23/09/2021
Violences dans une école Montessori du Val-de-Marne : un enregistrement accable l’une des responsables.
Ce mercredi, au tribunal correctionnel de Créteil, trois mois de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer auprès de mineurs durant trois ans ont été requis à l’encontre de la responsable adjointe de l’école Montessori de Saint-Maur-des-Fossés. Le jugement sera rendu le 27 octobre.
La salle du tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) se fige. En ce mercredi après-midi, la voix d’un petit garçon résonne. Il pleure et demande : « Je veux mon papa, mon papa. » « Il m’a dit qu’il ne voulait pas de toi », hurle une femme. À la barre, Diane, la responsable adjointe de l’école Montessori de Saint-Maur-des-Fossés, baisse la tête.
Renvoyée pour des violences envers cinq enfants, pour des faits commis entre 2014 et 2018, la prévenue a tout nié en bloc, avant de se retrouver confrontée à cet enregistrement. Une bande-son captée par une petite fille de CM1, munie d’un stylo enregistreur. « C’est elle qui me l’a demandé car elle n’en pouvait plus. Ma fille était pétrifiée », raconte à la barre une mère de famille, qui évoque « des humiliations verbales » et « des tapes derrière la tête », dans cette école de 120 élèves, qui fonctionne de manière autonome.
« Je vais t’enfermer dans les toilettes dans le noir total »
Tout démarre par une première plainte, suivie d’une enquête préliminaire en mars 2018. Le parquet classe l’affaire, faute d’élément. Seulement, Claire Rozelle, l’avocate des parties civiles, ne lâche rien et récupère cet enregistrement d’une cinquantaine de minutes, réalisé à l’heure du repas, le moment fatidique. « Tapes » derrière le crâne, « humiliations », « hurlements », les cinq enfants témoignent des mêmes faits, toujours à la cantine lorsque Diane se retrouvait seule pour gérer une trentaine d’enfants.
« Oui, je crie à la cantine car il y a beaucoup de bruit mais je n’ai jamais été violente », admet-elle finalement. Dans différents extraits, on l’entend tour à tour traiter un enfant « de macaque ». « Oui, mais vous le sortez de son contexte », rétorque la prévenue qui ne se démonte pas. « Je vais t’enfermer dans les toilettes dans le noir total. Ta maman m’a donné son autorisation. » « C’était une plaisanterie », ose-t-elle, avant d’ajouter : « C’est dommage que la maman ne m’en a pas parlé. »
« Pouvez-vous comprendre que les enfants puissent se sentir agressés ? », demande la présidente du tribunal. Diane baisse la tête, muette.
« Cela laisse une impression glaçante »
Quant à l’enfant qui appelle son père ? « Il est compulsif. Il pleurait depuis une demi-heure », décrit la responsable de l’école, avant d’admettre qu’elle voulait faire le point avec le garçon de 4 ans plus t**d. « Mais quand ils vous entendent crier, comment les enfants perçoivent cela ? », s’énerve alors la présidente. « D’habitude, ce n’est pas comme cela », rétorque-t-elle.
« Cela laisse une impression glaçante. On a tous été heurté par cet enregistrement. En 50 minutes de cantine, nous avons un florilège », constate Claire Rozelle lors de sa plaidoirie. Une impression confortée par l’expert psychiatre qui considère que l’accusée peut être « excessive » et a un « tempérament colérique ». Des collègues de l’établissement, entendus par les enquêteurs, parlent aussi « de réflexions pas appropriées » et « d’un débit sonore trop fort ».
« Les jeunes mineurs ont fait des déclarations concordantes et constantes », explique alors la procureure de la République, qui évoque « une enquête et une procédure délicates avec des faits parfois anciens » lors de ses réquisitions. Seulement, « l’enregistrement vient remettre en doute les déclarations de madame », ajoute la représentante du parquet, qui a requis trois mois de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer auprès de mineurs durant trois ans.
Ce mercredi, au tribunal correctionnel de Créteil, trois mois de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer auprès de mineurs durant tro