01/11/2020
Redéfinissons la notion de "indispensable"
Je me permets d’émettre, moi aussi, un coup de gu**le. Je ne sais pas si je vais clairement verbaliser mon ressenti, mais je trouve important de dénoncer les faits suivants :
Je suis sophrologue depuis 6 ans sous le statut d’autoentrepreneur.
En gros, je trouve scandaleux de ne plus pouvoir exercer mon activité d’accompagnement dans le climat actuel. Je vous décris mes raisons :
Lors du 1er confinement, j’ai complètement arrêté mon activité comme tout le monde.
J’ai bien tenté la Visio consultation mais cette expérience (peu concluante pour moi) m’a confirmé que ma pratique nécessitait d’être en présence physique. En effet, j’ai besoin d’entendre, de voir et de sentir les réactions corporelles et plus subtiles de la personne que j’accueille et accompagne. De plus, étant masseuse également, mes deux pratiques sont, maintenant, intimement liées et il m’arrive fréquemment de « faire parler le corps », de le délier pour délier l’esprit.
Donc, si je suis chez moi, je ne peux pas pratiquer, ou, si oui, dans des conditions peu optimales.
Nous sommes tous d’accord pour dire que la population est confrontée actuellement à une situation qui instaure un climat d’insécurité, de stress et d’angoisse. Chacun est confronté et réagit différemment face à ces maux. Certaines personnes se trouvent être plus fragiles et ont besoin d’une aide conséquente.
Pour répondre à cette situation, Je n’ai pas la prétention d’être indispensable mais je sais, par expérience, que j’apporte ma pierre à l’édifice.
Aux premières annonces de re-confinement, j’ai tenté de trouver un texte m’annonçant que je pouvais continuer à accompagner correctement mes clients dans ces moments difficiles et j’ai cru en trouver dans le méandre d’informations. J’ai donc annoncé à mes clients ma présence, comme prévue dans mon cabinet pour leurs rendez-vous prévus, dans la mesure où ils le trouvaient nécessaire. J’ai reçu un accueil positif à cette annonce presque unanime.
Mais le syndicat des sophrologues nous annonce très vite que nous ne faisons pas partie du cadre de santé et que, par conséquent, nous sommes obligés de fermer nos cabinets.
J’ai donc décliné ma proposition et, ainsi provoqué une réaction de détresse auprès de certains de mes clients.
J’aimerais préciser que lorsque je me suis inscrite à ma formation de sophrologue, la prise en charge financière de cette formation dans le cadre de la formation continue, m’a été refusée sous le prétexte qu’il s’agissait d’une pratique thérapeutique (étant masseuse, ça ne rentrait pas dans ma liste de formations prises en charge par mon OPCA)… IL FAUDRAIT SAVOIR!!!
Autre précision : Ma colère n’est aucunement liée à ma situation : j’ai vécu un 1er confinement très agréable avec mes filles et j’ai été suffisamment indemnisée par le gouvernement et ma municipalité. Je suis, égoïstement, prête à retrouver, le cœur vaillant, mes activités personnelles et j’en serais même ravie.
Mais j’ai un métier tourné vers les autres et je ne peux pas rester sourde face à la détresse des autres.
Une de mes clientes m’a écrit un message que je vous retranscris et vous en laisse juges :
« Aux vues des conséquences graves du premier confinement sur ma santé mentale et physique par extension, et en l’absence de preuve que cette mesure ait réellement servi l’intérêt public et permis de sauver plis de vies qu’elle n’en a détruit, je maintiens aujourd’hui ma décision de continuer à vivre.
Or, m’enfermer chez moi et me faire gaver d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, n’est pas ce que j’appelle « vivre ». En tant qu’être humain, le contact social et physique, de même que la liberté d’aller et venir, n’est pas facultatif pour moi, il s’agit là de droits inaliénables et de besoins élémentaires et vitaux qu’aucun médicament ne saurait combler. A ce titre, je renouvelle donc auprès de vous ma demande de soutien… »
Si on me donnait la parole, je demanderais au moins un jour de présence dans mon cabinet par semaine lors duquel je pourrais accueillir les personnes qui en ont le plus besoin et, bien sûr, la possibilité pour mes clients de se déplacer pour leur rendez-vous.