14/02/2026
Saint Valentin. L’astrologie nous montre trois niveaux du verbe aimer, incarné par la planète Vénus.
Le premier, celui que j’appelle le « miam », correspond à « être attiré par ». C’est une expérience très sensorielle, vécue dans le corps sous forme d’un bien-être doux, tiède, paisible, réconfortant, qu’on a envie de maintenir éternellement – ou à défaut, comme la vie est mouvement, de renouveler, de répéter aussi souvent que possible, pour avoir l’impression que ça ne disparaîtra jamais. Cette forme d’amour-là est une soif inextinguible de sécurité, de réassurance primitive. Nécessaire à la construction d’une personnalité saine et de l’amour de soi, cette étape insuffisamment satisfaite dans les premières années deviendra dangereuse pour la suite. C’est ainsi qu’on pourra dire j’aime le sucre, l’alcool ou le sexe, ou n’importe quelle potentielle source d’addiction ; ou j’aime mon/ma partenaire, à qui je me suis tellement attaché.e que je peux vivre – ou lui faire vivre – un enfer, seulement pour avoir la « dose » de réconciliation, shoot intense de miam si « chèrement » payé. Dans cette forme fixée du verbe aimer, l’autre n’existe que sous forme d’objet.
Au deuxième niveau, aimer pourrait se traduire par « respecter ». Ici l’autre apparaît en tant que sujet, avec son vécu, ses désirs, ses pensées propres, distinctes. Cette capacité se structure dans la personnalité autour de 5 ans, pas avant. Un petit enfant ne peut pas se représenter ce que vivent les autres, il ne peut pas nous mettre en colère ou nous faire de la peine, si on éprouve ça on se l’est fait tout seul. Le corollaire, c’est que si on aime au premier niveau, c’est à la façon passive d’un enfant de moins de 5ans. Le deuxième niveau est actif : il demande de l’attention, de l’écoute, l’acceptation de ne pas être forcément compris et de ne pas forcément pouvoir comprendre, et la volonté d’entrer en communication. Ayant compris qu’on peut blesser l’autre autant qu’on peut être blessé, ce niveau de l’amour veille à la douceur de la forme autant qu’à la sincérité du fond. Il prend le temps de choisir le moment, les mots, l’intonation, le geste, pour être « aimable » tout en étant vrai. Il n’y a ni suradaptation ni sacrifice, seulement le double respect de soi et de l’autre.
Le troisième niveau voit éclore la dimension supérieure de l’amour, que l’on trouve dans la compassion, le pardon, la dévotion. Universel et inconditionnel, il se développe sur le socle des premières années et l’exercice persévérant du double respect. Le cœur qui s’y est ouvert commence à se remplir naturellement. Cette forme d’amour n’est ni active ni passive, elle est un état, l’état de plénitude intérieure. Elle joue d’abord un rôle inattendu de gilet pare-balles : on reçoit de moins en moins de scuds, et quand on en reçoit, ils peuvent nous toucher mais ne peuvent plus nous blesser. Le monde extérieur cesse d’être un danger, la sécurité est à l’intérieur. Alors cet amour-là commence à infuser dans le monde. Il s’y répand insensiblement, inéluctablement, tissant dans la communauté humaine et bien plus loin dans l’univers des liens invisibles et invincibles.
L’astrologie nous dit que ces quinze dernières années ont fortement éveillé dans le monde l’appel de cette dimension, et on en observe les effets aussi bien avec l’émergence de la conscience dans les sciences, qu’avec l’épidémie de spiritualité dans les consciences individuelles. Pas encore suffisant pour inverser les discours médiatiques, mais déjà suffisant pour sérieusement inquiéter les egos dirigeants, qui s’arc-boutent sur les restes de leur puissance en décomposition. Chut ! Ne les dérangeons pas : le vrai travail se fait ici dans notre cœur.
Appliquons-nous à élever notre façon d’aimer, car la somme de nos petites contributions individuelles gagne silencieusement le monde. Et cette vague d’amour est déjà en train de gagner aussi la guerre.