10/01/2022
Pourquoi devient-on praticien en hypnose ?
La question que se pose tout futur professionnel : l’hypnose est-elle un métier comme un autre, ou bien doit-elle être une passion ? A l’issue d’une formation en hypnose, quel que soit l’organisme par lequel on est passé, on traverse généralement une période de doute. « Suis-je capable d’aider autrui ? » Le débutant ressent alors ce que l’on appelle couramment le « syndrome de l’imposteur », cette désagréable sensation d’usurper une qualité ou une technicité que l’on ne maîtrise pas (ou pas suffisamment). S’ensuit alors un sentiment d’incertitude quant à ses capacités, sa motivation. On hésite à franchir le pas pour devenir professionnel, on se cantonne à expérimenter cet art de l’hypnose nouvellement acquis sur son entourage, ses amis, bref, on ne sort pas de sa « zone de confort »…
Indubitablement, la pratique de l’aide au bien-être par l’hypnose est beaucoup plus qu’un simple « gagne-pain », une bonne dose de passion en est un prérequis indispensable. La passion pour l’exploration des profondeurs de inconscient, mais aussi l’altruisme, la bienveillance. L’objectif du praticien est avant tout l’accompagnement des consultants à réaliser leurs propres objectifs, qu’ils soient thérapeutiques ou de simple confort. Pour cela, il doit laisser de côté ses propres préoccupations personnelles pour se consacrer uniquement à son (sa) consultant(e). Ce que l’on appelle dans le jargon : le « tri sur l’autre ». Ce regard bienveillant que l’on porte sur les autres est primordial, car il conditionne les résultats de l’accompagnement.
Avoir, pour le thérapeute, la conviction que la personne qui vient nous voir va obtenir le résultat espéré, est déjà une grande étape de franchie vers la réussite. Nous le répétons souvent à nos consultants, la confiance (en soi) peut nous permettre de tout obtenir. Il en est de même pour le praticien. Cette confiance est perçue inconsciemment, de manière subtile mais bien réelle, par la personne concernée. Si vous ne croyez pas en ce que vous dites ou faites, les autres vont le ressentir. C’est ce que l’on peut appeler « l’effet pygmalion ». Ce terme signifie que le regard qu’on porte sur les autres, peut modifier les résultats qu’ils obtiennent.
À ce sujet, on peut évoquer cette expérience pédagogique qui a été menée sur un groupe d’enfants qui avaient des problèmes de comportement. Ils ont été partagés en deux groupes : le premier a été confié à un enseignant avec comme consigne « ce sont des enfants qui ont des problèmes de comportement » ; le deuxième groupe a été confié à un autre enseignant avec comme consigne « ce sont des enfants à haut potentiel, un peu turbulents ». À l’issue de cette expérience, on a constaté que le deuxième groupe avait obtenu de bien meilleurs résultats.
Pour le praticien débutant, il est donc important d’avoir confiance en soi et cette confiance peut permettre d’être plus disponible, plus à l’écoute sans être freiné par ses propres doutes, plus en « tri sur l’autre ».
Comment obtenir cette confiance en soi ? On peut constater que l’hypnose est vraiment efficace, une fois qu’on l’a expérimentée sur soi-même. On peut remarquer que la plupart des hypno-praticiens sont arrivés dans ce métier après avoir eux-mêmes trouvé une aide dans l’hypnose. Une fois que l’on a compris et intégré les techniques d’hypnose, une fois qu’on se les est appropriées, on peut les utiliser de façon plus efficace dans sa pratique, que ce soit pour son bien-être ou pour aider les autres.
Il est donc fortement conseillé aux praticiens frais émoulus, de continuer à apprendre, se former, s’informer, expérimenter et… se perfectionner !
Paul Poivert, Maître-Praticien en hypnose