22/12/2025
Dans un monde où : “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil“, beaucoup d’entre nous ont appris très tôt que la colère n’était pas acceptable.
Enfant, elle a souvent été réprimée, ignorée, corrigée.
Alors aujourd’hui, devenus adultes, et parfois profs de yoga, il y a de grandes chances que nous nous mettions rarement en colère.
Et lorsque cela arrive, c’est souvent accompagné de honte.
D’un malaise.
Et d’une envie immédiate de changer d’état.
Nous ne devrions pas être en colère.
Nous devrions respirer. Méditer. Transcender.
Sauf que la colère est saine lorsque nos limites ne sont pas respectées.
Elle est un signal.
Et l’exprimer est parfois le seul moyen de faire vivre l’inconfort à l’autre.
Sinon, il recommencera. À nos dépens.
Réprimer la colère, ou pratiquer pour la transformer trop vite, peut devenir une violence envers soi-même.
Une forme de spiritualisation de la dissociation.
Et si, au lieu de vouloir la changer, nous apprenions à la traverser ?
À la rendre légitime.
À l’accueillir avec une profonde empathie pour nous-mêmes.
La colère traversée se régule.
Souvent, elle disparaît presque par enchantement.
Trois phrases m’accompagnent désormais quand je sens le bouillonnement monter…
et, en même temps, cette envie irrépressible de le réprimer :
“Ignore qui t’ignore“, dixit ma maîtresse spirituelle (qui n’aime pas être appelée comme ça).
“Dis m***e à qui t’emm***e“ “e fregatene“, dixit mon deuxième maître spirituel (mon partenaire dans la vie ).
En clair : et tu t'en fous!
La pratique du yoga peut devenir une violence lorsqu’elle sert à contrôler, réprimer ou corriger nos émotions, plutôt qu’à les traverser. Et à Noël, cette pression devient encore plus forte : il faudrait être gentil·le, empathique, compréhensif·ve. Et si, cette année, le plus beau cadeau était d’offrir cette empathie… à vous-même ? Nous sommes humains. Et dans un monde qui se déshumanise de plus en plus, vivre nos émotions est peut-être ce qui nous humanise le plus.