29/01/2026
Le mot bipolaire est aujourd’hui entré dans le langage courant.
On l’utilise parfois pour désigner quelqu’un qui change d’humeur,
qui serait « lunatique » ou « instable ».
C’est une grave confusion.
La bipolarité est une maladie psychiatrique sévère, classée parmi les troubles de l’humeur, et non un simple changement émotionnel du quotidien.
Elle concerne un nombre restreint de personnes, mais elle est extrêmement invalidante.
La bipolarité est liée :
• à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs cérébraux,
• à des facteurs biologiques,
• et à des facteurs psychosociaux.
Le diagnostic repose sur :
• une anamnèse approfondie,
• l’observation clinique sur le temps,
• et non sur une impression ou une humeur passagère.
Il existe plusieurs formes, notamment :
• le trouble bipolaire de type I, avec des phases maniaques intenses,
• le trouble bipolaire de type II, avec des phases hypomaniaques et des phases dépressives très profondes.
Les phases maniaques et dépressives peuvent être extrêmement violentes,
tant psychiquement que physiquement.
Elles altèrent gravement le fonctionnement social, professionnel et affectif.
La prise en charge repose le plus souvent sur :
• des traitements médicamenteux stabilisateurs de l’humeur,
• associés à une psychothérapie au long cours.
La maladie débute généralement entre 20 et 30 ans,
avec parfois des signes précurseurs dès l’adolescence.
Être bipolaire, ce n’est pas :
• être de bonne humeur un jour et de mauvaise humeur le lendemain,
• avoir un caractère changeant,
• être « difficile ».
Traiter quelqu’un de bipolaire à la légère est grave.
C’est minimiser une pathologie lourde et une souffrance réelle.
La bipolarité mérite respect, compréhension et accompagnement,
pas des étiquettes ni des raccourcis.
Catherine Maquère, psychanalyste