17/01/2026
𝐒𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫𝐬 𝐜𝐮𝐥𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 : 𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐩𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐠𝐢𝐛𝐞𝐥𝐨𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐞́𝐦𝐞̀𝐫𝐞
Il y a des jours où, sans chercher à être nostalgique, un souvenir d’enfance remonte à la surface. La semaine dernière, c’était la neige. Cette semaine, sans raison particulière, c’est un souvenir culinaire qui s’est invité : 𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐩𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐠𝐢𝐛𝐞𝐥𝐨𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐞́𝐦𝐞̀𝐫𝐞, un plat bien ancré dans notre cuisine familiale.
Chez nous, on mangeait du lapin. Un plat qui en fait frémir plus d’un aujourd’hui, mais qui, à l’époque, faisait partie de notre cuisine. Mémère élevait — ou devrais‑je dire engraissait — un lapin dans l’unique but de le préparer 𝐮𝐧 𝐝𝐢𝐦𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞 𝐦𝐢𝐝𝐢.
Je vous épargne les détails du passage du clapier à la cuisine… Disons simplement que c’était le moment où Pépère venait prêter main‑forte. Ensuite, Mémère récupérait soigneusement la fourrure blanche, destinée au marchand de peaux de lapins qui passait de temps à autre.
Dans la marmite, 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐩𝐢𝐧 𝐲 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐚𝐢𝐭. Certains morceaux étaient réservés : le foie pour les femmes, les rognons — que nous appelions mystérieusement 𝑙𝑒𝑠 𝑏𝑜𝑢𝑑𝑜𝑡𝑡𝑒𝑠 — pour les plus jeunes. Quant à la tête, elle revenait à mon grand‑père, qui partageait volontiers joues et cervelle avec ses petits-enfants amateurs.
Et voilà que cette semaine, le fumet de la gibelotte de Mémère m’est revenu en mémoire. Comme je suis la seule à aimer ce plat à la maison, j’ai acheté une simple patte de lapin et je l’ai cuisinée. J’ai ressorti la recette d’un vieux livret d’une célèbre cocotte‑minute française : la page est encore marquée de taches de sauce, preuve qu’elle a servie plus d’une fois.
Pour une portion unique, j’ai simplifié : pas d’oignons grelots, pas de lard, des champignons en boîte… mais je me suis régalée.
Et si vous voulez tenter la recette à votre tour, la voici…