09/04/2026
𝐋'𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐞𝐮𝐱. 𝐂𝐞 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
On voit fleurir partout des praticiens dont le principal argument de vente tient en une phrase : « J'ai vécu ce que vous vivez. »
Ancien douloureux chronique. Ex-grand anxieux. Rescapé du burn-out.
Et c'est sincère, souvent. Ce vécu compte. Il nourrit l'empathie, la compréhension, la capacité à ne pas juger.
Mais ce n'est pas une compétence clinique.
Un addictologue n'a pas besoin d'avoir consommé de l'héroïne pour accompagner un patient sous dépendance aux opioïdes. Un oncologue n'a pas besoin d'avoir eu un cancer pour prescrire une chimiothérapie. Ce qui les qualifie, c'est leur formation, leur supervision, leur capacité à distinguer ce qui relève de leur accompagnement et ce qui dépasse leur champ de compétence.
Je remarque de plus en plus de personnes me demandent mon avis et se laissent tenter par ces profils formés à "l'école de la vie". De plus en plus de personnes se laissent convaincre que ce sont eux les plus adaptés pour les suivre. Qu'ils savent de quoi ils parlent.
Pourquoi ? Est-ce une réponse à ce qui est parfois reproché aux professionnels de santé : une déconnection du vécu réel des patients faute de temps ? Le système de santé a sûrement sa part de remise en question à faire.
Mais qu'est-ce qu'on recherche au fond : un ami (qu'on paye) qui a vécu exactement ce qu'on traverse? Pour nous sentir moins seul, nous sentir écoutés ?
Ou un professionnel qui a été spécifiquement formé à accompagner ces patients, justement en n'étant pas parasité par ces phénomènes transféro-contre-transférentiels ?
𝐂𝐨𝐧𝐟𝐨𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐯𝐞́𝐜𝐮 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐞𝐭 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭𝐢𝐬𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐞́𝐝𝐮𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐫𝐤𝐞𝐭𝐢𝐧𝐠. 𝐂'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐞𝐧 𝐭𝐡𝐞́𝐫𝐚𝐩𝐢𝐞.
Parce qu'un patient vulnérable mérite quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait, pourquoi il le fait, et où s'arrêtent ses compétences.
Le reste, c'est de la projection habillée en accompagnement.
---
𝐕𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐳 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐢𝐥 ? 𝐐𝐮'𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜̧𝐚 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚 𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞́ ? 👇
---