Le Temps d'un Shiatsu

Le Temps d'un Shiatsu Un moment de bien-être pour se reconnecter à soi, un temps de pause ou l'on se laisse porter...

20/12/2025
20/12/2025
Je nous aime
17/12/2025

Je nous aime

17/12/2025

Personne à New York n’oublia jamais cet après-midi de 1869.
Une femme traversait la Cinquième Avenue en courant, sa jupe relevée, un sac de cuir serré contre sa poitrine. Elle s’appelait Marie Zakrzewska, elle avait 43 ans, et tandis que la foule s’écartait pour la laisser passer, tous pensaient la même chose :
« Que peut bien faire une femme ici ? »

Au sol, un homme gisait, immobile. Une calèche l’avait renversé. Les gens regardaient. Commentaient. Montraient du doigt. Mais personne ne savait quoi faire. Jusqu’à ce que Marie s’agenouille.

— « Écartez-vous », ordonna-t-elle calmement.
— « Madame, êtes-vous f***e ? » lança un policier. « Vous n’avez aucune raison d’intervenir. »
— « Si je n’interviens pas, il meurt », répondit-elle sans ciller.

Pendant que les autres hésitaient, Marie agissait. Elle prit son pouls. Ouvrit sa chemise. Vérifia sa respiration. Donna des instructions précises :
— « J’ai besoin d’une calèche vide. Et d’une couverture. »

Plusieurs personnes partirent en courant chercher ce qu’elle demandait. Marie installa l’homme avec une extrême précaution.
— « Ne le bougez pas comme ça », dit-elle en maintenant son cou. « Nous pourrions endommager sa colonne vertébrale. »

Le policier la regarda, déconcerté.
— « Qui êtes-vous ? »
Marie leva les yeux.
— « La femme qui fait ce que vous devriez faire. »

Cet épisode ne la laissa pas en paix. Ce soir-là, dans son petit bureau, elle n’arrivait pas à effacer de son esprit l’image de cet homme effondré au milieu de la rue.
« Quelle barbarie », pensa-t-elle. « Une ville de milliers d’habitants… et personne ne sait comment aider. »

Marie n’était pas une femme ordinaire. Elle était médecin. Allemande. Et pionnière, déjà habituée à livrer mille combats pour être prise au sérieux. Elle savait qu’à New York, la plupart des accidents se terminaient en tragédie parce que personne n’arrivait à temps… ou arrivait sans savoir quoi faire.
« Il faut agir. »

Et cette idée ne la lâcha plus.

Deux semaines plus t**d, elle réunit deux médecins et une infirmière dans une petite salle de l’East Side.
— « Nous avons besoin d’un corps d’intervention rapide », expliqua-t-elle. « Des personnes formées. Des véhicules adaptés. Du matériel de base. Quelque chose capable d’atteindre n’importe quel point de la ville en quelques minutes. »

Les médecins se regardèrent.
— « Une sorte de… brigade médicale mobile ? »
— « Exactement. »

Il y eut des doutes, des critiques, des rires.
— « Marie, ce serait impossible à financer. »
— « Marie, la ville n’autorisera jamais ça. »
— « Marie, personne ne fera confiance à un système inventé par une femme. »

Elle posa ses deux mains sur la table.
— « Alors, si la ville ne l’autorise pas, nous le ferons nous-mêmes. Ceux qui me suivront travailleront bénévolement jusqu’à ce que nous prouvions que ça fonctionne. »

Silence.
Puis, un à un… les trois dirent :
— « J’en suis. »

Le premier « véhicule d’urgence » n’était rien d’autre qu’une calèche renforcée, avec un brancard rudimentaire et une caisse en bois remplie de bandages, d’alcool et de quelques pinces chirurgicales.

Marie et son équipe s’entraînèrent sans relâche : comment porter un blessé, comment arrêter une hémorragie, comment immobiliser une fracture, comment agir dans la panique.

Mais le plus difficile n’était pas l’entraînement.
C’était le regard des autres.
— « Regardez les fous de la doctoresse ! » criaient certains.
— « C’est quoi, un cirque ? » se moquaient d’autres.

Marie ne répondait pas. Elle attendait les faits.

Et les faits arrivèrent.

Le premier appel eut lieu un samedi. Un enfant était tombé du deuxième étage d’une maison. Des cris résonnaient dans la rue.

La calèche de Marie arriva en quelques minutes.
— « Écartez-vous ! » cria-t-elle en sautant du véhicule. « Laissez-moi voir l’enfant ! »

Tandis que la mère sanglotait, Marie examina le garçon.
— « Il respire. Son cœur bat. On peut le sauver. »

Elle l’immobilisa avec des planches, donna des instructions rapides et ils l’emmenèrent à l’hôpital.
Il survécut.

Ce jour-là, toute la ville changea d’avis.

Ce qui avait commencé comme une « idée f***e sans avenir » devint le premier service d’ambulance urbain moderne. New York adopta le système. Puis Boston. Puis le reste du pays.

Marie ne chercha jamais la reconnaissance. Elle voulait seulement que personne ne meure par ignorance.

Plus t**d, lorsqu’on lui demanda pourquoi elle avait tant insisté, elle répondit :
« Parce que je ne supporte pas de voir des gens mourir entourés de spectateurs. Nous pouvons tous sauver une vie… si quelqu’un ose commencer. »

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