10/01/2026
La blessure de l’abandon :
La blessure de l’abandon est l’une des plus anciennes et des plus silencieuses.
Elle ne se manifeste pas toujours par un départ brutal, une absence visible, ou un événement clairement identifiable.
Parfois, tout était “là”…
mais l’enfant n’a pas senti de présence émotionnelle stable, rassurante, contenante.
L’abandon commence souvent ainsi :
être nourri, habillé, entouré…
mais se sentir seul à l’intérieur.
Cette blessure naît quand l’enfant comprend, consciemment ou non,
qu’il doit se débrouiller avec ses émotions,
qu’il ne peut pas totalement compter sur l’autre pour être soutenu, rassuré, sécurisé.
Alors il apprend à s’adapter.
À ne pas trop déranger.
À faire plaisir.
À s’accrocher.
À l’âge adulte, la blessure de l’abandon ne crie pas.
Elle murmure.
Elle murmure dans la peur de perdre l’autre.
Dans l’angoisse quand un message reste sans réponse.
Dans le besoin constant de preuve d’amour.
Dans la difficulté à être seul sans se sentir vide.
Elle se manifeste par des relations déséquilibrées,
où l’on donne trop,
où l’on s’oublie,
où l’on reste même quand cela fait mal,
par peur du vide que laisserait l’absence.
La blessure de l’abandon pousse à chercher à l’extérieur
ce qui n’a pas été solidement construit à l’intérieur :
la sécurité, la présence, la constance.
Mais guérir l’abandon ne consiste pas à devenir fort ou indépendant à l’excès.
Ce n’est pas apprendre à ne plus avoir besoin de personne.
C’est apprendre à ne plus se quitter soi-même.
C’est rester avec soi dans l’attente.
Dans la peur.
Dans le silence.
Sans se trahir pour être aimé.
Guérir la blessure de l’abandon,
c’est devenir l’adulte qui sait rester présent,
même quand l’autre s’éloigne, doute ou se tait.
Aujourd’hui, je reconnais cette blessure sans jugement.
Je comprends qu’elle a été une stratégie de survie.
Elle m’a protégée à un moment de ma vie.
Mais je n’ai plus besoin de m’accrocher pour exister.
Je n’ai plus besoin de me perdre pour être aimée.
Je choisis de rester avec moi.
De m’apporter la sécurité que j’ai tant cherchée.
De devenir ce point d’ancrage intérieur
qui ne disparaît pas.
Car la véritable fin de l’abandon
commence le jour où je cesse de m’abandonner moi-même.
Demain, nous irons à la rencontre d’une autre blessure,
pour continuer à mettre de la lumière là où elle attend.