23/04/2020
Petit aperçu sur le PTSD : extrait de thèse de doctorat Widiane Chakkouche.
L’Etat de Stress Post-traumatique
Le sujet présente, en général dans les six mois suivant l’exposition à l’événement traumatique, et pour une durée supérieure à un mois, un ensemble de symptômes causant « une souffrance significative ».
La pathologie se construit cliniquement par trois principaux aspects symptomatiques :
- Le syndrome de répétition : images et rêves répétitifs de l’événement traumatique, flash-back, réminiscences intrusives, etc., La reviviscence des scènes de violence et d’humiliation s’impose à la personne traumatisée qui ne peut pas ne pas y penser. L’événement est constamment revécu : le jour, le sujet a des flash-back ou encore n’arrive pas à parler d’autre chose. La nuit, il revit les scènes traumatiques à travers des cauchemars intrusifs. La victime revit le traumatisme par des pensées, des images, des sensations physiques, intrusives, répétitives et envahissantes. Les cauchemars relatifs à l’agression et les réveils nocturnes brutaux font partie de ce syndrome.
Le traumatisé a l’impression que l’agression pourrait se renouveler surtout après un stimulus extérieur ou idéique (une scène de violence par exemple).
- L’évitement et l’émoussement : évitement des pensées, des activités, des lieux et des personnes évoquant le choc traumatique, émoussement des désirs et émotions, perte d’intérêt dans toutes les activités quotidiennes, etc., Le sujet fait des efforts importants pour ne pas penser, et évite les pensées, images, sensations et des situations rappelant ou symbolisant les circonstances du traumatisme initial. L’évocation des scènes violentes reste douloureuse longtemps et parfois même à jamais. Il arrive que le traumatisé lutte contre le sommeil pour éviter les cauchemars
ou situations associées au traumatisme. Ce syndrome d'évitement est souvent associé à une fatigue, une réduction nette des intérêts pour les activités habituelles, un repli sur soi et, au final, des altérations du fonctionnement socio-professionnel ou familial.
- l’hyperactivité neurovégétative : troubles du sommeil, irritabilité, réaction avec sursaut exagérée, etc., relèvent d’une hypervigilence du sujet qui se traduit par un état d’alerte permanent. Il n’y a plus de distinction entre les bruits dangereux et les bruits neutres, ce qui entraîne des réactions de sursauts exagérés. Le sujet a l’impression qu’un nouvel événement grave peut arriver à tout instant. Il existe souvent des troubles de la concentration et du sommeil.
Le caractère clinique de l’ESPT est souvent chronique avec une évolution fluctuante sur le plan de l’intensité de l’expression symptomatique.
Les symptômes non spécifiques de l’ESPT :
- Des crises d’angoisse ou d’anxiété aiguës récurrentes
- Des symptômes phobiques, obsessionnels ou hystériques, souvent présentés auparavant, mais à un moindre degré.
- Des troubles psychosomatiques (ex: réaction cutanée, ulcère gastrique, vertiges).
- Des troubles de comportement alimentaires : (anorexie ou boulimie)
- Des abus de substances addictives : (toxicomanie, alcoolisme).
- Des conduites antisociales (le syndrome de Rambo)