20/04/2026
J’admire la bienveillance
Tu sais, le monde confond tout. Il confond le succès et l’intelligence. Il confond les apparences et les priorités. Et surtout – surtout – il confond la douceur et la fragilité.
Mais le monde se trompe.
La douceur n’a rien de fragile. La douceur, c’est un poing qui s’ouvre. Un poing qui pourrait frapper, qui aurait toutes les raisons de frapper, mais qui choisit de déplier les doigts malgré tout, de s’ouvrir encore, de s’ouvrir plus fort.
Ouvrir la main quand tout te dit de fermer le poing, c’est le geste le plus violent qu’un être humain puisse faire contre le monde tel qu’il est. C’est le courage d’être bon dans ce qu’il y a de plus mauvais.
Être la douceur dans la bagarre. Voilà ce que font les bienveillants. Ils désobéissent pour elle, pour lui, pour toi. Ils résistent à la seule loi de cette drôle d’époque : chacun pour soi.
La bienveillance oublie de réclamer. Elle oublie comme les rivières oublient les pierres, elle passe dessus, elle passe dessous, elle passe autour. Rien ne l’arrête, elle coule toujours.
Elle donne, et puis c’est tout. Elle laisse le dernier carré de chocolat, le siège dans le bus, le meilleur côté du lit... Elle plante des arbres dont elle sait qu’elle ne mangera pas les fruits.
La bienveillance n’a peut-être l’air de rien. Mais c’est l’oxygène de tout.
On ne sait jamais où vont les gestes qu’on fait sans attentes. On ne sait pas qui se souvient d’une main tendue, d’un compliment, d’un sourire de passage ou d’un partage.
Mais ces gestes voyagent. Ils voyagent de main en main, de cœur en cœur, de vie en vie. Dans les respirations minuscules de l’existence ordinaire. Là où personne ne regarde. Dans les joies invisibles mais nécessaires.
La bienveillance est le seul acte au monde qui ne réclame rien. Elle donne comme le cœur bat, pour le bonheur de vivre au quotidien.
🖋️Valentin Auxercx
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