19/01/2026
🔵 Blue Monday – Interview
Aujourd’hui, c’est le Blue Monday, souvent présenté comme le jour le plus déprimant de l’année. À cette occasion, nous avons posé quelques questions à Palmire RIEHL, psychologue clinicienne à Bouc-Bel-Air et membre de notre CPTS.
🎯 Objectif ? Qu’elle nous donne quelques repères pour ne pas passer à côté d’une dépression chez une personne âgée et identifier les signes qui doivent alerter en consultation.
❓ Comment faire la différence, chez une personne âgée, entre une déprime « réactionnelle » et une véritable dépression nécessitant une prise en charge spécifique ?
Palmire RIEHL : La déprime réactionnelle fait suite à un événement passager, alors que la dépression dure dans le temps et grignote l’élan vital. Elle se distingue par des symptômes intenses et persistants au-delà de deux semaines, envahissant le quotidien de la personne âgée. La tristesse, la perte de plaisir et d’intérêt pour des activités auparavant appréciées, la fatigue, le repli social, le ralentissement psychomoteur, les troubles du sommeil et/ou de l’appétit, la dévalorisation de soi, la faible estime de soi et les idées noires sont des signes qui doivent particulièrement alerter.
❓ Chez les personnes âgées, la souffrance psychique s’exprime souvent autrement que par des mots. Comment mieux repérer ces formes « masquées » de dépression ?
Palmire RIEHL : Chez le sujet âgé, la dépression passe souvent inaperçue, confondue avec le vieillissement ou masquée par d’autres pathologies. Des signes tels que la fatigue, le repli social, la perte d’intérêt, les troubles du sommeil, le ralentissement, la confusion, le refus de soins ou d’alimentation, ainsi que les idées suicidaires (échelle RUD) doivent particulièrement alerter. Les principaux facteurs favorisants sont l’isolement, les deuils, la perte d’autonomie, les maladies chroniques, la polymédication et les troubles sensoriels (vue, audition), qui impactent la sphère psycho-sociale et favorisent l’isolement social.
❓ Quel rôle peuvent jouer les professionnels de santé de premier recours dans le repérage précoce et l’orientation, sans médicaliser à outrance ni banaliser la souffrance ?
Palmire RIEHL : Les professionnels de premier recours ont un rôle central : écouter, observer et repérer les signes psychiques, physiques ou cognitifs. L’évaluation clinique, l’entourage et l’utilisation d’échelles (GDS, HAD, MADRS, HDRS) permettent de guider l’orientation vers le médecin, en associant soins médicaux et approches non médicamenteuses, telles que le soutien psychologique, la psychothérapie et le maintien du lien social.
❓ Et du côté des aidants : quels signaux doivent nous faire suspecter un épuisement psychique ou une dépression ? Vers quels dispositifs les orienter ?
Palmire RIEHL : Chez les aidants, l’épuisement physique et psychologique peut se traduire par une fatigue persistante, de l’irritabilité, de l’anxiété, des troubles du sommeil, un repli, un isolement social ou une perte de plaisir, constituant des signes de risque dépressif. Le repérage peut s’appuyer sur des échelles telles que Zarit, GDS ou HAD. En cas de retentissement notable, il est important d’orienter vers le médecin, de proposer un soutien psychologique et de mobiliser des dispositifs de répit et de soutien aux aidants, comme les CCAS, les accueils de jour et les plateformes d’accompagnement et de répit pour aidants.
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