07/04/2026
Il y a beaucoup de discours autour de la puissance féminine, des femmes qui reprennent leur place, qui sortent du sacrifice, qui arrêtent de se faire petites… et ça, c’est juste et nécessaire. Mais il y a une dérive que je vois de plus en plus, et dont on ne parle pas assez : cette idée que pour reprendre sa place, il faudrait se positionner contre le masculin, que les femmes devraient “reprendre le pouvoir”.
Qu’il faudrait inverser les choses, les rôles (même si c’est subtil).
Que les femmes seraient “mieux”, plus conscientes, plus puissantes….
Et je vais être très claire : ce n’est pas une solution.
L’humanité a déjà connu une société matriarcale. Elle a déjà connu une société patriarcale.
Elle a donc déjà connu des systèmes déséquilibrés.
Elle a connu différentes formes de domination et de rapport de force.
Et ça n’a jamais créé de paix ou d’harmonie.
Penser que l’on va réparer ça et créer un « nouveau monde », un monde meilleur, en inversant les rôles, c’est rester dans la même logique.
C’est toujours une logique de pouvoir.
Toujours une logique de domination.
Toujours une logique de séparation.
D’un point de vue systémique, ça ne peut pas fonctionner.
Un système ne s’équilibre pas en prenant le dessus sur l’autre.
Il s’équilibre quand chaque élément retrouve sa place.
Le sujet n’est pas que les femmes prennent le pouvoir.
Le sujet, c’est de sortir de cette idée même de pouvoir.
On ne crée pas de l’harmonie en étant “contre”.
On ne crée pas de la paix en rejetant une partie du système.
Le féminin n’a pas à dominer le masculin.
Le masculin n’a pas à dominer le féminin.
Ils ont à coexister. À se compléter. À s’équilibrer.
Et tant qu’on reste dans une logique de comparaison, de supériorité, de jugement ou de revanche…
On rejoue exactement les mêmes schémas.
Simplement sous une autre forme.
La vraie bascule, elle est là, arrêter de vouloir prendre le pouvoir, et commencer à prendre sa place.