30/12/2025
En creusant, je me rends compte que le rejet de l’ombre est souvent déguisé en spiritualité.
On parle de vibration, de lumière, de paix…
mais parfois, c’est surtout une manière d’éviter la douleur, la rage, la peur, le manque.
Vouloir être “dans la lumière” en permanence peut devenir une fuite.
Une fuite de ce qui fait mal.
Une fuite de ce qui dérange l’image que l’on veut donner aux autres, mais surtout à soi-même.
L’ombre n’est pas une idée.
Elle se manifeste dans le corps :
une tension dans la mâchoire,
un poids dans la poitrine,
une boule dans le ventre,
une fatigue qu’on refuse de sentir.
Et très souvent, la spiritualité devient un moyen de ne pas rester là.
De respirer au-dessus.
De comprendre au-dessus.
De vibrer au-dessus.
Mais le corps, lui, ne ment pas.
Il garde la mémoire de tout ce qui n’a pas été vécu jusqu’au bout.
Quand on s’autorise à rester avec la sensation, sans histoire, sans interprétation,
quelque chose se relâche.
Pas parce que l’ombre disparaît,
mais parce qu’elle n’est plus exclue.
À cet endroit, la séparation tombe.
Il n’y a plus un “moi lumineux” qui observe une ombre à corriger.
Il y a simplement la présence qui s’éprouve elle-même,
dans le ventre, dans le cœur, dans le souffle.
Colère, peur, douceur, amour, chaos, silence…
tout apparaît dans le même espace.
Tout est déjà autorisé.
La lumière n’est pas ce qui remplace l’ombre.
Elle est ce qui permet à l’ombre d’être pleinement ressentie.
Il n’y a rien à purifier.
Rien à éliminer.
Seulement à inclure.
Et quand rien n’est rejeté,
il n’y a plus rien à guérir,
plus rien à devenir.
Il n’y a que la vie,
brute, intime, sacrée,
qui se reconnaît elle-même.