03/02/2026
Depuis toujours, j’ai un rapport compliqué aux limites.
Celles qu’on ne dit pas clairement.
Celles qui sont posées sans explication.
Celles qui demandent d’obéir sans comprendre.
Je me suis souvent sentie à côté de la plaque avec ça.
Trop sensible. Trop réactive. Trop en résistance.
Alors que, rétrospectivement, c’était surtout un immense besoin de sens et de liberté.
Et puis je suis devenue mère.
Et j’ai longtemps eu du mal à poser des limites à mon enfant.
Pas par manque de cadre.
Pas par laxisme.
Mais parce que, très profondément, ça vient toucher quelque chose en moi.
Quand je dis non, j’ai l’impression de le brider, de couper son élan, d'empêcher une expression libre.
Comme si, à travers lui, je limitais aussi la petite fille que j’étais.
Celle qui n’avait envie que de bouger, de créer, de ressentir,
et à qui on avait parfois demandé de rentrer dans le rang.
Alors je laisse parfois passer. Je négocie. Je m’adapte beaucoup.
Et en même temps, je sent monter la fatigue, la confusion, parfois l’agacement.
Parce que ne pas poser de limites, ce n’est pas être libre.
C’est souvent se perdre.
Ce que je comprends, avec le temps, c’est que poser une limite à mon enfant ne veux pas dire l’éteindre.
Ni trahir mes valeurs.
Ni renier ma sensibilité.
Ça veux dire apprendre à distinguer :
👉 ce qui relève de son besoin à lui
👉 de ce que ma propre histoire projette sur la situation
Ça veux dire accepter que mon enfant n’est pas là pour réparer la petite fille que j’étais.
Et que lui offrir un cadre clair, vivant, ajustable,
c’est aussi lui offrir de la sécurité pour s’exprimer pleinement.
La maternité m’a obligée à regarder ça en face.
À faire le tri entre mes peurs, mes blessures, mes idéaux…
et ce qui est juste aujourd’hui, pour lui et pour moi.
C’est inconfortable.
Mais c’est aussi profondément libérateur.
Est-ce que, toi aussi, tu as parfois du mal à poser des limites
par peur de brider, d’abîmer, ou de reproduire ?