14/12/2025
Bonjour les entraîdeurs !
Voici une publication complète, nuancée, scientifique, accessible et volontairement non culpabilisante sur la v**e, la cigarette et la réduction des risques.
V**e, cigarette et réduction des risques : comprendre pour mieux choisir
1. La v**e aide réellement à arrêter de fumer
La r***e Cochrane 2024, référence internationale en médecine fondée sur les preuves, montre clairement que les ci******es électroniques contenant de la ni****ne augmentent significativement les chances d’arrêt du tabac par rapport aux substituts nicotiniques classiques (patchs, gommes) ou à l’absence d’aide.
En termes simples : sur 100 fumeurs utilisant une v**e avec ni****ne, environ 8 à 11 arrêtent durablement de fumer (au moins 6 mois), contre environ 6 sur 100 avec les méthodes classiques. À ce jour, la v**e fait partie des outils d’aide à l’arrêt du tabac les plus efficaces démontrés scientifiquement.
Il s’agit de résultats issus d’essais randomisés contrôlés, et non d’opinions.
2. Combustion contre vaporisation : la différence fondamentale
La cigarette classique repose sur la combustion du tabac. Cette combustion génère plusieurs milliers de substances toxiques, dont des goudrons, du monoxyde de carbone et de nombreux composés cancérigènes. Ces produits sont responsables de la quasi-totalité des cancers liés au tabac, ainsi que des maladies cardiovasculaires et respiratoires.
La cigarette électronique, elle, fonctionne par vaporisation d’un liquide, sans combustion. Les études de biomarqueurs montrent que, chez les personnes qui remplacent complètement la cigarette par la v**e, l’exposition aux substances toxiques issues de la combustion chute massivement, parfois de 100 à 1000 fois selon les composés mesurés.
La v**e n’est pas sans risque, mais elle est très clairement beaucoup moins toxique que la cigarette.
3. Réduction des risques et double usage : une étape, pas un échec
Le bénéfice maximal est obtenu lorsque la cigarette est totalement remplacée par la v**e. Cela dit, il est fondamental de ne pas décourager les personnes qui commencent à vapoter tout en continuant à fumer.
Le double usage n’est pas un échec. C’est très souvent une phase de transition. Beaucoup de fumeurs commencent ainsi, puis réduisent progressivement les ci******es, parfois sans s’en rendre compte.
Commencer à vapoter, même en continuant à fumer, peut déjà enclencher plusieurs mécanismes positifs :
* diminution progressive du nombre de ci******es,
* comparaison sensorielle (la v**e devient souvent plus agréable que la cigarette),
* perte de l’attrait du goût, de l’odeur et de l’irritation liés à la fumée,
* déconnexion progressive du conditionnement cérébral associé à la cigarette.
Il ne s’agit pas de lutter contre le tabac, mais de déplacer le comportement vers quelque chose de moins nocif.
4. Dimension psychologique et comportementale : un levier majeur
La dépendance au tabac n’est pas seulement liée à la ni****ne. Elle est aussi comportementale, émotionnelle et ritualisée.
La v**e reproduit une grande partie de ces dimensions (geste, inhalation, récompense, apaisement), tout en supprimant la combustion. Cela permet au cerveau de comprendre que la cigarette n’est plus nécessaire pour obtenir ces effets.
Lorsque la v**e est vécue comme un plaisir (choix des arômes, confort respiratoire, absence d’odeur), le basculement vers l’arrêt du tabac se fait souvent naturellement, sans contrainte ni combat intérieur.
5. Adolescents : v**e et cigarette, une concurrence plus qu’une porte d’entrée
Les données épidémiologiques montrent que le tabagisme chez les adolescents et les jeunes adultes a fortement diminué dans de nombreux pays au cours des dernières années. Plusieurs études suggèrent que la v**e a, en partie, remplacé la cigarette chez les jeunes, plutôt que de constituer une porte d’entrée vers le tabac.
Autrement dit, la v**e apparaît davantage comme un concurrent de la cigarette que comme un tremplin vers le tabagisme. Bien sûr, l’objectif idéal reste l’absence totale de consommation de ni****ne (c'est plus une question d'être libre de dépendance que de consommation de ni****ne, qui par certains côtés peut avoir aussi des vertues, par exemple psychostimulantes. Après tout on m'embête pas les personnes qui consomment un peu de caféine).
A choisir, l’exposition à la v**e est beaucoup BEAUCOUP moins nocive que l’exposition à la cigarette.
6. Effets indésirables à court terme : v**e versus cigarette
La v**e peut entraîner des effets indésirables proximaux, généralement modérés :
* irritation de la gorge ou de la bouche,
* toux transitoire,
* maux de tête,
* nausées, souvent liées au dosage de ni****ne ou au réglage du matériel.
Ces effets sont le plus souvent réversibles et diminuent avec le temps.
À titre de comparaison, les effets indésirables immédiats de la cigarette incluent :
* irritation bronchique chronique,
* toux persistante,
* essoufflement,
* augmentation rapide de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle,
* baisse de l’oxygénation liée au monoxyde de carbone.
7. Risques à long terme : ce que l’on sait et ce que l’on infère
Les risques à long terme de la cigarette sont parfaitement établis : cancers (poumon, ORL, vessie, pancréas…), maladies cardiovasculaires, BPCO, emphysème, accidents vasculaires cérébraux, mortalité prématurée.
Pour la v**e, le recul est plus récent, bien que existant, ce qui impose de la prudence. Les données actuelles suggèrent des risques potentiels respiratoires ou cardiovasculaires, mais très largement inférieurs à ceux du tabac fumé, en raison de l’absence de combustion. Et de toute façon les études qui sont faites sur la v**e sont faites par définition sur des anciens fumeurs. Donc en fait les risques réels de la v**e sur des vapoteurs isolés 30 ou 40 ans ça n'existe pas. Et connaissant les produits qui sont dedans (propylène glycol, glycérine, ni****ne), c'est très logique de penser que ça n'a rien à voir avec les risques de la cigarette.
En l’état des connaissances, il est scientifiquement raisonnable d’affirmer que le risque de la v**e est très inférieur à celui de la cigarette, même si l’absence totale de consommation reste l’option la plus sûre.
8. Une approche pragmatique, humaine et non culpabilisante
En tant que tabacologue, je n’impose jamais la v**e. Je la propose lorsque je pense qu’elle peut être vécue comme un plaisir et non comme une contrainte.
Culpabiliser, forcer ou moraliser fonctionne rarement sur le long terme. À l’inverse, accompagner, expliquer et laisser de la liberté permet souvent un arrêt du tabac plus stable et plus serein.
La réduction des risques n’est pas un renoncement, c’est une stratégie pragmatique, progressive et profondément humaine.
9. Conclusion
La cigarette électronique n’est pas inoffensive, mais elle est très clairement moins dangereuse que la cigarette. Elle constitue un outil efficace pour aider à l’arrêt du tabac et réduire l’exposition aux substances responsables des maladies liées au tabagisme.
Commencer à vapoter, même en continuant à fumer, peut être un excellent point de départ. L’essentiel n’est pas la perfection immédiate, mais le mouvement dans la bonne direction, sans culpabilité et avec discernement.
Mahe V**e pourra si elle veut compléter ou valider ce texte.
Amicalement
Dr Nicolas Govin, Tabacologue et addictologue, administrateur du groupe Entraide Tabac : arrêter de fumer ensemble !
Bibliographie
Lindson N. et al. Electronic ci******es for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2024.
Oxford Centre for Evidence-Based Medicine. Electronic ci******es for smoking cessation: living systematic review.
Benowitz N.L., Fraiman J.B. Cardiovascular effects of electronic ci******es. Heart Journal, 2024.
Royal College of Physicians. Ni****ne without smoke: to***co harm reduction.
Public Health England. Evidence review of e-ci******es and heated to***co products.
Organisation mondiale de la santé. To***co and smoking-related diseases.