05/02/2026
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Cette semaine encore, un événement grave a touché l’école.
Et, comme souvent, les médias relaient les mêmes constats : manque de moyens, manque de sécurité, manque de personnel.
Déjà en juin 2025, sur franceinfo, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, déclarait :
« Il faut que l’école mette en place les personnels nécessaires pour accompagner les jeunes. »
« On constate depuis plusieurs mois que les élèves ne vont pas bien. »
Soyons lucides : cela ne fait pas “plusieurs mois”.
Cela fait plusieurs années que les jeunes ne vont pas bien.
Et ce malaise traverse l’école.
L’école a changé.
Les élèves arrivent avec des fragilités nouvelles, des charges émotionnelles lourdes, parfois envahissantes.
Les adultes qui les accompagnent — enseignants, personnels éducatifs, équipes sur le terrain — font face à des situations pour lesquelles ils n’ont ni le temps, ni la formation, ni les moyens suffisants.
Le diagnostic est connu.
Mais les réponses restent limitées.
On parle d’infirmières scolaires.
On parle de psychologues.
C’est essentiel.
Mais lorsqu’ils manquent — et ils manquent — pourquoi ne pas élargir les réponses ?
Pourquoi ne pas développer aussi des ateliers d’art-thérapie, des espaces d’expression et de régulation émotionnelle, en complément des dispositifs existants ?
Ce qui bloque, bien souvent, ce n’est pas seulement une question de budget.
C’est aussi une zone de flou et de retenue :
la crainte des responsabilités, la peur de mal faire, la peur des retours des familles, la peur de voir l’école endosser ce qui relève du soin.
Et pourtant.
L’école a changé.
Elle n’est plus seulement un lieu d’instruction.
Qu’on le veuille ou non, elle est devenue un lieu de vie, de tensions, de vulnérabilités, de joie, de régulation sociale et émotionnelle.
Il ne s’agit pas de transformer l’école en lieu de soin.
Mais de reconnaître que continuer à faire « comme avant » ne suffit plus.
Si l’on affirme publiquement que les jeunes ne vont pas bien, alors il devient nécessaire de penser des réponses plus larges, plus humaines, et réellement adaptées à ce que l’école est devenue aujourd’hui.