07/07/2025
Etiquettes, allégations marketing et ... tromperie du consommateur 🙃
🧑🎓Commençons par un rappel législatif : les étiquettes présentes sur les sacs d’aliments (nous parlerons des fiches techniques ensuite) doivent indiquer précisément la composition de celui-ci (matières premières, oligo-éléments, vitamines, etc.).
➡️ Certains éléments comme le calcium, le phosphore, les protéines brutes, etc. doivent correspondre (avec des marges d’erreurs) à la réalité de l’aliment (ce que contiennent les matières premières naturellement + ce qui est ajouté par le fabricant).
Pour d’autres éléments comme le fer, le fabricant est tenu d’indiquer le fer qui a été ajouté dans la composition : s’il n’y a pas de fer inscrit dans la rubrique « additifs » de l’étiquette, c’est que le fabricant n’en a pas ajouté (mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, puisque la majorité des matières premières en apporte beaucoup !).
Pour l’amidon et le sucre, il n’y a aucune obligation d’affichage : les fabricants qui le souhaitent peuvent l’indiquer (on les remerciera au passage pour leur transparence), mais on ne pourra pas leur reprocher de ne pas l’avoir mis – on les trouve d’ailleurs peu ou pas sur les étiquettes.
Sur ces dernières, les allégations de soins sont interdites, on ne verra donc pas de choses du type : soigne la fourbure, soigne la dermite, répare les tendons, etc.
🧐 Passons maintenant aux fiches techniques : ces fiches techniques sont en général disponibles dans les catalogues ou sur les sites internet. Et là, la législation est beaucoup moins stricte.
On y trouve des informations beaucoup plus commerciales sur les produits, des détails sur les chevaux visés par l’aliment en question, les propriétés de l’aliment, etc.
Et c’est là que les choses se gâtent, entre les noms des aliments, leurs vertus supposées, et surtout un jeu sur les mots pouvant être particulièrement dangereux !
❌ Pour exemple, un aliment de la marque X qui indique (entre autres) dans ses caractéristiques :
- Sans sucres ajoutés ni mélasse (retenez bien le « ajouté »)
- Pour chevaux sensibles à la mélasse et aux sucres
- Pour chevaux sensibles à la fourbure
Recommandations : 2 à 4kg par jour (en adaptant au poids, âge, etc.) – mais le minimum reste à 2kg, donc 2kg pour notre shetland … ?
🌽 Maintenant, étudions la composition de l’aliment : épeautre, maïs traité thermiquement, luzerne, flocons de maïs, blé traité thermiquement – la suite des intrants est moins importante.
🛑 Le taux d’amidon de cet aliment est de 38,6% (là où un aliment pour chevaux de sport tourne en général entre 20 et 30%), et il est recommandé pour un fourbu !
Nous sommes les premières à dire qu’il ne faut pas tomber dans la psychose d’une poignée d’aliment même pour un cheval en surpoids, mais utiliser en premiers ingrédients de l’épeautre, du maïs, du blé dans un aliment que l’on recommande à raison de plusieurs kilos pour un fourbu, c’est réellement dangereux pour les personnes novices !
Certes il n’y a pas de mensonge ici : le sucre n’est pas ajouté, il n’y a pas de mélasse en plus, mais les produits utilisés sont naturellement extrêmement riches en amidon (près de 65% de sucre + amidon pour le blé, l’épeautre et le maïs). Mieux vaut un peu de mélasse à la fin de la composition, qu’une céréale de ce type dans les 2 ou 3 premiers ingrédients.
⚠️ Attention également aux noms des aliments « green », « light », « fibre » qui ont une connotation très « santé » et qui cachent parfois des compositions très éloignées de ce que le nom traduit.
✅ Si vous n’êtes pas à l’aise avec la lecture d’étiquettes pour vos chevaux sensibles, n’hésitez pas à nous contacter ou vous rapprocher de personnes compétentes pour vous orienter avant de choisir un aliment, car ils sont nombreux dans ce cas !