22/10/2025
Aujourd'hui, deux jeunes patientes ont évoqué la question de l’indépendance dans le couple.
Et à travers leurs mots, c’est tout un pan de notre époque qui s’est révélé.
Il fut un temps — non lointain — où la femme n’existait qu’à travers sa fonction nourricière, dépendante de l’homme pour exister socialement, matériellement, parfois même symboliquement. Mère, surtout, femme parfois, surtout n'ayant que très peu de droit, si ce n'était celui d'être au service de ses enfants, de son mari, de sa patrie. Elle ?Que neni! Même son nom, elle l'effaçait, le jour de ses épousailles.
Puis, à force de luttes et de transformations, est née une autre idée : celle de deux individus complets, autosuffisants, se choisissant librement, sans besoin ni attache.
Une belle illusion… peut-être le plus séduisant des mythes néolibéraux.
Car l’Histoire, comme l’éthologie — cette science du comportement animal — nous rappellent que nous sommes tissés de liens.
Êtres de contact, d’entraide, de résonance, d'attaches, en sommes.
Notre cerveau, notre corps même, se construisent dans la relation.
Et lorsque ce lien se crée, une alchimie opère : l’ocytocine se libère, et avec elle, ce sentiment doux et profond d’appartenance, cette chaleur du « nous » que nous recherchons tant… souvent sans le savoir.
Alors oui, l’indépendance est précieuse.
Elle nous apprend à tenir debout, à traverser les ruptures, les déplacements, les recommencements que la vie moderne multiplie.
Mais dans le couple, il nous faut peut-être remettre au centre du couple l’interdépendance : cet espace fragile où deux libertés s’accordent sans se dissoudre, où la force se partage au lieu de s’opposer.
C’est là, dans cette tension subtile entre le « je » et le « nous », que se tisse la durabilité du lien amoureux.
Et peut-être aussi, le sentiment de sécurité.