va apprendre à vivre avec les regards, les questions, parfois les sous-entendus. Et ce sont eux que ça atteint le plus.
Et puis il y a ceux qui transmettent.
Les “passeurs” de rumeur — souvent avec un petit “je dis ça, je dis rien”, ce qui, curieusement, signifie généralement : je dis tout.
Un message à une personne, puis à deux, puis à dix…et voilà comment une idée bancale devient une “vérité” locale, sans jamais avoir eu besoin de vérifier quoi que ce soit.
C’est impressionnant, oui. Mais ce serait encore mieux si la même énergie servait à appeler, demander, confirmer.
Alors, sans dramatiser, j’ai une idée très simple :
si vous avez un doute, venez me voir. Posez la question directement, je répondrai. Clair, factuel, sans détour, et sans épisode supplémentaire.
Parce qu’au fond, la rumeur fait du bruit, et la réalité, elle, continue : je suis là, au cabinet, auprès de mes patients,
avec mes collaboratrices, et ma famille qui avance… même quand le vent se croit scénariste.
Je vous souhaite à tous une belle journée ensoleillée.
Chrystel