04/03/2026
Il ne venait plus en cours.
Pas de conflit.
Pas de crise.
Juste… plus là.
Lors d’une commission éducative, je lui ai demandé pourquoi.
Il m’a répondu simplement :
« Ça ne m’intéresse pas. »
En réalité, il savait exactement ce qu’il voulait faire.
Mais ce projet ne rentrait pas dans ce qu’on imaginait pour lui.
Sa mère voulait le sécuriser.
Un bac plutôt qu’un CAP.
Une voie jugée plus “sûre”.
Son intention était bonne.
Protectrice.
Mais quand un projet n’a pas sa place, les conséquences peuvent couter cher :
Financièrement.
Émotionnellement.
En estime de soi.
Le décrochage ne commence pas toujours par une opposition.
Il commence parfois par des phrases comme :
« Comme tu veux. »
« Je sais pas. »
« Choisis pour moi. »
Le jeune ne se rebelle pas.
Il se déconnecte.
Et à force de ne plus se reconnaître dans ce qu’il doit choisir,
il renonce intérieurement.
À quelques jours de la clôture des vœux sur Parcoursup, beaucoup de jeunes ne disent rien.
Ils procrastinent.
Ils hésitent.
Ils remplissent des vœux un peu au hasard.
Pas par provocation.
Mais par perte de sens.
Sécuriser son enfant est naturel.
Mais écouter ce qui le met en mouvement l’est tout autant.
Et si la vraie question n’était pas :
« Quelle voie est la plus rassurante ? »
Mais plutôt :
« Dans quelle voie mon ado se sent-il encore vivant ? »