17/03/2026
Comme il était prévisible, je reçois depuis quelques mois des vagues de patientèles nées aux précédentes conjonctions Saturne-Neptune, c’est-à-dire en 52-53 et 89-90, ou à leurs oppositions respectives en 71-72 et 2006-07. Autant écrire que répéter …
Saturne représente les limites, les frontières, le cadre sécurisant qui permet de structurer un système et d’assurer son autonomie. Neptune représente l’ouverture à l’infini des perceptions sensibles et des options possibles, au-delà de toute structure de référence. La rencontre entre les deux produit ainsi une dissolution des repères, proposant une évolution vers une autoréférence plus intuitive, plus adaptable, voire plus spirituelle. Cette transformation s’accomplit de manière très progressive, silencieuse, peu visible, un peu comme ces métamorphismes où l’on voit un objet se muer lentement en un autre sans qu’il ne soit possible de distinguer vraiment ni lieu ni moment où le passage s’est opéré.
La conjonction de 52-53 en Balance a inauguré un cycle de 36 années pendant lesquelles le dogme social rigide du mariage s’est petit à petit désintégré, s’ouvrant à l’égalité des droits, à la forme plus souple du PACS et aux couples homosexuels, en même temps que le divorce sortait de sa gangue conflictuelle pour devenir plus aménageable et plus consensuel. Sous cette évolution sociale, la relation de partenariat désormais plus équitable fait appel à davantage de responsabilité individuelle. Elle s’invente et s’ajuste au jour-le-jour, et demande davantage de maturité. Les jeunes se marient plus t**d, après expérience et réflexion, mais aussi après tâtonnements. Il a fallu à ces générations construire une référence intérieure capable de pallier la dissolution des normes extérieures : savoir définir ses désirs et accepter ses limites, apprendre à communiquer, négocier sans se suradapter. Le couple d’aujourd’hui est une relation infiniment plus vivante, plus dynamique et plus créative qu’elle ne l’était encore au sortir de la guerre.
La conjonction de 89-90 en Capricorne a touché les structures de pouvoir politique et organisationnel, et les transforme en continu depuis à nouveau 36 années. Les frontières autrefois bien définies entre deux ou trois tendances ou partis se sont désormais effilochées, laissant apparaître d’innombrables mouvements plus ou moins structurés et plus ou moins éphémères. On ne sait plus trop qui fait quoi, d’où le besoin de radicalisation d’un côté ou de l’autre, pour se rassurer. Mais même les dominants se perdent dans leurs propres inconséquences. Les structures pyramidales s’effondrent. C’est l’évolution normale vers une forme d’organisation sociale qui elle aussi, faisant davantage appel à la responsabilité individuelle, deviendra moins dogmatique, plus tolérante et plus solidaire.
C’est dire que la conjonction de cet hiver 2026 en Bélier n’en est qu’à ses tout premiers balbutiements et qu’on n’en mesurera pleinement les effets que dans quelques décennies. Tout en sachant que les changements impulsés s’opèrent loin à l’abri des projecteurs, on peut toutefois présumer de leur nature. La symbolique du commencement est là présente à trois niveaux simultanément : commencement d’un cycle de 36 ans entre Saturne et Neptune ; commencement d’un deuxième grand cycle de Neptune qui vient de boucler son premier tour de zodiaque depuis sa découverte ; le tout dans le Bélier qui commence le zodiaque. Même si nous avons le sentiment d’avancer dans la confusion, soyons sûrs qu’il est en train de s’inaugurer un nouveau temps de l’humanité – et déjà on pourrait voir une première trouée dans le brouillard à l’arrivée de l’été. Dans les années à venir, cette conjonction va introduire une forme de régulation universelle de l’énergie ; toutes les formes d’énergie, physique, psycho-émotionnelle ou spirituelle ; celle qui anime nos machines, nos entreprises, notre industrie, nos petites et grandes guerres, et finalement nos aspirations essentielles. Le fait que depuis quatre années, le monde résiste contre toute attente à toutes les tentatives de déflagration planétaire, est une observation très encourageante et prometteuse. C’est le monde en tant que monde, en tant qu’unité commune, qui va pouvoir se construire et se structurer, là encore, sur davantage de maturité individuelle partagée à grande échelle.
La forêt devient verte lorsque les arbres deviennent verts. La politique ne se fait plus depuis longtemps dans les urnes, personne ne viendra repeindre le monde. Soyons conscients que notre application individuelle à davantage de responsabilité dans l’engagement de nos énergies personnelles, dans nos petites et grandes actions du quotidien, est la vraie façon dont se fabrique, ici et maintenant, le monde que nous allons léguer à nos petits-enfants. Devenons adultes, le monde le deviendra.