01/02/2026
La jalousie est un poison naturel dont il faut toujours chercher à se prémunir.
On la réduit souvent à la peur de perdre l’autre dans la relation amoureuse, parfois jusqu’au crime passionnel.
Mais sur le plan psychopathologique, elle prend racine bien plus tôt et bien plus profondément.
La jalousie se construit d’abord dans l’intime, au cœur des liens familiaux.
Elle surgit précocement dans la relation au parent et dans la fratrie, autour d’une question centrale :
Qui est le plus aimé ? Qui compte le plus ? Qui a la meilleure place ?
L’enfant découvre que l’amour, l’attention, la reconnaissance ne sont pas illimités.
Voir un frère ou une sœur recevoir ce que l’on désire — regard, tendresse, valorisation, privilèges — provoque une blessure narcissique fondatrice.
C’est là que se noue la rivalité, matrice archaïque de l’envie.
La jalousie naît de cette expérience douloureuse :
l’autre possède ce que je n’ai pas — ou ce que je crains de perdre.
Lorsqu’elle n’est pas symbolisée, élaborée ou contenue, cette envie devient un moteur de destruction :
désir de prendre, d’arracher ou de détruire ce que l’autre possède.
Cette logique ne s’arrête pas à la sphère intime.
À l’échelle collective, peuples, groupes ou nations ne s’affrontent pas seulement pour des ressources matérielles, mais aussi pour :
– la reconnaissance
– la place
– la domination symbolique
– les blessures narcissiques historiques
– les humiliations vécues
La jalousie individuelle se prolonge alors en jalousie collective, qui prend la forme de ressentiment, d’envie sociale, d’idéologies de réparation, et de violences légitimées.