21/03/2026
Je vous écris à vous.
À tous les hommes qui m’écrivent en message privé quand je publie sur la violence des hommes.
Vos messages se ressemblent :
“On n’est pas tous comme ça.”
“Tu fais des généralités.”
“Les femmes aussi.”
“Moi, j’ai été victime d’une femme.”
Mettons les choses au clair.
Parler de certains hommes ne veut pas dire parler de tous les hommes.
Parler de violences majoritairement masculines ne nie pas qu’il existe des femmes violentes.
Je parle de la généralité, pas des exceptions.
Voici les chiffres :
En France :
84 % des victimes de violences conjugales sont des femmes.
85 % des auteurs sont des hommes.
Dans les violences sexuelles, environ 9 victimes sur 10 sont des femmes, et environ 9 auteurs sur 10 sont des hommes.
Et seule 1 femme sur 10 porte plainte.
Plus de 100 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex.
En comparaison, environ 30 hommes sont tués par leur conjointe ou ex-conjointe.
Ce ne sont pas des opinions.
Ce ne sont pas des généralisations.
Ce sont des réalités.
Alors la vraie question, elle est ailleurs.
Pourquoi m’écrire à moi, ce qui ne change rien,
plutôt que de vous positionner face aux hommes concernés ?
Qu’est-ce que vous faites, concrètement, vous, en tant qu’hommes,
face aux autres hommes qui violentent des femmes ?
Parce que dans la vraie vie, ce que je vois, c’est ça :
Un collègue qui se vante de tromper sa compagne, alors qu’elle n’en sait rien.
Autour de la table, ça écoute, parfois ça sourit.
Mais personne ne dit : “ça ne se fait pas.”
Un homme qui parle de toutes ses ex comme de “folles”.
On sent bien que quelque chose cloche… mais on laisse passer.
Une compagne qui semble fatiguée, tendue, éteinte.
Ça se voit. Ça se sent.
Mais personne ne lui demande si elle va bien.
Un repas, une remarque qui rabaisse, une “blague” qui humilie.
Et autour, on fait comme si c’était léger.
On voit.
On comprend.
Mais on ne dit rien.
Alors qu’en réalité, parfois, il suffirait de peu.
D’une parole. D’une limite posée.
D’un homme, face à un autre homme.
Parce que les femmes, elles, voient.
Elles savent.
Elles se reconnaissent.
Mais ce n’est pas entre elles que ça se joue.
“Là, tu vas trop loin.”
“Tu crois que c’est drôle ?”
“Tu te rends compte de comment tu lui parles ?”
Ce n’est pas de l’héroïsme.
C’est juste refuser de cautionner.
Ce qui manque le plus souvent, ce n’est pas l’information.
C’est le courage de se positionner.
Alors plutôt que de m’écrire en privé,
prenez position là où ça compte vraiment.
Et si ce sujet vous touche, vous pouvez aussi le montrer autrement :
partager, relayer, soutenir les contenus qui parlent de ces violences.
Parce que ce qui change les choses,
ce n’est pas ce que vous m’écrivez.
C’est ce que vous faites, ou ne faites pas, dans la vraie vie, vous, en tant qu'homme, aux côtés des femmes, face aux hommes violents.