30/03/2026
"Une émotion se vit en trois étapes.
Une situation nous contrarie.
Nous chargeons une émotion.
Nous sommes sous tension, et nous déchargeons alors naturellement cette émotion (paroles, larmes, colère etc..).
Là est le processus naturel de libération.
La tension de l'émotion est en mouvance dans notre corps. Elle cherche la sortie pour se libérer.
Seulement nous ne libérons pas nos émotions. Nous avons plutôt comme habitude de les contenir, de les refouler. Nous gardons tout en nous.
Et cela bien souvent, depuis notre plus tendre enfance.
Effectivement, pour nombreux d'entre nous, nous n'avions pas le droit de décharger nos émotions.
Il était bien souvent interdit de les exprimer sous peine de se faire gronder, ou autres.
Ou parce que c'était tabou, tout simplement.
Alors nous avons refoulé, refoulé, et refoulé encore toutes nos peines, nos colères, nos tristesses, nos peurs. Et tout ça est encore en nous.
Rien ne fait autant de dégâts que des émotions non exprimées. Rien ne fait autant de dégâts que les non-dits.
Aujourd'hui, ces bombes à retardement sommeillent en nous, prêtes à exploser à la moindre étincelle. Une broutille nous met dans un état pas possible.
Les émotions refoulées créent des sentiments d'insécurité, d'inconfort, d'abandon, voir d'agressivité, qui nous habitent au quotidien et qui prennent de plus en plus de place, nous promettant nombreux mal être et déboires.
..Alors qu'une émotion ne vit pas très longtemps si elle est libérée dans son processus naturel de libération...
On se retrouve aujourd'hui avec nombreux sentiments négatifs qui nous pourrissent la vie, pour des situations de vie qui ont généré des émotions difficiles qui n'existent plus depuis bien longtemps.
Nos émotions et nos sentiments deviennent plus complexes encore car à notre passif déjà bien conséquent, s'ajoutent les contrariétés du présent.
Nous explosons souvent pour des broutilles à cause d'émotions et de sentiments contenus depuis toujours. Nos réactions deviennent excessives, disproportionnées, avec parfois, des conséquences graves.
Nous créons ainsi nos propres démons, nos maladies, nos douleurs, nos problèmes de santé.
Voyez comme naturellement, un enfant vit son émotion. Une fois qu'il l'a déchargée par ses pleurs, sa colère, une fois qu'il a été entendu, il repart jouer, comme si de rien était. L'émotion n'est plus en lui. Aucun sentiment négatif l'habite ensuite. Il a évacué les tensions de son émotion.
Il s'en est libéré. Elle n'existe plus.
Si nous allons si mal aujourd'hui, c'est parce que nous ne savons pas accueillir nos émotions. Nous ne savons pas les laisser nous traverser pour les libérer. Nous n'avons pas appris. Nous continuons de contenir, de refouler.
Nous fuyons notre passé, notre enfance, pour ne surtout jamais rien activer.
Seulement nos émotions et nos sentiments difficiles ne vont pas disparaître par enchantement. Soyons-en certains.
Le mental a beau essayer de mettre mille stratagèmes en place pour les repousser (travail, activités, relations, sexe, sport, dépendances, alcool, drogue, jeux vidéos, réseaux etc...), elles se feront toujours entendre.
Il n'y a pas d'âge pour commencer à apprendre.
Si des sentiments négatifs nous habitent, pour les libérer, nous devons aller à la recherche de la situation qui a généré les émotions de tristesse, de peur, de colère, de solitude, pour les évacuer (écrits, art, danse, accompagnement etc... Evacuer par les pleurs, communication etc...).
Comme toutes activités, ça s'apprend."
Marie Chauderon.